Les candidats à la députation sur le terrain

Benflis contre une autre période de transition

Ali Benflis, secrétaire général du FLN, a appelé jeudi, à partir de Ouargla, à une campagne électorale «propre, sans insultes ni extrémisme» pour les législatives du 30 mai.

Par Fayçal Métaoui, El Watan, 11 mai 2002

La participation à ce scrutin est, pour lui, un devoir. «Ceux qui ont appelé à la non-tenue des législatives, qu’ont-ils proposé en alternative ?», s’est-il interrogé, lors d’un meeting à la Salle des sports de la ville. L’annulation du vote équivaut, à ses yeux, à un vide constitutionnel, à un saut dans l’inconnu et à l’impasse. «Au FLN, on ne veut pas aller à une nouvelle période de transition. Nous respectons le point de vue de ceux qui ne veulent pas participer aux législatives. Mais il faut qu’il y ait continuité de l’État, c’est pour cela que les élections doivent avoir lieu», a-t-il ajouté. Selon lui, le FLN se trouve là où réside «l’intérêt supérieur de l’État». Le parti n’acceptera aucune voix de plus que celles «qui lui seront données par le peuple». Manière de rejeter tout recours à la fraude. «Nous voulons savoir combien nous pesons sur la scène», a-t-il appuyé. Benflis a expliqué la nouvelle vision qu’il veut imprégner au FLN. «Le FLN est un parti centriste. Ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche. Nous voulons être un cadre de rassemblement», a-t-il précisé. Le parti sera, selon lui, plus fort à l’avenir, s'il donne plus de place aux jeunes, aux femmes et aux intellectuels. Il a détaillé ensuite les douze points contenus dans le carnet électoral du parti pour les législatives inscrit sous le slogan : «Nous nous engageons» (akadna el azm) et «Oui à une Algérie prospère, moderne et solidaire». En tête, arrivent la nécessité d’«ouvrir de vraies perspectives aux jeunes» et de «promouvoir une politique novatrice d’emploi». Les présents dans la salle répliquaient aux cris de : «Ya chabab dirou hala». Dans la foulée Benflis a rendu hommage au club sportif de Beni Thour qui est arrivé à s’imposer dans le gotha footballistique national. Benflis a évoqué ensuite la nécessité de porter plus d’intérêt à l’agriculture, à l’eau, à l’environnement, à l’éducation et à la santé. «Il faut réformer le système éducatif et aller de l’avant, vers l’avenir», a-t-il insisté. Parlant des candidats, il a déclaré que le choix s’est fait, après des semaines d’études, sur les prétendants qui ont «la main et la poche propres». Lors des rencontres avec les notables des Mkhadma et des Saad El Otba, d’où est natif la tête de liste, Mohamed Saf, Benflis a déclaré que le FLN appuiera toujours «le pluralisme politique» et a ajouté : «Il n’est pas question de revenir au parti unique.» Benflis a fait le tour des zaouias de la région de Ouargla : Sidi Belkheir à Chott, Sidi Bel Abbès à Beni Thour, Sidi Mbarek Saïm et El Kadiria à Rouissat. Hama Bahi, le cheikh des Kadiria, a annoncé qu’«instruction» a été donnée aux fidèles pour voter en faveur du FLN. A chaque halte, une «fatiha» est récitée. La même journée, Benflis a visité Zelfana (à 130 km de Ouargla), premier arrêt dans la wilaya de Ghardaïa. Lors d’un meeting à la Salle des sports de Ghradaïa, le SG du FLN a plaidé pour «une Algérie unie et unifiée». Son parti a réussi la prouesse de réunir malékites et ibadites dans la même liste électorale. Cela ne s’est pas fait, semble-t-il, depuis longtemps. On dit ici qu’il s’agit presque d’«un miracle». Benflis a estimé que l’État doit œuvrer à «enrichir et approfondir» les recherches sur le rite ibadite. Ceci a suscité des applaudissements dans la salle. Benflis s’est étalé sur «les spécificités» de la région du M’zab : «Chaâmba, Beni M’zab, malékites, ibadites vivent en harmonie et en donnent l’exemple», a-t-il observé. Benflis sera aujourd’hui à Tlemcen, Aïn Témouchent et Sidi Bel Abbès où il animera des meetings. Cette semaine, il se déplacera notamment à Jijel, Souk Ahras, Tébessa, Annaba et Skikda.

 

   
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