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Ben Yellès répond à Bouteflika Nadir Benseba, Le Matin, 29 mai 2002 «La
France (officielle) a approché des personnalités politiques
et des responsables de partis politiques qui sont contre la tenue du scrutin
législatif pour qu'ils revoient leur position et aille participer
au vote. » M. Ben Yellès, général à
la retraite et auteur de cette déclaration est visiblement outré.
La question que vient de lui poser un journaliste à propos des
accusations lancées la veille par le Président Bouteflika
contre les partisans du rejet des élections l'a fait sortir de
ses gonds. « Qui bénéficie réellement de l'appui
des forces étrangères ? C'est nous ou c'est lui ? La preuve
est là », fulmine-t-il. C'est le moment fort de la conférence
de presse qu'il a animée, hier, conjointement avec M. Ahmed Taleb
El Ibrahimi, ex-candidat à la présidentielle, M. Hocine
Aït Ahmed, président du Front des forces socialistes (FFS),
représenté par M. Djeddaï, et M. Ali Yahia Abdenour,
président de la Ligue algérienne de défense des droits
de l'Homme (LADDH). M. Ben Yellès ne s'arrêtera pas là.
Il informe l'assistance que le Quai d'Orsay a fait récemment des
déclarations en faveur des élections. « De quoi je
me mêle ? », interroge-t-il. M. Ben Yellès continue
de décocher d'autres flèches à l'encontre du premier
magistrat du pays : « Contrairement à M. Bouteflika, je n'ai
jamais été payé par un Etat étranger et puis
ce n'était pas ma personne qui était entre le lac Léman
et le golfe Persique pendant vingt ans. » La sortie publique des
quatre personnalités politiques n'était pas avare en révélations.
M. Ahmed Djeddaï prend le relais et affirme que des véhicules
de transport en commun ont été réquisitionnés
pour transporter d'éventuels électeurs en Kabylie. «
Les informations que nous avons eues font état de plusieurs véhicules
escortés par des Nissan en direction de Tizi Ouzou. Les militants,
quant à eux, parlent de plus d'une centaine de bus réquisitionnés
la veille pour la circonstance. Pourquoi a-t-on opté pour un tel
procédé ? « C'est pour garantir les 5 % d'électeurs
qui valideront le scrutin en Kabylie et une occasion pour montrer des
images de faux électeurs en train de voter », relèvent-ils.
« L'interdiction de la présence de la presse étrangère
ne répond-elle pas, entre autres, à cette logique ? »,
se demande encore M. Djeddaï. Pour lui, la désaffection record
qui sera enregistrée au terme de cette consultation fait peur au
Pouvoir. A défaut de civils qui se rendront aux urnes, «
les législatives de cette année auront au moins le mérite
de révéler le degré de militarisation de la société
dans le centre du pays », relève M. Djeddaï. Ce qui
l'amène à affirmer que « le taux de participation
sera le plus faible de l'histoire du pays ». Et M. Ahmed Taleb de
le relayer : « Les quotas sont déjà répartis
car, en Algérie, on connaît déjà la configuration
de la prochaine Assemblée. Le ministre de l'Intérieur qui
parle de 60 % de participation, ce qui est l'équivalent des 96
% en Tunisie, exprime les 40 % donnés en haut lieu au FLN et 30
% pour le RND », dit-il à l'envoyé spécial
d'un quotidien espagnol. A la question de savoir quelles seront les actions
qu'entreprendra le groupe des quatre après le 30 mai, M. Ben Yellès
dira : « Nous n'avons pas la prétention de susciter la révolution,
mais simplement de s'exprimer en tant que conscience et dénoncer
les dérives du Pouvoir. » |
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www.algeria-watch.org
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