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Reconnu coupable de lassassinat de Hachani Boulemia condamné à mort Voir dossier : Assassinat de Abdelkader Hachani Le Jeune Independant, 14.4.01 Il était 17 heures quand la cour criminelle dAlger sest retirée pour délibérer. Fouad Boulemia a occupé le banc des accusés durant sept heures. Une heure à peine plus tard M. Abiza, le juge, prononce le verdict : la peine capitale pour avoir assassiné Abdelkader Hachani.
Par Idir Dahmani «Je nai pas assassiné Hachani.» Cette phrase de Boulemia a ponctué linterrogatoire effectué par le président de la cour, au début dun procès qui a duré 7 heures. Aux questions de la cour, laccusé dira : «Oui jai rejoin les groupes armés au début de 1995, suite à la disparition de deux de mes amis. Jactivais dans la région du Centre. Ma spécialité au sein du groupe était linformation. Jai abandonné le GIA avant lassassinat de Hachani, une nouvelle que jai lue dans les journaux. Au moment du crime, jétais à la mosqué de Mohammadia.» Toujours en face du juge, Boulemia change de ton et ajoute : «Cette affaire (lassassinat) est un scénario préparé par les services. Dailleurs je nen doutais pas puisque javais des information». Par la suite, laccusé a répété sa phrase : «Je nai pas tué Hachani.» Evoquant ses déclarations antérieures, il fait remarquer au juge : «Mes aveux mont été arrachés sous la torture. Je navais pas davocat. Les conditions de mon incarcération sont inhumaines. Le juge dinstruction était toujours absent.» Vingt minutes après le début de linterrogatoire, Boulemia plonge la salle dans un étonnement indescriptible. Il sadresse au juge en ces termes : «Le général Toufik est venu me voir plusieurs fois Il me proposait un marché : reconnaître le crime contre un emprisonnement qui ne dépassera pas 14 à 15 ans.» «Sinon je te ferai cracher le lait que tu as tété», ma-t-il lancé en me menaçant, martèle Boulemia. La phrase a plongé la salle dans un terrible silence. Quelques secondes plus tard, une altercation a mis aux prises les avocats et la cour. Lavocat Khemissi demande à la cour den prendre acte. Me Khelili fait de même : «Le refus signifiera notre retrait de la séance, menacent les deux robes noires.» Alors, le président de la cour préfère délibérer. Il a fallu 20 minutes pour que le greffier soit instruit de prendre acte. La cour sattaque ensuite à la 2e étape du procès : laudition des témoins. Il y en avait 19. Linfirmière Lila B. déclare avoir vu Boulemia au cabinet dentaire : «Je mapprêtais à ouvrir la porte à Hachani quand jai entendu le coup de feu. A cause de la peur, je nai vu ni larme ni les habits que portait Boulemia.» A ce moment-là laccusé intervient pour dire : «Durant la confrontation tu tremblais et on ta menacé. Ne fais pas de faux témoignage.» Rappelé à lordre, il se tait. Deux autres témoins reconnaissent avoir vu Boulemia : Abdallah K., un patient, et Sadek H., un habitant de limmeuble. En revanche, le médecin B. Soraïa affirme navoir pas vu Boulemia : «Mais quand jai vu Hachani baignant dans son sang, jai demandé à un gardien dalerter la police.» En effet, le gardien du parc Reda H. dira au juge : «Jai alerté les services de sécurité de la DGSN à la demande du dentiste. Auparavant, javais vu une Super 5 stationnée Je me suis approché pour demander le prix du ticket Un des civils en talkie-walkie me dira : «Nous sommes en mission.» De son côté, Younès H. dira : «Jai vu la Super 5 et à son bord des civils portant un talkie-walkie. Ils sont entrés dans limmeuble. Quelques instants plus tard, ils en sont ressortis pour prendre position en face. Nacer A. déclare à la cour avoir vu le véhicule mais pas Boulemia. Le procès a connu sa troisième étape avec la plaidoirie de lavocat de la partie civile. Me Khelili fait observer que la victime ne veut que la vérité. Il relèvera ensuite les contradictions du procès, de linstruction, du dossier Me Khelili est allé même jusquà demander la présence du général cité par laccusé. Il tranche enfin en affirmant : «Ce nest pas Boulemia qui a tué Hachani, mais ce sont bel et bien les services.» Dans son réquisitoire, le procureur général est revenu longuement sur les faits et requiert la peine capitale. Me Khemissi a plaidé linnocence de son client. Pour lui, il est insensé de parler de simple coïncidence dans lassassinat de Hachani. Il demandera à la cour délucider lénigme de la Super 5 car «soit ce sont eux qui ont tué Hachani sinon ils connaissent lassassin». Me Khemissi a, en outre, évoqué linstruction bâclée, les conditions dincarcération de Boulemia, la torture quil a subie, des aveux qui lui ont été arrachés et, surtout, qu«il a nié catégoriquement avoir été lauteur du crime». La plaidoirie achevée, la cour sest retirée pour des délibérations qui ont duré une heure. Lorsque le juge Abiza a fait la lecture du verdict, Fouad Boulemia sest contenté de balayer la salle dun regard vide. Il a bien entendu «peine capitale». I. D. ------------------------------------------------------------------------------------------- Le Matin, 14.4.01 Assassinat
de Abdelkader Hachani Fouad Boulemia a été
reconnu coupable de l'assassinat de Abdelkader Hachani, Le procès de Fouad
Boulemia, accusé de l'assassinat de Abdelkader Hachani, ouvert jeudi
vers 9 h 30, a débuté par l'interrogatoire de l'accusé.
