Pour 32 sièges au Palais Zighout Youcef

La bataille d’Alger aura-t-elle lieu ?

B. Samir, Quotidien d'Oran, 23 mai 2002

La campagne électorale entame son dernier virage et rien n’indique, pour le moment, que la capitale du pays soit réglée à l’heure des législatives.

Il faut attendre, peut-être, le débarquement des ténors politiques, occupés ces derniers jours par la sensibilisation de leurs troupes dans cette grande Algérie profonde, pour espérer le «ralliement» d’Alger à cette campagne électorale. Mission difficile pour ces formations politiques, engagées dans la course à la députation, dans une ville que l’on présente d’ores et déjà comme la «mieux placée» pour figurer dans les premières loges des agglomérations boudeuses du rendez-vous électoral du 30 mai prochain.

Il faut dire que les annulations des meetings se sont succédées, ces derniers jours, dans la capitale pour cause d’absence de citoyens, donnant, ainsi, un signe avant-coureur sur les intentions «boycotteuses» des Algérois. Il est vrai que, jusqu’à maintenant, ce ne sont que les têtes de listes des partis qui ont tenté de drainer, sans succès, les foules, ce qui explique, a priori, cette indifférence. Mais quand on voit le MRN de Djaballah, classé dans le compartiment des «grosses cylindrées», annuler un meeting que devait animer pourtant son chef à Bologhine, l’on ne peut, dès lors, s’autoriser à dire que la bataille d’Alger n’aura pas vraiment lieu et ce ne sont pas, estime-t-on, les meetings au finish attendus de Ouyahia, Benflis et Nahnah, qui pourront inverser cette tendance boudeuse des Algérois.

Une tendance qui, dit-on, est «confortée» par les choix «extra-algérois» des têtes de listes choisies par une bonne partie des partis en lice. L’on retrouve, par exemple, un Sétifien comme locomotive du RND à Alger et un Bougiote en tête de la liste du FLN. Il faut dire que cette «importation» de candidats est propre à la ville d’Alger, contrairement aux autres régions du pays, où l’on accorde les premières loges plutôt aux enfants du terroir.

En tout état de cause, l’escale algéroise est plus qu’importante pour les partis en lice, puisque pas moins de 32 sièges au Palais Zighout sont en jeu. La liste du FLN sera conduite par le ministre de la Formation professionnelle, Karim Younès, celle du RND par l’ex-ministre de l’Economie, Abdelkrim Harchaoui, alors que le MSP a choisi l’ex-ministre du Tourisme, Bengrina, pour conduire la liste du parti à Alger. Louisa Hanoune conduira celle du PT. Autant dire que la bataille d’Alger se résumera à une bataille entre ministres et ténors politiques.

 

   
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