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PARTICIPATION
DU FFS AUX ÉLECTIONS LOCALES
Bouteflika
a reçu Djeddaï
L'Expression,
5 août 2002
Laudience
la plus remarquée fut celle accordée par le Président
de la République au premier secrétaire national du FFS.
Quelles seront les
conséquences dune probable participation du FFS aux prochaines
élections locales du 10 octobre prochain sur le champ politique
national et donc sur le reste de la classe politique?
Dès à présent, il semble que les choses sérieuses
ont commencé tant pour les partis politiques que pour les pouvoirs
publics afin de préparer sereinement ce rendez-vous électoral
crucial pour la stabilité politique et institutionnelle du pays.
Le Président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika a
entamé, hier, ses contacts et ses consultations avec les partis
politiques autour de la préparation de ce scrutin. Le chef de lEtat
a reçu dans ce cadre, les secrétaires généraux
du FLN et du RND, le président du mouvement El Islah et les représentants
du groupe des indépendants à lAPN. Mais laudience
la plus remarquée fut celle accordée au premier secrétaire
national du FFS, M.Ahmed Djeddaï, dans la mesure où jusquici,
ce parti avait refusé davoir des contacts avec le pouvoir
avant le dénouement de la crise en Kabylie. Certes, ce planning
des rencontres partis-présidence était programmé
depuis longtemps, mais il participe aussi dune manière ou
dune autre, à accompagner les partis qui le veulent à
entrevoir la prochaine consultation électorale avec sérénité
.
Nul doute que conjuguées à lannonce officielle, avant-hier,
de la participation conditionnée du FFS à ce scrutin, ces
nouvelles donnes de la scène politique nationale vont se traduire
par une décantation, du moins par une détente du climat
délétère observé depuis des mois sur la scène
algérienne et notamment lors des législatives de mai dernier
boycottées par nombre de formations politiques.
Dores et déjà, il semble, au vu des échos qui
parviennent de Kabylie, que la décision du FFS de prendre part
aux prochaines joutes électorales de lautomne prochain -
même si elle est encore conditionnée à la réunion
dun certain nombre de préalables et de mesures dapaisement
à prendre par le pouvoir - sest traduite par une véritable
onde de choc dans les rangs des courants politiques et sociaux qui traversent
la région. Pour daucuns, au cas où cette participation
deviendrait effective, elle va transformer, sinon bouleverser tous les
clivages politiques régionaux apparus au lendemain de lirruption
sur la scène locale et nationale de la donne ârchs. Celle-ci
avait contribué à fausser les rapports de force politiques
tant au niveau local que sur léchiquier national, notamment
au sein de lAPN où le FFS et son rival le RCD sont absents,
ayant boycotté les dernières législatives par solidarité
avec le mouvement des ârchs.
Autrement dit, linitiative du FFS pousse, dès à présent,
lautre parti politique important de la région dans une situation
des plus intenables: réagir ou se trouver de facto en position
de hors-jeu politique. Car, et cela va de soi, lentrée du
parti dAït Ahmed dans larène électorale
va se traduire inéluctablement par une future modification de la
carte politique du pays dans la mesure où des partis, qui sont
encore réticents à participer à léchafaudage
électoral du pouvoir comme moyen de sortie de la crise qui ronge
le pays depuis longtemps, pourraient être tentés de suivre
lexemple du FFS afin de revenir sur le devant de la scène
à la faveur de ces élections.
Des partis comme lANR de Rédha Malek ou le MDS de Hachemi
Chérif seraient alors complètement dépassés
sils ne mesuraient pas, à leur juste proportion, ces accélérations
de lévolution de la politique nationale.
Reste la question des ârchs, cette structure horizontale hermétique
à tout dialogue avec le pouvoir qui se trouve désormais
dénuée de tout rôle politique du moment que les pouvoirs
publics semblent avoir négocié directement avec le FFS la
question des détenus de la Kabylie et les mesures dapaisement
à même dassurer un bon déroulement des élections
locales.
Alors, pour une fois, les élections seront-elles vraiment ce moyen
dépassionné par lequel sopère lalternance
des personnels et des programmes politiques?
Mohamed DERAR
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FFS-PRÉSIDENCE
Le
contact
L'Expression,
4 août 2002
Le parti dAït
Ahmed aurait reçu des garanties de Bouteflika.
La participation
du FFS aux municipales est motivée par les garanties données
par la présidence de libérer les détenus du mouvement
citoyen dans les prochains jours. Dans une conférence de presse
animée, hier, au siège du parti par le premier secrétaire
Ahmed Djeddaï, le FFS a annoncé son intention de participer
aux élections locales du 10 octobre.
Cette participation reste néanmoins conditionnée par des
mesures dapaisement urgentes notamment la libération inconditionnelle
de tous les détenus de la dissidence citoyenne, la levée
de linterdiction des marches, larrêt des provocations,
des agressions et de la répression contre la population, la levée
du dispositif sécuritaire dexception en Kabylie, larrêt
du harcèlement judiciaire contre les élus et présidents
dAPC du FFS et surtout la levée des blocages et des entraves
à la réapparition du journal du parti Libre Algérie.
Le responsable national du FFS, M.Ahmed Djeddaï, a indiqué
que contrairement aux législatives, les municipales sont un enjeu
capital dans la région. Lobjectif politique du FFS reste
donc le devoir impérieux de protéger la population et de
suivre les intérêts des Algériens et algériennes
à faire barrage aux prédateurs politiques et économiques.
M.Djeddaï a expliqué sur ce point que son parti a essayé,
durant sa gestion, de préserver la région de la mafia du
foncier et ne veut pas que demain les terres de la Kabylie soient dilapidées.
