Algérie: majorité absolue pour le FLN aux législatives

 

AFP, 31 mai 2002

Le Front de Libération Nationale (FLN, ex-parti unique) a obtenu la majorité absolue avec 199 sièges sur 389 à la nouvelle assemblée nationale élue jeudi en Algérie, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni. L'ancien parti unique devance le Rassemblement National Démocratique (RND) qui décroche 43 sièges. Il est suivi des islamistes du Mouvement de la Réforme Nationale (MRN) d'Abdallah Djaballah avec 43 sièges, et du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP, ex-Hamas) de Maffoud Nahnah avec 38 sièges. Viennent ensuite des indépendants avec 29 sièges, les trotskystes du Parti des Travailleurs de Louisa Hanoune avec 21 sièges. Par ailleurs, le taux de participation aux législatives de jeudi en Algérie, s'est établi à 46,09%, a-t-on annoncé officiellement vendredi. Ce taux est le plus faible dans des élections en Algérie depuis l'indépendance du pays en 1962. Il comprend les électeurs algériens expatriés. Aux législatives de 1997, la participation avait été de 65,49%. La participation la plus faible a été enregistrée en Kabylie (est d'Alger) en raison du boycottage du scrutin auquel avaient appelé les âarchs (tribus kabyles), fer de lance de la contestation dans cette région. Dans la région de Tizi Ouzou (Grande Kabylie, 110 km à l'est d'Alger), le taux de participation est de 1,84%, dans celle de Béjaïa, il s'est établi à 2,62%. Les élections ont été endeuillées en Kabylie où une personne a été tuée et trois blessées, tandis qu'ailleurs, le scrutin s'est déroulé dans le calme. Des affrontements ont émaillé le scrutin dans les wilayate de Tizi Ouzou (Grande Kabylie, 110 km à l'est d'Alger) et Béjaïa (Petite Kabylie, 260 km à l'est), faisant un mort et trois blessés, selon le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni. Dans ces régions, 705 bureaux sur 880 ont été fermés à Tizi Ouzou, et 455 sur 488 à Béjaïa, en raison d'attaques de bureaux de vote aux "cocktails molotov et à l'arme blanche par des émeutiers. Les âarchs (tribus kabyles) avaient appelé, depuis plusieurs semaines, au rejet de ces élections qualifiées de "mascarade électorale" et affirmé qu'ils emploieraient "tous les moyens" pour les empêcher en raison de la non satisfaction, selon eux, de leurs principales revendications culturelles et sociales. En revanche, dans le reste du pays, le vote s'est déroulé dans le calme malgré la crainte d'attentats islamistes. Un nouveau massacre a, en effet, fait 23 morts, dans la nuit précédant le scrutin, près de Chlef (200 km à l'ouest d'Alger). Dans la capitale, comme il est de tradition, les électeurs n'ont pas été nombreux à voter avec environ 30% de participants. A Alger, où régnait, toutefois, une atmosphère bon enfant, les principaux dirigeants de l'Etat, dont le président Abdelaziz Bouteflika, ont accompli leur devoir électoral. Les quelque 18 millions d'électeurs, dont plus de 850.000 à l'étranger, étaient appelés à élire 389 députés au scrutin proportionnel de liste par wilaya, dont une trentaine pour la Kabylie.

   
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