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L'hécatombe se poursuit dans l'horreur et le silence L'insécurité interpelle les pouvoirs publics Depuis des mois, des dizaines de citoyens ont été assassinés dans différentes régions du centre du pays, alors que l'espoir suscité par la démarche de la concorde civile semble s'éroder chaque jour davantage Abdelkrim Ghezali, La Tribune 19 décembre 1999 Les terroristes semblent pouvoir frapper dans les zones isolées, avec une facilité déconcertante. Depuis quelques mois, des dizaines de citoyens ont été massacrés dans l'anonymat et l'indifférence. Le crime et l'horreur se banalisent au moment où les victimes de la barbarie avaient nourri, au même titre que la majorité des citoyens, un immense espoir de voir la paix et la sécurité se rétablir. Les massacres et les crimes menacent, au-delà de la vie des Algériens sans défense, la dynamique de concorde civile dont la formulation et les limites politiques ne font pas l'unanimité au sein de la classe politique. D'ailleurs, les nouveaux clivages du champ politique s'articulent autour de deux grands pôles politiques regroupant, chacun, les adeptes et les détracteurs de la démarche actuelle.Le fragile consensus établi de facto autour du nécessaire rétablissement de la paix civile, est, lui aussi, menacé par la violence qui sévit ces derniers mois, notamment après le référendum du 16 septembre. A ce titre, les pouvoirs publics sont interpellés afin d'agir pour préserver l'intégrité physique et les biens des citoyens qui se trouvent dans la ligne de front avec les terroristes. Les marges de manouvre de ces hordes criminelles sont certes, limitées dans l'espace, mais chaque victime qui tombe sous leurs coups est un coup porté à la cohésion de la nation et à l'espoir suscité par l'élan populaire en faveur de la paix et de la réconciliation nationale.Le délai de grâce accordé au groupe armé pour se rendre et dont l'échéance prend fin le 13 janvier 2000, n'a pas de sens dans la mesure où les trêvistes sont en trêve et commencent, depuis vendredi dernier, à rentrer chez eux, alors que les irréductibles n'ont jamais cessé de s'en prendre aux citoyens et n'ont jamais caché leur mépris pour les démarches entreprises par l'Etat. La situation qui prévaut sur le plan sécuritaire commence à inquiéter sérieusement citoyens et classe politique. Parallèlement aux appels pour la révision de la démarche de réconciliation en cours, un groupe d'intellectuels algériens vivant en France a lancé un appel «pour une commission d'enquête nationale et internationale en Algérie». Pour les signataires de cet appel, «les assassinats politiques et les meurtres collectifs ont repris de plus belle en Algérie, ruinant les maigres espoirs de paix suscités par l'élection de A. Bouteflika». Ces intellectuels dont Addi, Harbi, Bencheikh, Tassadit Yassine... estiment que «les autorités qui ont montré leur incapacité à mener des enquêtes crédibles et leur défaillance à assurer la sécurité des citoyens doivent accepter qu'''une commission d'enquête indépendante soit mise sous l'égide de l'ONU dans les délais les plus brefs''». Pour ce groupe d'intellectuels, «la présence d'une commission d'enquête nationale et internationale renforcerait la police et la justice dans leur tâche d'arrêter et de juger des criminels bénéficiant à l'évidence de complicité à déterminer à quelque niveau que ce soit de l'Etat». De son côté, Aït Ahmed attire l'attention sur la dégradation de la situation sécuritaire et appelle les autorités à assumer leurs responsabilités face aux risques qui guettent le pays.
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www.algeria-watch.org
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