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FRONT DES FORCES SOCIALISTES Note
remise à la délégation de l'OTAN
- Consolider ces Etats et aider à combattre les guérillas ou à lutter contre le narcotrafic. - Assurer l'exploitation des ressources énergétiques et stratégiques. - Disposer à tout
moment de relais régionaux puissants pour des opérations Ce projet, généreux
au demeurant, est néanmoins porteur d'un danger certain. La mort de 18 américains
en 1993 en Somalie a traumatisé l'opinion publique américaine.
Suite à cela, il a été décidé de confier
à des " pays pivots " supplétifs, la sous-traitance
d'opérations de maintien de la paix ou de protection des droits de l'homme
tout en leur faisant jouer le rôle de leaders militaires régionaux. 1- L'usage illégal et arbitraire de la violence par les forces de sécurité ; 2- Le durcissement des instruments de violence en même temps qu'un effondrement de la société civile et du processus de démocratisation ; 3- La tentation par les détenteurs militaires du pouvoir de poursuivre des " sales guerres " là où il y a des conflits. C'est le cas de l'Algérie. La guerre qui sévit
dans notre pays depuis 10 ans n'est pas une guerre passagère car les
racines de la violence sont profondes. Elles sont dans la nature militaire et
dictatoriale du régime qui a érigé l'omerta et l'impunité
en règles, aussi bien à l'intérieur du pays que sur le
plan international. Or, le bilan de ces dix dernières années est édifiant : Au plan sécuritaire : - 150.000 à 200.000 morts par des égorgements collectifs, attentats à la bombe, assassinats, exécutions sommaires. - Plus de 10.000 disparitions forcées. - 1 million de personnes victimes de la violence et handicapées. - Le nombre de personnes
déplacées fuyant l'insécurité régnant dans
les campagnes se chiffre à des centaines de milliers. Cet exode massif
à huis clos est à l'origine de ceintures de bidonvilles autour
des grandes villes. - La torture et autres violations des droits de l'homme sont systématiques. Au plan socio-économique, les réformes engagées sont complètement bloquées alors que : - l'appauvrissement et la misère s'étalent dangereusement avec la disparition des couches moyennes ; - le chômage touche près de 40% de la population active et atteint surtout les jeunes qui représentent 75% de la population ; - la crise du logement est sans précédent ; - la réapparition à grande échelle des maladies qui étaient éradiquées ou en voie d'extinction (telle que la tuberculose, le choléra, la typhoïde...). Au plan politique, nous assistons à une impasse intégrale et un blocage sans précédent dans tous les domaines. - Aucune perspective viable
de sortie de crise n'est envisagée. La " concorde civile "
issue d'un accord entre l'armée et l'AIS (armée islamique du salut)
est un échec patent puisque les massacres continuent (On dénombre
actuellement près de 200 morts par semaine). - Les institutions issues de scrutins marqués par des fraudes massives sont des institutions croupions et de véritables chambres d'enregistrement. - Les entraves à l'action des partis politiques et des organisations sociales sont le lot quotidien. - Les manifestations sont interdites sous couvert de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992. - Des partis politiques sont interdits sans motif à l'exemple de WAFA et du Front Démocratique. - Les médias publics sont inaccessibles à l'opposition. Quant à la télévision, le chef de l'Etat a déclaré publiquement qu'elle est le monopole exclusif de l'Etat. - La presse privée n'est pas indépendante, à cause des pressions économiques et du harcèlement judiciaire permanent dont font l'objet les journalistes. - des journaux sont interdits de parution à l'exemple de La Nation. - La dépendance de la justice par rapport aux pouvoirs réels atteint des niveaux de plus en plus scandaleux. Les Algériennes et les Algériens sont privés de tout recours devant l'arbitraire et les atteintes systématiques à leurs Droits fondamentaux. Enfin, c'est un pays de non droit, c'est le règne de l'impunité accordée aux tenants du pouvoir et aux terroristes. La formule Kafkaïenne de " crimes sans criminels et de criminels sans crimes " trouve des innombrables illustrations quotidiennes dans ce conflit. Devant cette situation
dramatique, la communauté internationale ne peut rester aveugle et sourde
d'autant plus qu'il y a aujourd'hui des témoignages, à visage
découvert, de rescapés des massacres ou de militaires des forces
spéciales, notamment à travers la publication de deux livres Qui
a Tué à Bentalha ? de Nesroullah Yous et La Sale Guerre de Habib
Souaïdia. A ce propos, nous nous
interrogeons sur l'absence d'implication des USA dans le pacte de Barcelone
et le processus de sa mise en oeuvre. L'une des priorités
est de se libérer eux mêmes de la politique du silence et du laisser
faire, pour contribuer à mettre fin au climat de peur et de terreur qui
tétanise les Algériennes et les Algériens. Impunité oblige. C'est dire que le retour pacifique à la transition démocratique comme en Yougoslavie est aussi possible en Algérie pour peu qu'on fasse tomber le mur de la peur par la multiplication des signes de solidarité de la communauté internationale, et par l'implication des institutions internationales des Droits de l'Homme notamment par : 1- L'envoi de rapporteurs spéciaux des Nations Unies, refusé jusqu'à ce jour par l'Algérie. La commission des Droits de l'Homme devant se réunir début avril, il est urgent d'intercéder auprès de celle-ci pour l'envoi de ces rapporteurs sur la torture, sur les exécutions extrajudiciaires, ainsi qu'un groupe de travail sur les disparitions forcées. 2- Une représentation officielle et permanente du Secrétaire Général de l'ONU pour l'observation et/ou les " bons offices " comme cela s'est fait dernièrement en Birmanie. 3- Une commission d'enquête permanente sur la violence. Elle pourrait jouer un rôle préventif et dissuasif concernant les violations des droits de l'homme et les massacres qui continuent. 4- Lier tout accord avec l'Algérie par des conditionnalités politiques effectives portant sur le retour à la paix, la démocratisation et le respect des Droits de l'Homme. Vu la position géostratégique
du Maghreb, l'Histoire en a fait la clef de la maîtrise de la Méditerranée
depuis les phéniciens jusqu'à l'" opération torche
" en 1942. C'est souligner que l'Afrique du nord peut jouer le rôle
d'un bastion de modernité et de coopération entre l'occident et
le monde arabe, entre l'occident et le monde islamique, entre l'occident et
l'Afrique. Il s'agit là, au
point de vue de l'OTAN, d'une urgence stratégique. Aussi faut-il mettre
fin à la violence en Algérie qui risque de gangrener l'ensemble
du Maghreb parce que, contrairement à ce qui est dit, il est impossible
de la maintenir à l'intérieur de nos frontières. Au Maroc, l'alternance a permis la restauration du politique et par là même, la résorption de la violence souterraine, illisible et invisible, par l'expression politique responsable. Si le développement commun dans le Maghreb est bloqué il faudra faire face à l'aggravation des problèmes sociaux et à l'impatience des exclus. Et faire échouer l'expérience démocratique au Maroc en poussant à la radicalisation politique, sociale et identitaire menace la paix dans la région. On ne mesurera jamais assez les conséquences, sur toute la région méditerranéenne, d'une guerre civile généralisée au Maghreb. Cela risque, en effet, d'embraser les pays des deux rives, étant donné la dialectique de solidarité qui lie la paix dans cette région et le processus de paix au proche orient. Alger, le 12 mars 2001 N.B. Les députés du FFS auraient souhaité un entretien plus serein et plus fécond. Nous aurions surtout voulu vous économiser des manigances d'autoritarisme désagréable.
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www.algeria-watch.org
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