Djaballah réunit ses députés

El-Islah choisit l’opposition

Mohamed Mehdi, Le Quotidien d'Oran, 9 juin 2002

En annonçant son refus de participer au prochain gouvernement, le leader du mouvement El-Islah (MRN) a balisé le terrain aux élus du parti. Aux noms des «principes directeurs du mouvement», il leur interdit de voter des lois «contraires aux principes de l’Islam et à la Charia» et «de siéger aux côtés de ceux qui nient les versets de Dieu». Les 43 députés du mouvement El-Islah étaient invités hier à prêter serment sur «la charte de l’élu», élaborée par la direction du parti.

Ce long document, lu par Djaballah, appelle les élus du parti à «ne pas abandonner les principes du mouvement et les intérêts du peuple», à «sortir l’Islam, des slogans creux», en s’abstenant de voter les lois qui n’offrent pas la perspective de «justice et de protection sociale» et en s’opposant à celles qui consacrent «la laïcisation du système éducatif». Il leur est également demandé de «défendre l’instauration d’une véritable démocratie et le respect des libertés». Les députés du mouvement El-Islah ne doivent pas, selon Djaballah, oublier leurs électeurs. Ils sont appelés à mettre en application «les engagements pris devant la population lors de la campagne électorale», et à descendre sur le terrain, afin de «recueillir et transmettre aux autorités locales et nationales les doléances et les préoccupations des citoyens». Leur rôle est, aussi, «d’interroger les membres de l’exécutif sur tous les domaines de l’action du gouvernement». «Nous ne sommes pas concernés par la participation au gouvernement, tant que les orientations actuelles, qui confondent mondialisation et libéralisme sauvage, démocratie et laïcité, mais également en raison des grands dossiers relatifs au système éducatif, au code de la famille, à la situation en Kabylie, aux libertés individuelles et à la Palestine», a dit Djaballah. «Si l’orientation change dans le sens d’un retour vers la légitimité, la levée de l’ensemble des contraintes pour l’exercice des droits politiques de la nation, nous réviserons notre position», a-t-il ajouté. Dans sa lecture du scrutin du 30 mai 2002, Abdallah Djaballah considère le taux de participation «appréciable», et que les résultats «manquent de crédibilité» et résultent «des incohérences de la loi électorale». Le poids du vote dans les bureaux spéciaux et les bureaux itinérants constitue, pour le leader du MRN, «une grande inconnue». Celle-ci constitue, selon lui, «une importante carte entre les mains de l’administration». A ce titre, il invite à réfléchir à des solutions pour éviter les mêmes problèmes, lors des prochains scrutins. Pour Djaballah, le boycott est venu essentiellement des «assiettes électorales kabyles et islamistes» et cette attitude «traduit le scepticisme à l’égard de la possibilité de réaliser le changement par la voie des urnes».

Djaballah réitère le choix de son parti pour l’action pacifique même s’il émet de «sérieux doutes sur l’orientation démocratique du pouvoir». Il invite, également, militants et députés à passer des ponts avec les frères ennemis de son ex-parti Ennahda, sans le citer nommément.

 

   
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