Dans le débat actuel autour de "la sale guerre" des intellectuels algériens expriment leur soutien inconditionnel à l'armée algérienne et versent dans la diffamation des signataires de l'appel revendiquant une commission d'enquête sur les massacres en Algérie en les assimilant à ceux qui posent des bombes et commettent des attentats, et dans la foulée... à ceux qu'ils qualifient d'"infra-humains"!

 

Appel des intellectuels algériens

« Contre la confusion et le défaitisme »

Nous, intellectuels nationaux, producteurs et
reproducteurs de culture et de sciences, qui avons
l'Algérie au cour parce qu'elle est notre seule
patrie et que nous entendons que nos enfants y vivent
libres et en sécurité dans une société pluraliste :
r Condamnons de manière intransigeante les appels
lancés depuis Paris par des intellectuels européens
et algériens, visant à entretenir le doute et la
confusion sur ce qu'endure l'Algérie depuis dix ans.
r Rappelons que cette situation est le fait d'une
minorité d'Algériens qui, dans une conjoncture
d'affaissement du lien social, ont été saisis du
vertige insensé d'une obviation millénariste de la
transcendance islamique. Cette agression meurtrière,
ils l'ont menée, et, pour certains, la mènent encore
contre l'Etat d'abord, ensuite contre le peuple,
coupable à leurs yeux de ne pas les soutenir,
multipliant alors les attentats aveugles et les
massacres collectifs dans le but de terroriser la
population.

r Dénonçons l'imposture qui consiste à inverser les
rôles et à transformer les bourreaux en victimes,
niant par là même l'existence de deux violences
radicalement différentes : la violence terroriste
infra-humaine et la légitime défense des citoyens
exercée par les institutions de l'Etat pour assurer
l'ordre républicain et la sécurité.
r Constatons, avec tristesse et colère, les dégâts
causés dans la conscience et la pratique de certains
intellectuels européens et algériens par la nouvelle
pseudo-pensée occidentaliste, à la fois unique et
inique, dont le déferlement est une insulte aux
grands courants de pensée humanistes existant dans le
monde et notamment en Occident.
r Récusons, en l'absence de toute preuve fondée sur
les faits, la thèse, par ailleurs saugrenue, que
l'ANP serait «coupable» de massacres collectifs et
dénonçons les «inventeurs» de cette thèse pour ce
qu'ils sont : les auteurs d'un «Timisoara
intellectuel» qui vise à priver la société et l'Etat
algériens de leur victoire contre le terrorisme, en
ouvrant de nouveaux fronts qui sont autant de
nouveaux leurres.
r Saluons le courage tranquille de trente millions
d'Algériennes et d'Algériens qui ont permis la
défaite du terrorisme, tout simplement parce qu'ils
ont refusé de se laisser terroriser et piéger par la
question délétère du «qui tue qui ?».
r Soutenons, loin de toute préoccupation
politicienne, avec la plus grande fermeté et sans
aucune ambiguïté, l'action menée par nos forces
armées républicaines pour en finir avec le
terrorisme. Dans la lutte terrible qu'elles mènent
contre des infra-humains au cour glacé, nous leur
disons qu'elles ne sont pas seules et qu'elles ont le
soutien de la société et de ses intellectuels
nationaux.
r Participons de la douleur des familles des victimes
du terrorisme et demandons à l'Etat d'intensifier le
soutien qu'il leur apporte.
r Appelons l'opinion internationale à soutenir dans
la clarté notre société et notre Etat dans sa lutte
contre le terrorisme.
r Affirmons notre confiance lucide, loin de toute
ingérence et de tout renoncement à notre souveraineté
nationale, dans la possibilité d'un nouvel élan de la
société algérienne sur la base de la libération de
l'effort créateur et solidaire de toutes ses femmes
et de tous ses hommes.

