Les élus du FFS de Béjaïa rejettent les réquisitions du wali

Par M. Slimani, El Watan, 20 mai 2002

À l’issue d’une réunion extraordinaire, tenue hier à Béjaïa, les présidents d’APC issus du FFS au niveau de la wilaya ont confirmé leur désengagement vis-à-vis des opérations électorales.

La rencontre présidée par M. Ikhlef Bouiche, secrétaire national chargé des élus, a été convoquée au lendemain des réquisitions adressées par le premier responsable de la wilaya aux édiles locaux ayant déjà signifié, par écrit, leur refus de fonctionner dans la logique électorale (voir notre édition d’hier). Dans son courrier le wali de Béjaïa avait fait référence aux textes (Code pénal, loi organique portant régime électoral) pour enjoindre aux P/APC de prendre en charge les tâches qui leur sont dévolues en pareille occurrence. Lors d’une conférence de presse organisée dans l’après-midi, le contenu écrit de la réponse des élus au wali a été rendu public. Le texte, qui sera reproduit individuellement par chacun des P/APC concernés, est suivi d’une annexe qui devra porter les signatures de ses pairs du parti au niveau de la wilaya. L’argumentaire développé réitère d’abord la position des élus et de leur formation politique vis-à-vis du scrutin du 30 mai. «Il (le scrutin) représente un grave danger pour la sécurité et l’ordre public.»
Aussi a-t-on tenu à réaffirmer que l’attitude adoptée en l’occurrence est «purement politique». «Que chacun assume ses responsabilités devant l’histoire. Quant à nous, nous assumons pleinement les nôtres. Si nous devions répondre, un jour devant la justice de notre pays, (…) nous aurions du moins la conscience tranquille de ne pas avoir à répondre, comme cela pourrait être le cas pour certains, devant le TPI de l’accusation de crime contre un peuple en détresse», est-il encore contenu dans le document qui, comme on le voit, dépasse le strict cadre de celui de la missive administrative. Les élus terminent leur texte en affirmant qu’ils demeureront «légalistes». L’on précisera cependant qu’être légaliste «c’est aussi savoir dire non quand nous sommes persuadés
qu’un processus représente un risque pour l’unité nationale». «Considérant que persister dans la démarche actuelle du pouvoir constitue une négation du droit à l’autodétermination du peuple algérien, nous nous réservons le droit, en tant qu’élus légitimes, de saisir les institutions compétentes en la matière», conclut le document.


   
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