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LE
FFS ROMPT LE SILENCE
Les
ârchs et le RCD fustigés
L'Expression,
7 janvier 2003
Le parti de Aït
Ahmed ne veut, en aucune façon, assumer la situation qui prévaut
actuellement en Kabylie.
Après un long
silence, temps consacré, à l’analyse de la situation
et surtout au travail organique, le FFS de Tizi Ouzou rompt le silence.
Le premier secrétaire fédéral pour la wilaya, M.Mourad
Kacer, animé, hier, en présence du P-APW, M.Aïssat
Rabah une conférence de presse, au siège de la fédération
de ce parti.
D’emblée, M.Kacer s’est voulu offensif et n’a
pas eu à prendre de gants pour décrire la situation socioéconomique
de la région et citer les «initiateurs du chaos». Le
premier secrétaire fédéral commence par rappeler
«les conditions difficiles, un climat qui était presque un
climat de guerre, qu’on a voulu nous imposer, lors des locales du
10 octobre» et de souligner que «partout où les élus
FFS sont présents, ils se sont attelés à rendre effective
la bonne gouvernance».
M.Kacer cite l’exemple de certaines APC, comme celles de Larbaâ
Nath-Irathen et d’Aghrib pour illustrer ses accusations «de
dilapidation des deniers publics», dont, selon lui, se seraient
rendus coupables, «les élus d’un autre parti»
Pour Aghrib, il cite les dépenses afférentes à la
facture portant billetterie (billets de voyage), notamment vers l’étranger
qui se monte à plus d’un milliard de centimes. La facture
de téléphone, étaient mensuellement, de l’ordre
de 15 millions de centimes pour ce qui est des mobiles et de plus de 260
millions de centimes annuellement pour le téléphone fixe.
Le FFS a demandé un audit pour toutes les collectivités
locales, notamment pour les APC de Aghrib, Bouyeguène, Mekla et
Larbaâ Nath Irathen. Dans le cas de cette dernière, M.Kacer
affirme: «Nos élus ont trouvé une APC dépouillée,
jusqu’au matériel informatique qui avait totalement disparu,
la veille de l’installation de nos élus...».
Le conférencier dira: «On a enfin compris, le pourquoi de
l’acharnement contre les élus de notre parti. Ils avaient
une peur bleue que nous découvrions et que nous rendions public
le pot aux roses!» Il accuse les APC gérées auparavant
par les élus d’un parti de servir de sources de financement
à cette formation politique. Le premier secrétaire fédéral
évoque le cas de l’enlèvement de 2 jeunes à
Aït Chaffâa, il y a de cela une vingtaine de jours. Selon lui,
des informations concordantes font état de «ceux qui ont
des armes et font régner leur loi. La population a peur de parler.
La Laddh sera saisie de cette affaire!» Pour M. Kacer, «le
rapt est devenu un exercice politique et nous nous devons de combattre
cette déviation...».
Revenant à la situation prévalant dans la région,
M.Mourad Kacer expliquera qu’il ne s’agit que de «la
traduction sur le terrain, des luttes de clans au sommet». Il dénonce
«ceux qui agissent dans l’ombre et font peser leur «loi»
sur la population. La région est au bord du gouffre, jusqu’aux
grossistes en fruits et légumes qui la fuient! Boumerdès
en profite!»
Pour M.Kacer, «la région à forte vocation commerciale
est prise en otage dans la surenchère des clans.» Elle est
la cible de «petits mercenaires politiques». Au cours des
18 derniers mois, la Kabylie a connu 65 jours de grève. Il évalue
la perte des commerçants à 150 millions de centimes pour
chacun d’eux, en termes de manque à gagner!
A propos des «plaintes» qu’aurait déposées
son parti contre les ârchs, M.Mourad Kacer se voulant serein, affirme
que «le FFS, en tant que parti n’a jamais déposé
de plainte contre quiconque, même si nous avons des dossiers bien
documentés sur des cas d’agressions contre nos militants
par des gens autoproclamés représentants de la population».
Pour lui, il n’est pas «nécessaire, pour défendre
le parti, de faire appel au pouvoir!» M.Kacer dément ainsi
«toute implication». Même s’il n’écarte
pas qu’au niveau des communes, il n’est pas surprenant que
des élus ou des responsables, devant l’incendie d’un
siège du parti, d’une APC ou d’une habitation portent
l’affaire à la connaissance de la police...Il prend pour
exemple le cas du siège de l’APC d’Iferhounène
«saccagé par 4 individus».
Il affirme: «Que ceux qui cassent, saccagent, brûlent et détériorent
sont bien connus des services de sécurité». Puis de
déplorer que «les plaintes des populations soient bloquées».
Il va plus loin en assurant que «à Tizi Ouzou, l’un
des «casseurs» a été vu la veille dans un bar
avec un responsable des services, et le lendemain à la tête
d’une manifestation contre l’APC de Tizi Ouzou».
Enfin, le premier secrétaire fédéral dira que les
locales du 10 octobre ont décanté la situation. «La
population a donné son verdict: les ârchs n’existent
plus, seuls restent des groupuscules liés à un parti disloqué,
avec lequel on se refuse de polémiquer.» Et M.Kacer d’annoncer
que «le parti prépare sereinement et activement les partielles.»
A. SAÏD
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