Dans l'arrêt de renvoi, il est mentionné que « l'accusé
Fouad Boulemia a reconnu lors du premier interrogatoire du 22 décembre
1999 les chefs d'accusation retenus contre lui. Il a avoué son adhésion
à un groupe terroriste depuis 1994. Durant le printemps 1995 il a pris
la décision de participer de manière directe au sein de cette
organisation en intégrant une phalange qui activait dans la région
de Boufarik sous la bannière des GIA ». Si Fouad Boulemia a reconnu
avoir intégré les GIA début 1995, il a en revanche nié
son implication dans l'assassinat de Abdelkader Hachani, une information qu'il
dit avoir apprise par le biais de « la presse ». « Je n'ai
pas tué Abdelkader Hachani. J'ai activé depuis 1995 au sein des
GIA dans la région Centre. J'étais chargé de l'information,
une mission que j'ai abandonnée bien avant l'assassinat de Hachani. Au
moment de mon arrestation, à la place du 1er Mai, je ne portais aucune
arme sur moi. C'est un scénario monté de toutes pièces
par les services de sécurité », a déclaré
Fouad Boulemia. Il a également affirmé que ses aveux ont été
obtenus « sous la torture, et en présence de hauts responsables
de l'armée ». « Le général Tewfik, a-t-il poursuivi,
est venu plusieurs fois pour me proposer un marché : reconnaître
le crime contre un emprisonnement de quatorze à quinze ans. » L'avocat
de Boulemia ainsi que celui de la partie civile ont demandé au juge de
prendre en compte les déclarations de l'accusé, puis menacé
de se retirer. L'avocat de la partie civile ira plus loin en demandant «
la comparution du général Tewfik ». « Ce sont les
services de sécurité qui ont tué Hachani », a-t-il
conclu. ----------------------------------------------------------------------------------------------- La Tribune 14.4.01 Condamnation à mort de lassassin présumé de Abdelkader Hachani Fouad Boulemia, qui a huit jours devant lui pour faire appel, accuse les services de sécurité davoir monté un scénario de toutes pièces contre lui Par Maamar Brahim Fouad Boulemia, lassassin du numéro trois du Front islamique du salut (FIS dissous) Abdelkader Hachani, a été condamné à mort jeudi dernier par le tribunal dAlger. Boulemia, qui a comparu «pour appartenance à un groupe terroriste armé et homicide volontaire avec préméditation», a été reconnu coupable davoir attenté à la vie dAbdelkader Hachani. Le procès, typique des grands procès politico-sécuritaires de ces dix dernières années, sest joué en quatre tableaux. Le premier a commencé aux environs de 9h30 par linterrogatoire de Fouad Boulemia. Demblée, ce dernier rejette toute implication dans le crime : «Je nai pas tué Hachani, déclare-t-il à lauditoire. Jai rejoint le GIA début 1995, suite à lenlèvement par les services de sécurité de deux de mes amis, disparus jusquà ce jour. Jactivais dans la région du centre. Ma tâche : information et communication. Jai abandonné mon activité avant lassassinat de Hachani, une nouvelle que jai eue par le biais des journaux. Jai été à la mosquée de Mohammadia où il habitait. Au moment de mon arrestation, place du 1er Mai, je navais pas darme. Je nai pas tué Hachani. Cest un scénario préparé par les services de sécurité. Dailleurs, je men doutais un peu. Durant linstruction, jai été torturé. Ils mont arraché des aveux sous la torture, en présence de hauts responsables de larmée, le général Toufik venait me voir plusieurs fois et ma proposé un marché : reconnaître le crime contre un emprisonnement de quatorze à quinze ans, sinon je tenlèverai le lait de ta mère. Je suis dieu dans ce pays.»Parlant de larrêt de renvoi, une pièce à laquelle le juge Abiza fera allusion plusieurs fois, il dira : «Je nai rien déclaré et ce ne sont pas mes propos : le général Toufik venait me voir sans la présence de mon avocat ni même celle du juge dinstruction.» Durant cet interrogatoire, une échauffourée éclate entre lavocat de Boulemia et le juge : «Je demande à la Cour de prendre acte des propos de mon client», dira Maître Khemissa. Ce dernier ainsi que lavocat de la partie civile, Maître Mahmoud Khellili, menaceront de se retirer. Après une délibération de 20 minutes, le juge prendra acte. Le second tableau commence en milieu de journée : 19 témoins passent à