- Mohamed Dib, écrivain
- Abdelkader Djeghloul, sociologue
- Fatima Beldjord, psychanaliste
- Ghalem Abdou,
directeur de la « Voix de l'Oranie »
- Sebaa Rabah, sociologue-journaliste
- Hassen Remaoun, historien
- Bouziane Ahmed Khodja, Directeur général
de «l'Echo d'Oran» et le «Monde d'aujourd'hui»
- Rachid Boudjedra, écrivain
- Mohamed Bouzid, artiste peintre
- Mahfoud Bennoune, anthropologue


11. Pierre Chaulet, professeur de médecine - 12.
Claudine Chaulet, sociologue - 13. Mohamed Bouziane,
professeur de médecine - 14. Ali Djerri, directeur
«El Khabar» - 15. Ahmed Ben Naoum, anthropologue,
université de Perpignan - 16. Menaouer Sam, historien
- 17. Fouad Soufi, conservateur en chef des archives
- 18. Ahmed Fettani, directeur du journal
«l'Expression» - 19. Othmani Senadjki, rédacteur en
chef «El Khabar» - 20. Ahmed Ben Allam, journaliste -
21. Abdelhakim Méziani, journaliste - 22. Rédha
Malek, président de l'ANR - 23. El Hachemi Chérif,
Sécrétaire général du MDS - 24. Lahcen Bourbia,
journaliste - 25. Fatima Boulil, cadre à la direction
de la culture - 26. Fatima-Zohra Delladj,
psychologue-clinicienne - 27. Noreddine Kacem, ancien
officier de l'ALN - 28. Arab Izarouken, directeur de
publication «Voix de l'Oranie» - 29. Malika Remaoun,
économiste - 30. Abdelaziz Kouti, géographe - 31.
Mohamed Kouidri, enseignant-chercheur - 32. Mohamed
Sebaa, urbaniste - 33. Moussa Benaoum, directeur
général «Raï» et «Détective» - 34. Benameur
Boukhalfa, journaliste. - 35. Boualem Hamaz,
démographe - 36. Abdellah Abdellaoui, philosophe -
37. Mohamed Miliani, linguiste - 38. Saddek Benkada,
sociologue - 39. Abdelkrim Elaidi, universitaire -
40. Zine Sebbagh, cadre - 41. Zohra Ounas, sociologue
- 42. Houari Benfodila, maquettiste - 43. Malek
Ouasti, journaliste - 44. Abdelkader Belalia,
directeur de publication «l'Echo d'Oran» - 45. Hocine
Mezali, directeur de publication «le Monde
Aujourd'hui» - 46. Oum El Kheir Mahmoudi, directrice
de crèche - 47. Leila Tenci, philosophe - 48.
Abdelkader Bouteldja, enseignant - 49. Habib Boudadi,
sociologue - 50. Sid Ahmed Sahla, cadre administratif
- 51. Berrezkallah Soufi, journaliste - 52. Benamar
Ichou, cadre retraité - 53. Mohamed El Morro,
directeur bureau d'étude - 54. Chaâ Benchachoua, chef
de service CRASC - 55. Zoubida Benmansour,
documentaliste CRASC - 56. Samira Chikhaoui,
étudiante - 57. Fatima-Nabila Moussaoui, étudiante -
58. Ibtissam Remini, étudiante - 59. Farid
Benramdane, linguiste - 60. Mohamed-Nourine Benammar,
journaliste - 61. El Hadi Haddadou, journaliste - 62.
Abdelkrim Aouari, journaliste - 63. Abdelkader
Arrouche, journaliste - 64. Karim Bennacef,
journaliste - 65. Rafik Cherrak, informaticien - 66.
Hocine Delmi, enseignant retraité - 67. Hocine
Ournidi, journaliste - 68. Habiba Ghrib, journaliste
- 69. Hafida Benarmas, journaliste - 70. Abdelhak
Abdeslam, journaliste - 71. Samir Ould Ali,
journaliste - 72. Belkacem Taleb, cadre retraité -
73. Rudy Bekhechi, enseignant retraité - 74. Assia
Benfréha Boudadi, agent de saisie - 75. Salah Eddine
Remil, journaliste - 76. Abdelkader Zeggaï,
journaliste - 77. Rafik Kilou, programmeur - 78.
Noureddine Benfreha, journaliste - 79. Moustéfa
Mammeri, membre fondateur - 80. de l'association
nationale des zaouia. - 81. Zoubida Senouci,
Universitaire - 82. Soumicha Derras, citoyenne - 83.
Djillali Mohamedi, cadre - 84. Mohamed Benguesmia
Chadly, cadre retraité - 85. Abdelkader Ould Kadi,
cadre retraité - 86. Réda Malik Djabeur, Avocat - 87.
Faïza Remaoun, étudiante - 88. Sabrina Bousouadji,
