POUR... aurait du s'intituler contre !

Farouk Chabbi, psychologue, Orléans, 24. 12. 1999

Parmi les effets pervers de la lutte des clans au sommet de l'Etat algérien, c'est-à-dire au sein des décideurs militaires, on trouve la variété de leur expression par le canal d'une presse vite qualifiée de démocrate et de courageuse. Les désaccords au sein du pouvoir se règlent parfois publiquement par presse interposée. Ainsi les lecteurs ont, de temps à autre, des bribes de vérité, lancées dans le public dans le cadre de règlement de comptes occultes. Des articles partiellement objectifs mais à motivation subjective inavouable font forcément diversion lorsqu'on est lecteur, de bonne foi, et lorsqu'on est loin de la population. Ces articles sont publiés à bon escient et sur commande. Mais entre temps le génocide des ennemis irréductibles des décideurs continue, car sur ce point il y a unanimité et pas de risque de désaccord. Ces ennemis sont assimilés au terroriste, une catégorie dépersonnalisée par la presse « démocrate » pour faciliter le crime de masse.

Et cette presse continue sa tache d'obscurantisme en assimilant FIS et GIA alors même que mille preuves ont été rapportées que rien ne les rapproche, bien au contraire. Ainsi, le FIS n'a pas droit à l'expression et des « démocrates » trouvent cela tout à fait normal. Comme c'est également normal d'ignorer toute victime qui ne recevrait pas la bénédiction des prêtres « démocrates », une victime de l'autre camp cela ne compte pas.

La presse auto proclamée « démocratique » consacre donc le choix des décideurs et le légitime. Elle participe tout naturellement à l'effet d'anesthésie et s'engage dans la propagande du tout sécuritaire ; ce n'est pas surprenant qu'elle s'oppose à toute enquête crédible sous de fallacieux prétextes : souveraineté, lutte anti terroriste etc. Ainsi, la neutralité ostentatoire de « Pour » qui ne dit rien quant au fond de l'Appel, en critique les attendus ; elle cache une adhésion et camoufle, sous l'étiquette de la démocratie, la pire des politiques de l'éradication d'une partie de la population civile.

 

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