la barre et donneront chacun sa version. Les plus importantes ont été celles données par Mlle Belkhir Lila, linfirmière de service le jour de lassassinat : «Jallais ouvrir la porte de sortie pour Hachani qui sapprêtait à sortir du cabinet lorsque jai vu, derrière lui, Fouad Boulemia. Jai entendu une voix : Hachani ! Puis un coup de feu. Je nai pas pu voir larme ni les habits de Boulemia», ajoutera-t-elle. A ce moment-là, Boulemia intervient : il lui rappelle que lors de la confrontation, elle tremblait de peur. «On lui a dicté la déclaration, dit-il à la Cour, elle fait dans le faux.» Abdellah Kerkache, qui était lui aussi présent dans la salle dattente peu avant lassassinat de Hachani, déclare avoir vu Boulemia tirer sur la victime. «Jai vu larme», déclare-t-il Kerchache est cependant incapable de décrire les habits de linfirmière. Hafiane Sadek, lui, habite au rez-de-chaussée : «Jai vu Boulemia descendre lescalier avec un classeur bleu en train de dissimuler une arme.» Bedjah Soraya, la dentiste : «Jai soigné Hachani mais je nai pas vu Boulemia.» Elle a entendu le coup de feu et elle a vu Hachani mort, elle a demandé du secours à un gardien du parc. Hafiane Younes, le gardien du parc avoisinant, dit ne pas avoir vu Boulemia. «Vers 10h00, une Super 5 sest garée à côté. Jai entendu le grésillement dun talkie-walkie, des civils monter au cabinet, descendre et prendre position en face.» Arab Nacer : «Jai vu une Super 5, des civils avec des talkies-walkies mais je nai pas vu Boulemia.» Hafiane Reda : «Jai vu la Super 5 stationnée. Je voulais demander à lagent, mais un civil ma répondu : «Nous sommes en mission.» Je nai pas vu Boulemia. Jai alerté la police à la demande du médecin. « Pourquoi ne vous êtes-vous pas adressé aux policiers de la Super 5 ? » questionnera Maître Khellili. « Je ne les connais pas et jai préféré madresser directement à la DGSN », répond le témoin.Troisième tableau, la partie civile prend la parole : «Notre finalité ce nest pas le dédommagement, mais uniquement la vérité», déclare Maître Mahmoud Kellili. La suite, ce sera une série dinterrogations sur les anomalies qui ont jalonné linstruction : «Pourquoi na-t-on fait aucune expertise médicale à propos de la rage de dent invoquée par Boulemia ? «Que cela soit par le GIA ou par un autre, le meurtre par coincidence est insensé», ajoutera-t-il avant de trancher : «Ce nest pas Boulemia, ce sont les services qui ont tué Hachani». Il demande Toufik à la barre.Quatrième tableau : le réquisitoire de lavocat général. Ce dernier se base aussitôt sur une lettre que Boulemia aurait envoyée aux journaux El Khabar et El Watan (rire de Boulemia) et dans laquelle il revendique le meurtre de Hachani au nom dun groupe armé appelé phalange Chouhada. Le reste, pour lui, nest que détails qui le confortent dans sa sentence : la peine capitale. La défense, dans sa plaidoirie, na plus quà sétonner : «Comment peut-on requérir une peine aussi lourde contre mon client alors que la partie civile ne laccuse pas», sinterrogera Maître Kemissi. Il revient sur les contradictions du témoignage de linfirmière Mlle Belkhir et dénonce «une instruction bâclée». «Mon client a été torturé. On a fait limpasse sur des points clés de linstruction : où sont passés les policiers de la mystérieuse Renault Super 5 ?» Leur témoignage, conclut-il, aurait été capital : ils ont tué ou ils ont vu celui qui a tué.Le jury, qui devait répondre à 45 questions, délibère après moins dune heure. Vers cinq heures, le juge rend le verdict : la peine capitale. Fouad Boulemia a 8 jours devant lui pour faire appel. --------------------------------------------------------------------------------------------------