cadre commercial - 89. Nassima Kaddour Brahim,
étudiante - 90. Sabrina Kaddour Brahim, étudiante -
91. Sidi Mohamed Benghabrit, chirurgien dentiste -
92. Malika Hamdi, médecin - 93. Zahia Bakhtaoui,
citoyenne - 94. Halim Miloud Araou, journaliste - 95.
Rachid Roukbi, professeur - 96. Ahmed Amine Dellaï,
sociologue - 97. Noria Remaoun, universitaire - 98.
Azeddine Benyakoub, journaliste - 99. Mohamed Abbou
Jebar, ancien directeur général BDL - 100. Belgacem
Ghodbane, journaliste - 101. Nadia Hanafi,
journaliste - 102. Abdelkader Tiouti, musicien - 103.
Cheikh Bendada, médecin - 104. Mohamed El Ouad,
médecin - 105. Mohamed Benabdelhakem, ingénieur -
106. Assia Benyacoub, ingénieur - 107. Benamar
Zine,sociologue - 108. Lilia Ghodbane, professeur -
109. Hachoura Bendada, proviseur - 110. Abdelaziz
Didane, réalisateur - 111. Mustapha Bendehina,
journaliste - 112. Abdelkader Hamidi, journaliste -
113. Djamel Sebbagh, économiste - 114. Idir Sadou,
cadre - 115. Said Kateb, cadre - 116. Amokrane Ait
Larbi, sénateur - 117. Moulay Chentouf, secrétaire
général de l'UNEP - 118. Belahcen Bouchentouf, cadre
- 119. Kouider Métair, ingénieur - 120. Rchid
Moussaoui, PDG d'entreprise - 121. Ahmed Kerroumi,
philosophe - 122. Mohamed Berrezigua, cadre - 123.
Chamil Boutaleb, médecin - 124. Noureddine Bouregba,
médecin - 125. Miloud Kesseiri, médecin - 126. Zohir
Benammar, cadre santé - 127. Mohamed Chernaoui, cadre
retraité - 128. Mohamed Bakhtaoui, sociologue - 129.
Omar Derras, sociologue - 130. Hamana Boukhari,
philosophe - 131. Abdel'alim Médjaoui, écrivain -
132. Nawal Messoussa, secrétaire de rédaction - 133.
Djamila Abboura, chirurgienne dentiste - 134. Mohamed
Ramdane Ait Ali, syndicaliste - 135. Mohamed
Benhadar, journaliste - 136. Ahcène Ait Saidi,
journaliste - 137. Kamel Bounagua, président
d'association - 138. Mustapha Rebàa, Vice P/APC -
139. Lakhdar Achoui, SG SNAPAP Tlemcen - 140. Sid
Ahmed Boussaleh, Professeur de Médecine - 141.
Abdelaziz Habchi, Journaliste - 142. Moussa
Benmeddah, Journaliste - 143. Omar Tefili,
Journaliste - 144. Hacen Belaïd, TS Santé - 145.
Ammaria Ziani, Cadre d'entreprise - 146. Nasser
Mouzaoui, journaliste - 147. Hakim Outoudert,
journaliste - 148. Said Boucetta, journaliste - 149.
Mustapha Ait Mouhoub, journaliste - 150. Khélifi
Rabah, journaliste - 151. Larbi Zouak, journaliste -
152. Abdelaziz Boubakeur, rédacteur en chef «El
Khabar Ousbouï» - 153. Abdennasser Djabi,
universitaire - 154. Abdelkrim Hayouni, journaliste
«El Khabar Ousbouï» - 155. Zahredine Smati,
journaliste «El Khabar Ousbouï» - 156. Mohamed
Daoud, Enseignant-chercheur - 157.Orkia Abdou,
artiste peintre. - 158. Belkheir Abbou, cadre
financier - 159. Mohamed Gadira, correspondant de
presse - 160. Mohamed Koursi, journaliste - 161.
Hamza Tedjini-Bailiche, directeur général de l'ENRS -
162. Ahmida Sahraoui, architecte urbaniste - 163.
Leila Mehdaoui, psychologue - 164. Khaled Khemisti,
cadre marketing - 165. Smati Zoghbi, Président du
syndicat national des chercheurs permanents - 166.
Yamina Rahou, sociologue - 167. Ahmed Hadj Brahim,
technicien - 168. Fouzia Bouchareb, comédienne -
169. Mohamed Mir, journaliste - 170. Chahira
Bensemicha, journaliste - 171. Mustapha Boumedienne,
haut cadre des P&T - 172. Tahar Refsi, parolier -
173. Slimene Bessayeh, directeur «Hebdo Rama» - 174.
Rabie Yerdjam, fonctionnaire - 175. Zohra Drif Bitat,
ancienne condamnée à mort, avocate et sénatrice -
176. Khalida Messaoudi, députée - 177. Naama Abbas,
