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ELECTIONS LEGISLATIVES Sur fond de tension
Par Fayçal Metaoui, El Watan, 30 mai 2002 LAPN, que Abdelkader Bensalah a dirigée de main de fer, usant parfois de méthode dictatoriale, termine son mandat en dents de scie.Les députés quittent lhémicycle Zighout Youcef sans faire de bilan. Les Algériens ne connaîtront probablement jamais le contenu du rapport denquête sur la fraude électorale. Rapport que lAPN sortante a évité de discuter pour des considérations incompréhensibles. Il en a été de même pour le rapport sur les émeutes en Kabylie. Les législatives de cette année, les troisièmes depuis le passage du parti unique au pluralisme, se déroulent dans un climat tendu. La campagne électorale, quelque peu réussie pour des partis comme le FLN, le PT, le RND et le MSP, avait un côté terne qui a failli rompre «le charme» que lon attribue, en général, à ce genre de manifestations politiques. Si dans certaines régions du pays, il y avait un engouement pour les meetings électoraux, dans dautres, lindifférence était trop évidente pour passer inaperçue. Une indifférence qui est, peut-être, née dun désintérêt pour la chose politique, conséquence dune fermeture, aujourdhui manifeste, de lespace de lexpression démocratique. Fermeture liée, entre autres, au maintien de létat durgence. Indifférence liée également à un situation sociale intenable. Lappel au boycott et au rejet du scrutin, lancé par le RCD et par le FFS, semble avoir conquis une partie de la population en Kabylie où la situation commence à ressembler, depuis quelques jours, à de la désobéissance civile : des urnes incendiées, des APC fermées, des routes barrées et des candidats à la députation menacés. Un climat de violence et de contre-violence qui naugure rien de bon pour la suite des événements.Il est dit que lEtat «usera» de tous les moyens pour «empêcher» que les électeurs en Kayblie soient «interdits» de gagner les centres de vote par les protestataires des archs qui, eux, sont déterminés à concrétiser le mot dordre de boycott et de rejet, «par tous les moyens». Les dérapages paraissent inévitables. Les conséquences aussi. Il est déjà permis de prévoir un faible taux de participation en Kabylie. La représentation de cette région dans la prochaine Assemblée posera problème. Problème aggravé par le fait que lAPN doit être, en théorie, le lieu où la communauté nationale est représentée. Comment le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a tenu à organiser les législatives à la date légale, va-t-il régler ce casse-tête ? Autant ne pas savancer. Un sondage, réalisé par El Watan et qui a suscité des commentaires divergents, a révélé le retour du FLN, la chute du RND et la régression des islamistes du MSP et dEnnahda. Les résultats définitifs des élections daujourdhui vont-ils confirmer cette tendance ? LAlgérie va-t-elle tourner la page de la double fraude électorale de 1997, qua évoquée lopposition, pour entrer dans une phase délections transparentes et régulières ? Là aussi, il est difficile de se prononcer dans un pays où «la lutte des clans» a fini par travestir, sinon fausser, tous les pronostics. Y comrpis les plus simples. Partant de là, laprès-30 mai ressemble déjà au day after. Peut-être pire.
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