Liberté, 14.4.01 Accusé davoir assassiné Abdelkader Hachani Fouad Boulemia condamné à mort Chefs dinculpation : homicide volontaire, adhésion à un groupe terroriste armé et détention dune arme à feu sans autorisation. Reporté à deux reprises, le procès de lassassin de Abdelkader Hachani a finalement eu lieu ce jeudi. Le tribunal criminel dAlger, qui a jugé le nommé Fouad Boulemia, âgé de 28 ans, coupable du meurtre de lex-n°3 du FIS dissous, a prononcé une condamnation à mort de laccusé, dans un procès qui naura pas drainé grande foule. Voici, par ailleurs, quelques morceaux choisis de laudience. Après la lecture par le greffier de larrêt de renvoi où il a expliqué laffaire dans le menu détail, le président de la cour demande à laccusé de confirmer la version des faits telle que consignée dans un procès-verbal établi par le juge dinstruction, et où Boulemia avoue clairement son crime dans un cabinet dentaire à Bab El- Oued, le 22 novembre 1999. Mais coup de théâtre : laccusé nie tout ce quil avait soutenu auparavant. "Cétait un scénario, cest le général Toufik qui ma sommé de faire cet aveu en me promettant que jallais men sortir au maximum avec 15 ans de prison." Il affirme que cette affaire nest quun "scénario monté au commissariat central" et quil na pas été interrogé. Cette "sortie" de Boulemia plonge la salle n°3 du tribunal dAlger dans une ambiance de bruit et de chuchotements. Mais le jeune avocat de la défense trouve là une aubaine pour donner une autre tournure au procès. Me Khemis exige, en effet, la présence du général dont le témoignage est à ses yeux très "important", faute de quoi il se retirerait de la défense. Me Khelil, avocat de la partie civile, appuie la demande de son collègue et menace, lui aussi, de se retirer si le général cité nest pas convoqué. Le procès est à présent bloqué. Devant linsistance des deux avocats, le président de la cour suspend momentanément laudience et invite ces interlocuteurs à un "conclave" pour tirer laffaire au clair. Et au moment où tout le monde attend le report du procès, le juge et ses "invités" reviennent dans la salle et laudience reprend normalement. Ce seront près dune quinzaine de personnes qui défileront devant le juge et les avocats pour donner leurs versions des faits. Première à passer à la barre, Belkhir Lila, 28 ans, infirmière au cabinet dentaire où feu Abdelkader Hachani avait été assassiné, dévisage durant quelques secondes laccusé et le reconnaît comme étant celui qui avait tiré sur ce dernier. Un témoignage qui fera réagir Fouad Boulemia : "Je ne lai pas tué et je ne veux pas avoir le sang de Hachani sur la conscience." "Quand ils tont ramené devant une quinzaine de policiers au commissariat, ils tont dit "dis que cest lui (Boulemia, NDLR) lassassin". Naie pas peur, il est chez nous, il ne te fera rien ! dis la vérité et ne fait pas de "chahadate azour" (parjure, NDLR)", lance laccusé, visiblement décontenancé par le témoignage de linfirmière. Le deuxième témoin, qui était également un patient le jour du meurtre, reconnaît lui aussi Boulemia. Au président de la cour qui lui demande sil a vu Boulemia tirer, le témoin affirme : "jai aperçu le pistolet dans la main de laccusé et vu M. Hachani saffaler." Lautre témoin, un habitant du même immeuble, le théâtre du crime, Mustapha, âgé de 29 ans, qui reconnut lui aussi laccusé, affirme quil avait accouru aussitôt quil avait entendu la détonation. "Boulemia descendait les escaliers, un classeur à la main et faisait un geste pour probablement cacher son pistolet. Puis, jai couru jusquau marché, mais je nai rien vu." Me Khelil lui demande pourquoi il na pas appelé sur le champ "au secours" ou crié "arrêtez-le !" ? Le témoin ne répond pas. Il affirme néanmoins reconnaître Boulemia dans les photos que lui a montré la police. Appelée à la barre, la dentiste avoue quelle na rien vu étant dans son bureau, mais quelle avait effectivement donné un rendez-vous à Boulemia. Elle se souvient également avoir vu Hachani , "encore vivant". "Je suis sortie immédiatement, et jai essayé dappeler la DGSN mais ça sonnait occupé. Jai alors demandé à un jeune dalerter la police." Une bonne dizaine de "témoins" se succèdent à la barre sans apporter un quelconque élément nouveau à la version des faits. Une exception, cependant. Le jeune gardien du parking faisant face à limmeuble, lieu du crime, âgé de 32 ans, révèle quune voiture de type Super 5 avec deux personnes à son bord sest garée dans le parking avant que le crime ne soit commis. Il précise que les occupants avaient de grands talkies-walkies, mais na pu apercevoir leur visage, puisque "la vitre était ouverte à demi". "Ils mont fait peur et mont dit quils étaient "fi mouhima" (en mission) et