directrice «Horizon» - 178. Abdelkader Khomri, ancien
ministre, DG du groupe presse et communication - 179.
Habib Chawki Hamraoui, ancien ministre, DG De la
télévision algérienne - 180. Amar Azouz, ancien
ministre, éditeur - 181. Abdelwahab Djakoun,
directeur «Nouvelle République» - 182. Abdellah
Rékibi, professeur université, sénateur - 183.
Azzeddine Boukerdous, directeur «Ec-Châab» - 184.
Ahmed Boucena, universitaire, cadre ANEP - 185.
Djilali Khellas, écrivain - 186. Salah Chékirou,
écrivain - 187. Zoheir Méziane, journaliste - 188.
Hamid Bousselham, éditeur - 189. Tayeb Adda
Boudjellal, universitaire - 190. Batoule Fekkar
Lambiode, fonctionnaire internationale et présidente
d'assocaition « vivre en Islam et terres d'Europe » -
191. Bahia Tandjaoui, Professeur agrégée en
neurochirurgie - 192. Hamdane Tandjaoui, pneumologue
- 193. Khadidja Khali, présidente association
européenne des femmes musulmanes - 194. Abderrahmane
Tadjeddine, Professeur de physique, université
d'Orsay - 195. Abdelkader Khali, ingénieur - 196.
Hamoud Khali, médecin - 197. Yamina Fekkar,
psychologue - 198. Boudjemâa Haichour, chercheur
universitaire, sénateur - 199. Noreddine Merdaci,
journaliste - 200. Benyoucef Ouadia, journaliste -
201. Zoheir Mébarki, cadre - 202. Mohamed El Hadi
Ghezali, journaliste - 203. Farouk Maghraoui,
journaliste - 204. Zoubir Ferroukhi, journaliste -
205. Mouloud Benmohamed, journaliste - 206. Ahmed
Brahim Mohamed, directeur de l'information - 207.
Wassila Baliche, journaliste - 208. Amar Bourouis,
journaliste - 209. Lazhar Meratla, rédacteur en chef
adjointv210. Meriem Oubaïche, journaliste - 211.
Nawal Kadi, journaliste - 212. Malek Lalmi,
rédacteur en chef - 213. Dahlia Hamoutène,
présentatrice canal Algérie - 214. Hacène Djebbar,
journaliste - 215. Noureddine Hamraoui, journaliste
- 216. Badre-Eddine Birak, technicien - 217.
Fatima-Zohra Gouche, journaliste - 218. Nachida
Mechtout, secrétaire information - 219. Fatima
Boulemtar, chef de département ENTV - 220.
Abderrahmane Khellas, rédacteur en chef - 221. Ahmed
Beldia, chef d'édition - 222. Mohamed Mallem,
présentateur et chef d'édition - 223. Khalil Choutri,
journaliste - 224. Adel Salakdji, journaliste - 225.
Djaber Boukabès, journaliste - 226. Leïla Bouzidi,
journaliste - 227. Nassima Kirat, journaliste
rédactrice reporter - 228. Salah Merchiche,
journaliste - 229. Salima Rekhroukh, journaliste -
230. Souheïla Heraïnia, journaliste - 231. Faïza
Mostefaoui, journaliste - 232. Mohamed Bouhai,
journaliste - 233. Amel Zerrouki, journaliste - 234.
Youcef Sahraoui, journaliste - 235. Hakim Cherouane,
journaliste - 236. Baya Belkeïr, journaliste - 237.
Naziha Benkraouche, journaliste reporter - 238. Saïd
Ameur, reporter cameraman - 239. Wahiba Hawam,
rédactrice reporter - 240. Abdelhafid Chaïb,
journaliste - 241. Mohamed Boudel, chef de section -
242. Hafidh Derradji, rédacteur en chef - 243.
Karim Ouadia, journaliste Canal Algérie - 244. Rachid
El Hadi, rédacteur en chef Canal Algérie - 245.
Adlane Zerrouki, journaliste Canal Algérie - 246.
Sophia Choubane, journaliste Canal algérie - 247.
Ali Oudjanah, présentateur J.T. - 248. Yazid Aït
Mahieddine, chef d'édition Canal Algérie - 249. Adel
Sadoun, chef d'édition Canal Algérie - 250. Rabah
Madaoui, journaliste - 251. Farida Belkessam,
journaliste - 252. Ilhem Achir, journaliste - 253.
Houria Djerdjar, journaliste - 254. M'hamed Zerdouni,
journaliste - 255. Mohamed Boulerouak, journaliste -
256. Rachid Ait-Ali, Directeur du journal «
Révolution et Travail»

