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FFS
Front des Forces Socialistes
Conseil national
DECLARATION
Devant la détermination
des Algériennes et des Algériens à faire aboutir pacifiquement
des revendications démocratiques, le pouvoir continue dopposer
la force et la brutalité.
Des jeunes désarmés
sont froidement assassinés par les forces de sécurité qui
persistent à sacharner de manière sauvage sur les populations
par toute une série de provocations, dactes de destruction et datteintes
à la dignité humaine.
Pendant ce temps, les
autorités officielles senferment dans un mutisme complice et des
plus cynique. Aucun geste dapaisement, aucune mesure concrète nest
intervenue pour apaiser et rétablir la sérénité.
Cette attitude méprisante, qui nest autre quun encouragement
de la répression, risque au contraire daggraver la situation et
provoquer un enlisement généralisé.
Le FFS dénonce le
comportement irresponsable des plus hautes autorités qui ont apparemment
opté pour la stratégie du pire.
Le FFS exige des décideurs
de mettre un terme à ces provocations criminelles, de cesser dentretenir
la tension et le désordre.
Lopinion nationale
nest plus dupe des stratagèmes qui nont pour finalité
que de briser tout élan de démocratisation et de tenter déchapper,
par le recours à des diversions criminelles, à une prise de conscience
nationale et internationale contre limpunité.
Les Algériennes
et les Algériens ont payé le prix fort des fuites en avant et
de lobstination du pouvoir à maintenir, contre la volonté
populaire, un système militaro-policier générateur de Hogra,
dexclusions, de misère et dinjustices.
Ce système a fini
par mettre le pays en situation de déréliction morale et politique,
tout en semant les germes de la dislocation sociale et culturelle.
Aucun prétexte fallacieux,
aucune manuvre clanique ne parviendra désormais à faire
reculer lurgence dune issue politique et démocratique à
la crise.
Limpasse étant intégrale et léchec totalement
consommé, la responsabilité du pouvoir dans la crise sanglante
que vit le pays ne peut plus être esquivée ou occultée.
Il y a quelques jours, le FFS a pris linitiative dadresser au chef
de lEtat et aux généraux-décideurs un Mémorandum
pour une transition démocratique.
Cette nouvelle proposition de sortie de crise est susceptible aujourdhui
de favoriser la reconstruction, dans la paix civile, de lEtat et de la
Nation sur des bases démocratiques et modernes.
Les forces politiques et sociales autour desquelles se bâtira lAlgérie
de la liberté, des droits de lhomme et du progrès social,
existent et sont majoritaires.
Les récents événements ont confirmé ce formidable
potentiel démocratique particulièrement chez une jeunesse qui
exige un changement radical.
Parier sur son essoufflement
ou tenter de létouffer dans le sang relèverait de la pathologie
politique.
Le FFS, tout en saluant lextraordinaire mobilisation citoyenne, appelle
à sa poursuite et à son élargissement. Il se déclare
totalement solidaire des actions pacifiques émanant de la société
civile visant la défense des droits et des libertés fondamentales,
dont la liberté de la presse.
Le FFS appelle les jeunes, les femmes, les travailleurs, les journalistes, les
cadres, les universitaires ainsi que toutes les forces politiques et sociales
démocratiques à venir participer massivement à la marche
de lespoir démocratique le jeudi 31 mai 2001 à Alger.
Pour exiger :
1. Larrêt immédiat
de la répression et des provocations.
2. La levée immédiate et inconditionnelle des dispositifs policiers.
3. Une solution concertée concernant les examens.
4. Larrestation et le jugement des commanditaires et des auteurs des assassinats.
5. La reconnaissance dun satut politique pour les victimes de la repression
sanglante.
6. Le retrait immédiat du texte portant modification du code pénal.
7. Larrêt immédiat du bradage et du pillage du patrimoine
national.
Pour la Vérité, la Justice et la Liberté.
Alger, le 24 mai 2001
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