ils étaient restés à leurs places." Sur ce dernier témoignage, le président de la cour suspend laudience et donne rendez-vous à lassistance à 14h30. Reprise donc de laudience avec la plaidoirie de lavocat de la partie civile. Me Khelili fait dabord une remarque de forme, en se demandant pourquoi on a prévu cet "important procès" un jeudi, en sécriant "où est le public, cest un procès politique, ( ) des personnes veulent liquider cette affaire en ne convoquant que les personnes qui sont juridiquement concernées". Il proteste aussi sur le fait quil soit convoqué trois jours seulement avant le procès. Ne se faisant visiblement pas dillusions quant à lissue de cette affaire, Me Khelili lance : "Je défends les droits de la veuve de cette grande personnalité et je veux que les enfants de Hachani connaissent la vérité sur lassassinat de leur père, pour que cela soit inscrit dans lhistoire". Tout en déclarant : "nous ne demandons pas une réparation", il soutient que "le témoignage du général Toufik est important pour faire la lumière sur ce crime". Lui succédant, le procureur général précise que laccusé a bénéficié de tous ses droits que lui accorde la loi, en termes de couverture juridique, et que "son aveu du crime devant le juge dinstruction prouve imparablement quil est coupable". "Je comprends quil nie ici son crime ayant peur de confronter lopinion, et cest également de son droit duser de tous les moyens pour clamer son innocence. Je suis cependant convaincu quil est coupable du meurtre", conclut le ministère public brandissant un P-V de quatre pages où, daprès lui, sont consignés les aveux de Boulemia. Le procureur général, comme pour enfoncer davantage laccusé, lit quelques extraits du fameux P-V et la lettre du GIA où il se félicite de lassassinat de Hachani. Après quoi, le ministère public se référant à larticle 262 du code pénal, requiert la condamnation à mort de Fouad Boulemia. Lavocat de la défense lancera demblée que le parquet "ne nous a pas fait de cadeau" en faisant remarquer quil a (le parquet) fondé son réquisitoire uniquement sur le fameux P-V du juge dinstruction. Il soutient quil doit être tenu de "ce qui a été dit dans la salle pour fonder un jugement". "Si la partie civile ne reconnaît pas linculpation de laccusé après les révélations quil vient de faire, comment la cour pourrait soutenir le contraire ?", sinterroge Me Khemis, qui revient à la charge pour demander la présence du général Toufik "qui nest pas au-dessus de la loi , tout comme Bouteflika lui-même". Il demande, séance tenante, à la cour de "protéger les droits de laccusé" dans la mesure où, daprès lui, les aveux de Boulemia lui avaient été "extorqués". "Cest normal quil va dire tout ça devant des policiers et des officiers supérieurs, et en labsence de son avocat", sétonne Me Khemis, qui invite les journalistes a rapporter fidèlement le compte-rendu de laudience. Il brandit, ce faisant, le portrait robot du tueur dressé par la police, défie lassistance de confirmer sa ressemblance avec Boulemia, auquel cas il accepterait la condamnation à mort de son client. Lavocat se demande aussi pourquoi "laccusé (si ça avait été lui le tueur) navait pas pris avec lui la carte didentité de Hachani et son classeur". "Était-il à ce point fou pour se signaler à la police, alors quil souffrait en plus dune rage de dents ?", sinterroge bruyamment lavocat. Il sollicite ce faisant, le parquet à "prendre en considération" la manière avec laquelle son client avait été interrogé, sagissant du chef dinculpation d"homicide volontaire avec préméditation et guet-apens" et un bénéfice des dépositions de la loi sur la concorde civile pour celui d"adhésion à un groupe terroriste armé". Le président de la cour demande à Boulemia sil a un commentaire à faire. Et ce dernier, imperturbable, mais un peu tendu, réplique que "ce P-V est un scénario". Après 30 minutes de délibérations, le juge prononce, sentencieux, le verdict condamnant laccusé Fouad Boulemia à mort. Ce dernier, visiblement non surpris, se lève machinalement, salue de la main son cousin dans la salle et disparaît précipitamment flanqué de deux policiers. Hassan Moali
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