 

 

Riposte à la campagne lancée à l'étranger contre l'ANP

Appel des intellectuels algériens : « Nous soutenons l'Armée »

Le Matin, 22 mars 2001

La riposte à la campagne lancée par des intellectuels français, se basant sur des témoignages parus dans deux livres édités à Paris, s'organise à Alger. En plus d'une émission qui se prépare à la télévision, plusieurs intellectuels de l'Oranie ont initié un appel en direction de l'opinion nationale et internationale pour faire face à « la confusion et au défaitisme », nourris, selon eux, par une campagne menée à partir de Paris par certains intellectuels algériens et européens. Ils dénoncent à cet effet « l'imposture qui consiste à inverser les rôles et à transformer les bourreaux en victimes, niant par là même l'existence de deux violences radicalement différentes : la violence terroriste infra-humaine et la légitime défense des citoyens exercée par les institutions de l'Etat pour assurer l'ordre républicain et la sécurité ». Les signataires, dont l'écrivain Mohamed Dib, le sociologue Abdelkader Djeghloul, la psychanaliste Fatima Beldjordj et Ghalem Abdou, le directeur du journal
La Voix de l'Oranie, récusent en « l'absence de toute preuve fondée sur les faits la thèse, par ailleurs saugrenue, que l'ANP serait coupable de massacres collectifs ».
Une thèse « inventée, selon eux, par les auteurs d'un Timisoara intellectuel qui visent à priver la société et l'Etat algériens de leur victoire contre le terrorisme, en ouvrant de nouveaux fronts qui sont autant de nouveaux leurres ». Il y a lieu de rappeler que des intellectuels français ont lancé, à la veille de la visite, en février dernier, de Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères français à Alger et à l'occasion de la sortie à Paris du livre La Sale Guerre, de Habib Souadïa, un appel dans lequel ils demandent aux autorités françaises de reconsidérer leurs positions par rapport à l'Algérie, tout en exigeant une commission d'enquête internationale pour déterminer les responsabilités sur les massacres. Une requête adressée aussi à l'attention de la commission des Nations unies sur les droits de l'Homme qui examinera au début du mois d'avril prochain, à Genève, son rapport sur l'Algérie.
Cette campagne, qui se veut aussi une interpellation des tribunaux internationaux, a fait réagir les intellectuels algériens qui apportent « leur soutien, loin de toute préoccupation politicienne, à l'action menée par les forces armées républicaines pour en finir avec le terrorisme ». Tout en participant à la douleur des familles des victimes du terrorisme pour lesquelles ils exigent de l'Etat une prise en charge, ces intellectuels appellent l'opinion internationale à soutenir dans la clarté la société et l'Etat algériens dans sa lutte contre le terrorisme. Ils réaffirment également leur attachement à « la souveraineté nationale, en rejetant toute forme d'ingérence ». Mais tout long de leur texte, les signataires évitent de désigner la responsabilité du pouvoir de Bouteflika, en offrant l'impunité à des criminels islamistes avérés dans l'entretien du doute autour des auteurs de crimes en Algérie. Il serait un point du compromis autour duquel les initiateurs se sont mis d'accord.
Une chose qui renseigne sur la teneur du débat que l'ENTV et Algerian TV comptent organiser conjointement au début du mois d'avril prochain. Il est prévu à cette émission télévisée en direct deux plateaux, un à Alger et l'autre à Paris, auxquels seront conviés Jean-François Kahn, Rachid Boudjedra et Yasmina Khadra.
Youcef R.

