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Dans
un meeting animé à la salle Afrique d'Alger, Saïd Sadi
affirme:
"
Il vaut mieux se battre contre les islamistes que contre ceux qui les
fabriquent"
Dans la perspective
des élections législatives du 30 mai prochain, le RCD compte
se redéployer, à travers les quatre coins du pays pour dire
son boycott de ce scrutin. Après le meeting de Béjaïa
de jeudi passé, Said Sadi a animé, dans l'après-midi
du lundi 29 avril, un autre rendez vous avec ses sympathisants à
l'intérieur de la salle Afrique d'Alger. Le président
du RCD sera également à Oran le lundi prochain. Pour le
président du RCD, "jamais l'Algérie n'a vécu
auparavant une crise aussi grave".
Par Youcef Zirem,
30 avril 2002
Pendant près
d'une heure, devant une salle bien remplie et acquise à ses idées,
Said Sadi a, dans un arabe algérien visiblement amélioré
et un français châtié, fait le point sur la situation
inquiétante du pays. "C'est la fin du régime",
soutient Said Sadi qui parle de "dirigeants acculés qui sont
prêts à tout pour rester à leur place". C'est
pour cela que le président du RCD lance un appel pour que"l'alternative
soit réfléchie dès maintenant". Mais l'issue
est incertaine, dans son agonie le système peut déboucher
sur le pire. Said Sadi veut impliquer les citoyens dans une atmosphère
peu propice aux regroupements, aux marches et aux actions pacifiques.
"Nous sommes sommes dans un état d'exception qui ne dit pas
son nom", affirme Said Sadi. Depuis son retrait du gouvernement,
il y a maintenant une année,à la suite de l'assassinat par
les gendarmes d'une centaine de jeunes en Kabylie, le RCD tient un discours
virulent vis à vis du pouvoir."Ce que nous avons vu à
l'intérieur de ce système est inimaginable", confie
le leader du RCD aux journalistes. C'est un peu dans le prolongement de
ce raisonnement que l'auteur d'Askuti, un roman fortémouvant écrit
en tamazight,au début des années 80, ne se gêne pas
aujourd'hui pour dire que "le bourourou islamiste ne nous fait plus
peur". Le président du RCD est désormais clair: "il
vaut mieux se battre contre les islamistes que ceux qui les fabriquent".
C'est là un changement de cap important de la démarche de
celui qui avait participé à la création de la première
ligue des droits de l'homme en Algérie, en 1985. Pour Said Sadi
"l'impasse institutionnelle va montrer ses effetsà partir
du 31 mai prochain". Après avoir rappelé la répression
digne "une armée coloniale" qui sévit en Kabylie,
Said Sadi fait part de son soutien au mouvement citoyen en Kabylie et
ailleurs en Algérie où l'émeute devient presque l'unique
façon de crier son malaise. "Le citoyen a le droit d'utiliser
la violence quand l'Etat transgresse la loi", souligne le président
du RCD qui doute des actions entreprises par la Justice. "La Justice
couvre des assassinats, comment va-t-elle alors respecter le choix électoral
des citoyens?", se demande-t-il. Pour toutes ses raisons, Said Sadi
plaide pour une autre forme de gestion de l'Etat, pour la régionalisation.
Said Sadi se désole que les décideurs du système
algérien n'arrêtent pas de copier le modèle français,
un modèle qui ne sied guère, de l'avis du premier responsable
du RCD, au cas algérien. "Partout dans le monde, on essaye
de donner plus de pouvoir aux régions, de décentraliser",fait
remarquer Said Sadi. Concernant
les informations de presse faisant part de l'éventualité
du transfert de certaines prérogatives du DRS au ministère
de l'intérieur, Said Sadi affirme qu'il n'est pas au courant de
ce projet. " Tant que le DRS n'est pas contrôlé, nous
irons de catastrophe en catastrophe", ajoute Said Sadi qui a longuement
insisté sur l'histoire de ce jeune homme d'un village de Tizi Ouzou,
rendu fou par ses ravisseurs. Pour rappel, ce jeune homme avait été
kidnappé, chez lui, il y a cinq jours, par des individus armés,
venus dans des voitures banalisées. Ce n'est qu'après une
extraordinaire mobilisation populaire qu'il a été relâché.
" Pourquoi la Justice n'intervient pas dans ce genre d'affaire ?",
se demande, avec ironie et amertume, le président du RCD.
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