Le FFS, souligne le premier secrétaire, est déterminé
à préserver la cohésion nationale et ne veut pas
que la Ka-bylie soit délibérément et sauvagement
enfoncée dans laventure, les massacres et le chaos.
Djeddaï précise que cest devant les dangers datteinte
à lunité du pays, deffritement de la cohésion
nationale, de «tchétchénisation» de la Kabylie
ainsi que du retour des anciens gestionnaires dans la région que
le FFS a décidé daller aux élections locales.
M.Djeddaï a révélé, au cours de la conférence,
que son parti a reçu de la part dun haut responsable de lEtat
lassurance que les détenus de la Kabylie et même dailleurs
seront libérés dans quelques jours.
Interrogé sur lidentité de ce haut responsable, M.Djeddaï
sest montré intraitable, se contentant dun simple «no
comment».
Mais selon certaines indiscrétions, cest la présidence
qui aurait donné les assurances que les détenus seront prochainement
libérés. Un émissaire du palais dEl-Mouradia
a été dépêché au siège du FFS,
jeudi, alors que les membres du conseil national ne sétaient
pas encore prononcés.
Cet envoyé spécial, qui sest présenté
en tant que journaliste, avait demandé au responsable du parti
les exigences du FFS pour participer aux locales. Limplication de
M.Bouteflika dans la décision de participation du FFS aux élections
sest encore précisée quand le premier secrétaire
du FFS a clairement indiqué que le Chef du gouvernement M.Ali Benflis
na pas donné suite à leurs revendications. Le FFS,
qui a lhabitude de traiter avec les circuits officiels, a donc choisi
la présidence comme option de garantie pour participer aux élections
locales, dautant plus que contrairement à son habitude, le
premier secrétaire na pas évoqué le terme de
fraude électorale.
M.Djeddaï a précisé que la libération des détenus
nest pas suffisante pour régler la crise en Kabylie, mais
sera à coup sûr un pas positif pour rétablir la paix
dans la région. Il ajoute que le FFS pourrait très bien
se retirer de la course aux municipales si ses exigences nétaient
pas respectées.
Enfin, le premier secrétaire du FFS a précisé que
la crise en Kabylie ne sera réglée que quand la paix et
la stabilité seront définitivement installées dans
le pays.
Salim AGGAR
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ELECTIONS
LOCALES EN KABYLIE
Le
parti dAït Ahmed change la donne
L'Expression,
4 août 2002
Avec la probable
entrée en lice des partis à fort ancrage local, les élections
du 10 octobre savèrent, dores et déjà,
rudes en Kabylie.
Lentrée
en lice, certes conditionnée, du FFS dans les élections
locales change la donne. Il va de soi que le mouvement citoyen, agrippé
aux résolutions de Bechloul (Bouira), ne semble pas près
de bénir ces participations, même si plusieurs délégués
savent quentre les législatives et les locales, il y a tout
ce qui sépare un élu national dune élection
aux affaires de la cité. Le RCD, selon des sources sûres,
ne manquera pas de décréter, lui aussi, sa participation...pour
dautres raisons.
Lune de ces raisons, apparemment la plus importante même si
elle est loin dêtre la plus politique, est cette «obsession»
de faire comme lautre. Certes, le FFS a stratégiquement marqué
un grand coup, surtout avec ce lien fait entre sa participation et la
libération des détenus, ce qui le fera apparaître
aux yeux de la population comme le parti qui a su débloquer une
situation des plus inextricables, sans compter le programme politique
tracé dun commun accord avec le leader charismatique et le
conseil national et dont les grandes lignes ont, en principe, été
esquissées par le Dr Djeddaï, lors de sa conférence
de presse, hier.
Avant cette annonce de la participation du FFS, tout le monde «politique»
se regardait en chiens de faïence. Cest à qui oserait
casser le tabou. Même si, dans lombre, y compris dans lombre
de certaines structures considérées comme proches du mouvement
citoyen, les appétits saiguisent. Il faut dire que les APC
de Béjaïa et de Tizi Ouzou, entre autres, ne laissent guère
les «gens» indifférents.
Des listes dindépendants se préparent aussi bien dans
la capitale du Djurdjura que dans la ville des Hammadites.
Quant au RCD, qui pourrait annoncer officiellement sa participation lors
de son prochain conseil national, il aurait, selon plusieurs sources,
pris «une certaine avance», en instruisant ses «militants»
dentrer en précampagne électorale. Il reste, cependant,
que cette formation risque de connaître bien des déboires
avec le retrait des «gens» proches dOuld Ali El-Hadi
qui a ses «entrées» dans le mouvement citoyen et est
aussi la matrice dans le monde des «activistes», principalement
avec luniversité. Cela sans compter avec cette «fragilisation»
du parti qui na, en réalité, jamais retrouvé
les faveurs dune base sévèrement «déboussolée»
par le parcours du parti. Un parti qui a un pied dans le pouvoir et lautre
dans lopposition.
Il reste que si ces deux partis entrent officiellement en lice, ce que
leurs positions actuelles indiquent assez fort, les autres formations
partisanes à limage du MSP, dEnnahda et même
du FLN, ont moins de chance de voir leurs candidats rafler la mise. A
Béjaïa comme à Tizi Ouzou, le FFS apparaît comme
un grand favori, suivi du RCD et quelque peu du PT. Certes, le FLN peut
grignoter des voix deci delà, mais le MSP et Ennahda semblent ne
pas avoir trop de chance en Kabylie.
Mais tout ce montage nécessite dabord, afin de le voir se
concrétiser, une condition que seul lEtat est en mesure de
remplir: la libération des détenus du mouvement citoyen
et le retour de la sérénité.
D. MOHAMED
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