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L assassinat, lundi, du numero 3 du Front islamique du salut contrecarre le plan de reconciliation nationale, synonyme de retour des islamistes dans le champ politique Qu il le veuille ou non, le president algerien se retrouve Antoine Menusier, Le Temps, 24 novembre 1999 Mort et enterre. Qui a voulu la mort de cet homme-la? Abdelaziz Bouteflika en personne? Dans un communique date du 22 novembre, le Conseil de coordination du FIS ecrit que le «martyr Hachani a ete convoque il y a trois semaines par les services secrets et a ete somme de la part d envoyes speciaux de Bouteflika de renoncer a sa critique de la loi dite de la concorde civile et a sa revendication d une solution politique globale a la tragedie algerienne.» Le fait est que la position critique d Abdelkader Hachani sur la concorde civile devait passablement handicaper la demarche du president algerien. Le premier souhaitait la reconciliation nationale par le pardon, le second pense la realiser au moyen d une loi penale d amnistie totale ou partielle. Mais, meme genant pour le chef de l Etat, le numero 3 du FIS l etait moins vivant que mort. «A qui profite le crime?» se demandait mardi la presse algerienne. La presse francophone, peu amene a l egard des islamistes, semblait tenir sa reponse: ce sont les jusqu au-boutistes islamistes, hostiles a tout compromis avec les autorites. Chacun y va de son coupable: les groupes armes islamistes pour les uns, les militaires «qui tiennent le pouvoir reel», selon des membres du FIS residant hors d Algerie. «Les cartes sont brouillees», commente ce proche du FIS qui se refuse a designer le commanditaire de l assassinat. «Les partis politiques proches du pouvoir implosent, note-t-il. La pagaille est telle que tout peut arriver. Hachani a ete cible, mais a qui le message est-il adresse? A Bouteflika, au FIS, a d autres tendances? L avenir proche le dira.» On peut se demander aussi si l attentat contre Abdelkader Hachani n a pas ete commandite par ce qu on appelle communement en Algerie, sans jamais l identifier, la «mafia». Le numero 3 du FIS pronait la morale en politique et dans les affaires. Il n etait pas le seul. Le president de la Republique en a fait egalement l un de ses combats officiels. L un et l autre pouvaient agir ensemble contre la «mafia». En frappant l islamiste, celle-ci aurait cherche a atteindre le chef de l Etat. L hypothese des militaires, maintenant, dont certains appartiendraient a des cercles mafieux, selon des observateurs de la politique algerienne. En abattant Abdelkader Hachani, ils auraient voulu prevenir la montee en puissance d un homme capable, a la tete d un nouveau parti, de gouverner un jour l Algerie. Dans une lettre datee du 28 octobre, dont nous avons obtenu copie, Abdelkader ecrivait au ministre de l Interieur pour se plaindre de manouvres d intimidation contre lui et sa famille. Il croyait avoir identifie l un de leurs auteurs comme etant un membre de la securite. Collaboration: Ghania Adamo
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www.algeria-watch.org
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