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Le temps des gifles Par Mohamed Zaâf, Jeune Indépendant, 17 octobre 2002 En christianisme, religion débordante de spiritualité et damour, on veut que la meilleure riposte à une gifle cest de tendre lautre joue. LAlgérie qui nest plus capable de recourir à sa vieille doctrine : «il pour il, dent pour dent», a appris à en recevoir et même à en redemander à volonté. Stoïque, elle nen veut désormais que des retentissantes, à linstar de la drôle de commémoration de lindépendance, le 5 juillet dernier à Paris, lorsquon lui organisait un «jubilé» au HCE. Ce jour-là, les puissants du HCE, aujourdhui quémandeurs outre-mer, sétaient fait éconduire avec en prime un commentaire disant que la justice française ne pouvait servir de dégraissage et que, par conséquent, elle nétait pas en mesure de récupérer son honneur à larmée algérienne. Alger raffole de gifles. Sinon comment expliquer la protestation de Salah Dembri, représentant algérien officiel auprès des Nations unies en Suisse, contre la présence datant de 1995 déjà de Mourad Dhina, en terre helvétique, sinon que lAlgérie est peut-être devenue «maso». Les Suisses seraient-ils des tarés ou des ingénus au point daccorder lhospitalité à un dangereux «terroriste-intégriste-islamiste» qui a fui le lynchage populaire chez lui et de lhéberger dans leur kheima nucléaire. Une protestation condamnée à léchec et dont leffet boomerang ne pouvait échapper aux calculs de ses initiateurs. Une démarche qui na toujours pas de suite au niveau de la diplomatie suisse, les Helvétiques sétant apparemment suffi de laisser le soin à leur justice dapporter les points (avec leurs «I») de vue sur laffaire. Une initiative qui laisse en même temps perplexe au vu du canal emprunté. Lorsquon consulte le site du ministère des Affaires étrangères, on trouve toutes sortes dinformations, du traité passé au XVIIe siècle entre le Maroc et lEspagne jusquau résultat du match Algérie-Tchad en passant par les lettres de créances des ambassadeurs nouvellement accrédités chez nous. Cependant, on ne trouve pas la moindre ligne sur la protestation de Dembri. Pas un mot sur «laffaire Dhina». Un non-événement ! La perplexité subit une tension lorsque parallèlement au pétard de Dembri, on écoute, à linverse, le Président faire, chez la commission politique de Bouchaïr, léloge de la régularité suisse, pays quil nous donnait comme lexemple suprême en matière délections. Une façon datténuer les propos de Dembri ou bien le Président voulait-il se démarquer des leçons dispensées par Dembri ? Une chose est certaine, cest quau moment où se dégage un consensus pour une solution qui émanerait dun dialogue, Dhina abonde dans le même sens et jette en lair lidée de bons offices suisses entre le pouvoir et sa formation, à linstar du rôle genevois dans les accords dEvian. Bouteflika, qui sest rendu en Suisse, il y a quelque temps, sans laisser transpirer la moindre inquiétude sur la présence de Dhina, est revenu plus fort sur la concorde nationale et la paix, déclarées «irréversibles». «La majorité a cautionné la réconciliation nationale, nous poursuivrons notre chemin sans fléchir», déclarait-il tout récemment à Biskra, sappuyant sur le référendum de septembre 1999. Dhina, que la Suisse
semble adopter, ne sera pas extradié, selon le porte-parole de
lOffice fédéral de la justice helvétique. Sil
parle dune paix négociée, avec la libération
dAbassi Madani et dAli Benhadj, comme préalable, il
promet au nom de son parti de «mettre les projecteurs sur les généraux
algériens». LAlgérie, remarquait un confrère,
serait plus inspirée de chercher à nous récupérer
les richesses qui ont pris la poudre descampette et qui sont plus
clandestines que Dhina. M. Z. |
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www.algeria-watch.org
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