 

 

Des intellectuels algériens contre une commission d’enquête internationale

La Tribune, Abdelkrim Ghezali, 22 mars 2001

Les travaux de la 57ème session de la commission onusienne des droits de l’Homme se sont ouverts hier à Genève. Notons que Aït Ahmed a assisté à l’ouverture de cette session, selon un communiqué du FFS. Le dossier algérien pourrait être soulevé lors de cette session, notamment par certaines ONG ayant soutenu l’appel d’intellectuels européens et algériens à une commission d’enquête internationale et ce, après la publication de la Sale guerre de Souaïdia. Réagissant à cette initiative qui a suscité des réactions diverses en Algérie et à l’étranger, des intellectuels algériens, dont le romancier et dramaturge Mohamed Dib, auteur de la célèbre trilogie : L’incendie, La Grande maison et Le Métier à tisser, et le sociologue Abdelkader Djeghloul, ont lancé un appel intitulé «Contre la confusion et le défaitisme, appel des intellectuels nationaux» dans lequel ils condamnent «de manière intransigeante les appels lancés depuis Paris par des intellectuels européens et algériens visant à entretenir le doute et la confusion sur ce qu’endure l’Algérie depuis dix ans». Le communiqué, signé par une dizaine de personnalités du monde de la culture et des sciences humaines, rappelle que la situation en Algérie est «le fait d’une minorité d’Algériens qui, dans une conjoncture d’affaiblissement du lien social, a été saisie du vertige insensé d’une obviation millénariste de la transcendance islamique». Pour ces intellectuels, il s’agit d’une agression contre l’Etat et le peuple. Ces intellectuels dénoncent «l’imposture qui consiste à inverser les rôles et à transformer les bourreaux en victimes, niant par là même l’existence de deux violences radicalement différentes : la violence terroriste infra-humaine et la légitime défense des citoyens exercée par les institutions de l’Etat pour assurer l’ordre républicain et la sécurité». Les intellectuels nationaux sont déçus par «les dégâts causés dans les consciences et la pratique de certains intellectuels européens et algériens, par la nouvelle pseudo-pensée occidentaliste unique et inique, dont le déferlement est une insulte aux grands courants de pensée humanistes existant dans le monde et notamment en Occident». Le communiqué récuse, «en l’absence de toute preuve fondée sur les faits, la thèse par ailleurs saugrenue que l’ANP serait ‘‘coupable’’ de massacres collectifs» et dénonce «les ‘‘inventeurs’’ de cette thèse pour ce qu’ils sont : les auteurs d’un ‘‘Timisoara intellectuel’’ qui vise à priver la société et l’Etat algérien de leur victoire sur le terrorisme, en ouvrant de nouveaux fronts qui sont autant de leurres». Enfin, les intellectuels signataires de l’appel saluent les Algériens qui résistent au terrorisme, soutiennent l’effort de l’ANP pour venir à bout des terroristes, participent à la douleur des victimes du terrorisme, appellent l’opinion internationale à soutenir la société et l’Etat algérien.Rappelons que le 29 mars prochain, Alger accueillera des intellectuels européens et algériens pour dénoncer l’appel à l’internalisation du dossier sécuritaire algérien.

A. G.

 

 

algeria-watch en francais 

 

 

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org