Après l’interdiction de leur meeting à Tizi-Ouzou

Benyelles, Djeddaï, Ali-Yahia Abdenour et Ahmed Taleb Ibrahimi réagissent

Kader Hannachi, Le Quotidien d'Oran, 12 mai 2002

«Les élections projetées ne sont envisagées que dans le seul but de donner une façade démocratique à un régime obsolète». C’est ainsi qu’ont réagi hier les quatre personnalités politiques: Ahmed Djeddai (représentant Hocine Aït Ahmed), Ali Yahia Abdennour, Rachid Benyelles, Ahmed Taleb Ibrahimi, après leur interdiction par les autorités de tenir un meeting au stade Oukil Ramdane de Tizi-Ouzou.

Dans un communiqué publié hier, les quatre personnalités précisent qu’elles ont rempli toutes les exigences juridiques et techniques nécessaires à la tenue de ce meeting. Mais que des «instructions venues d’en haut», qui dépasseraient selon eux les compétences des pouvoirs locaux à Tizi-Ouzou, ont été données pour les empêcher d’aller à la rencontre de la population et de lui expliquer pourquoi ils militent contre la tenue d’élections législatives dans un contexte qu’ils jugent dangereux et porteurs de fractures en l’absence de la Kabylie.

Face au refus des autorités, les quatre personnalités «prennent à témoin l’opinion nationale et internationale de cette nouvelle atteinte à la liberté de se rassembler et de manifester de manière pacifique». Ils qualifient les prochaines législatives de «mascarade électorale», «dangereuses pour l’unité de la nation».

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Le groupe des quatre interdit de Meeting à Tizi Ouzou

Par Mourad Hachid, El Watan, 11 mai 2002

Tous ceux qui ont choisi le boycott ou le rejet n’ont visiblement plus le droit de s’exprimer publiquement. C’est ce qu’a vérifié le groupe des quatre, qui a choisi Tizi Ouzou ce week-end pour expliquer son appel à la dissidence électorale, le jour même où la Coordination des archs a voulu réaffirmer son rejet des élections à travers une grève générale, massivement suivie, et une marche populaire.

Les autorités locales ont interdit le meeting de jeudi au stade Oukil Ramdane, occupé à l’occasion par des dizaines de policiers, et que devaient animer Djeddaï, Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et le général à la retraite Benyellès. Ils se sont adressés à quelques dizaines de citoyens devant le siège de la Fédération du FFS de Tizi Ouzou. Leur venue en Kabylie se veut «une marque de solidarité» envers les jeunes, qui «sont en train d’écrire l’histoire». Tout en dénonçant l’interdiction de leur meeting, ils ont tenu à rappeler «l’inutilité des prochaines élections qui n’apporteront rien de positif au pays». Devant l’assistance, constituée principalement d’élus et de militants du FFS, seul Djeddaï a évoqué la marche des archs réprimée le matin même, après que les présents lui eurent chuchoté «la marche, la marche». Les quatre personnalités, signataires de l’appel à la dissidence électorale, ont rencontré les journalistes pour expliquer le but de leur déplacement à Tizi Ouzou, l’objectif de leur démarche et tenter de convaincre sur leur soutien au mouvement citoyen. Pour Djeddaï, cet appui ne souffre d’aucune arrière-pensée, et le meeting a été décidé avant que la CADC n’annonce la marche et la grève générale.

 

 

   
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