Campagne électorale

Les chefs de parti «boudent» Alger

Par Hamidou B., Le Jeune Indépendant, 15 mai 2002

Alger est-elle «maudite» par les chefs de partis politiques engagés dans les élections du 30 mai prochain ou est-ce une stratégie élaborée par les états-majors de ces partis, préférant garder la capitale pour les derniers jours de la campagne électorale ? Depuis le coup d’envoi de cette campagne, les leaders des partis politiques ont sillonné les villes et villages de l’intérieur du pays, préférant la politique de proximité pour «vendre» à bon prix l’image de marque du parti et des listes des candidats à la députation. La capitale, censée être le baromètre du poids réel de chaque parti, est restée plutôt marquée par cette absence de plusieurs chefs de parti, donnant ainsi l’image d’une capitale pas encore à l’heure des législatives. C’est l’indifférence des uns et des autres. Les Algérois donnent d’ailleurs l’impression que ces élections ne les concernent ni de près ni de loin. Ils ont d’autres préoccupations pour «meubler» leur journée ordinaire. Un citoyen résumera cet état d’esprit : «Je ne vote pas pour un député qui touchera 23 millions de centimes alors que moi je n’ai même pas le SMIG.» Cet autre citoyen dira : «Je ne vote pas pour des gens qui nous feront du mal, une fois députés.» Il est certainement difficile pour ces partis dans cette conjoncture particulière de faire le plein dans les salles.

Certains partis ont déjà «goûté» à cette frustration. Le président du MRN, Abdallah Djaballah, s’est retrouvé, il y a quelque temps, au milieu d’une «grappe» de personnes venues écouter les explications et les vertus de son parti.

Mahfoudh Nahnah du MSP, qui a préféré passer par Bab El-Oued et la Casbah (Alger) pour «convaincre», a certainement compris toute la lassitude des Algérois et leur allergie à ces élections. L’accueil qui lui a été réservé nous révèle beaucoup d’enseignements sur l’état d’esprit qui règne dans cette «effervescence» des législatives. Cela explique peut-être le choix des chefs de parti de «fuir» Alger pour d’autres cieux plus cléments.

C’est ainsi que les wilayas de l’est, du sud et de l’ouest du pays ont enregistré la visite des leaders des partis politiques. Il faut aussi noter que plusieurs ministres du gouvernement de Benflis sont en tournée dans ces régions. Le secrétaire général du parti du Front de libération nationale a entamé la campagne électorale de son parti par une virée au sud du pays (Ouargla). Ahmed Ouyahia, le patron du RND, a donné le coup de starter de cette campagne à partir de Bordj Bou Arreridj. La virée algéroise aura-t-elle lieu lors des derniers jours de la clôture de la campagne électorale ? H. B.

 

 

 

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