Une campagne électorale inédite à Bouira

La population réclame des comptes

Le Jeune Indépendant, 14 mai 2002

Alors que la campagne électorale entame son sixième jour, les candidats en lice semblent de plus en plus privilégier la campagne et surtout les villages à faible population. Cela afin d’éviter le face-à-face avec les citadins qui sont plus «politisés» que les villageois, estiment certains candidats.

Cependant, cette idée préconçue s’est avérée fausse et M. Noui, tête de liste RND, a eu à le vérifier lui-même.

En effet, ce candidat, qui brigue un deuxième mandat, a été bien ménagé par les citoyens de la localité de Bordj-Akris située au sud de la wilaya de Bouira. Les citoyens, venus assister à son meeting, ont préféré demander des comptes à M. Noui au sujet de ses promesses de 1997, avant qu’il ne prenne la parole.

Désarçonné, le candidat du RND lance à la foule en guise de réponse : «Mon siège à l’APN est assuré même si vous ne votez pas», avant de quitter la salle, entouré de ses gardes du corps.

Quant au candidat tête de liste du parti d’Adami, il a voulu que sa première sortie sur le terrain soit devancée par un point de presse. Abordant la crise de Kabylie et le problème des délégués et des manifestants arrêtés par les services de sécurité les 26 et 27 mars derniers, M. Moulaï, universitaire de formation, dira : «L’affaire des détenus est une affaire politique, et l’arrestation de ces manifestants est un dépassement grave.»

Pour trouver une issue à cette crise, le conférencier a rappelé que son parti a demandé le report des élections afin de trouver une solution juste et durable.

Par ailleurs, dans la ville de Lakhdaria, des militants du RND, dont la candidature n’a pas était retenue, mènent depuis quelques jours une contre-campagne contre les candidats de leur parti, allant jusqu’à déchirer leurs affiches.

En attendant les meetings à Bouira des premiers responsables du FLN et du RND, annoncés pour la semaine prochaine, le leader du MRN, M. Djaballah Abdallah, animera son meeting aujourd’hui à la salle Erich à 11h00. Arrivera-t-il à briser le «tabou» et à déblayer le chemin pour les autres chefs de parti ? M. O.


   
www.algeria-watch.org