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Entre Gouvernement de majorité et d'union nationale Bouteflika veut enrôler le maximum de partis dans le nouvel exécutif Certains animateurs du groupe de Rome, à l'image du Parti des travailleurs, ont été particulièrement sollicités par la présidence de la République pour intégrer le nouvel exécutif Zine Cherfaoui, La Tribune, 23 décembre 1999 Le président Bouteflika ne comptait pas limiter la composante aux seuls partis de la coalition puisque, en plus du RCD, d'autres formations ont été conviées à prendre part au nouvel exécutif. Y compris parmi les formations du courant dit des réconciliateurs dont le principal chef de file est toujours le FFS. Les réconciliateurs qui se sont réunis depuis janvier 1995 autour du contrat de Rome et qui ont «imposé» à la conscience nationale l'idée de réconciliation nationale et d'un règlement pacifique de la crise, se sont montrés jusqu'à maintenant peu réjouis concernant les huit premiers mois d'exercice de Bouteflika. C'est particulièrement le cas du PT qui a été approché ces derniers jours par la présidence de la République. L'information qui a commencé à circuler depuis le début de semaine a été très vite confirmée par le PT, sujet sur lequel la Louisa Hanoune est revenue dans certains médias nationaux. Le PT qui demeure l'un des rares partis d'extrême gauche à s'être investis dans l'opposition politique et qui a su, ces dernières années, observer une constance certaine dans ses prises de position, a ainsi «très logiquement mais non sans courtoisie refusé l'offre du président Abdelaziz Bouteflika». Ces propos sont ceux d'un des responsables du Parti des travailleurs qui renvoie les raisons du refus de sa formation d'intégrer le nouvel exécutif à «l'évidente carence en légitimité qu'aura cette équipe». Par ailleurs, ce responsable, qui indique pour son parti que «l'ordre des priorités n'est pas de faire partie à n'importe quel prix du staff du nouveau Premier ministre, mais de trouver, dans l'urgence, des solutions aux problèmes nationaux», s'est montré convaincu que le nouvel exécutif ne répondra pas aux nombreuses attentes du peuple et de la nation. En ce sens, le responsable du PT a évoqué à titre d'exemple les retombées pour le moins néfastes de l'expérience que mène actuellement l'Algérie dans ses tentatives répétées d'intégrer le marché mondial. Le refus du Parti des travailleurs s'explique aussi politiquement dans une très large mesure. Et l'élément à l'origine de la position du PT et qui semble être en réalité l'essentiel de ce qui représente la pomme de discorde entre le pouvoir et les partis de l'opposition est celui lié aux moyens de régler la crise. Et au même titre que les autres animateurs du contrat de Rome, le PT revendique une solution politique, pacifique et globale à la crise ainsi que l'ouverture d'un dialogue politique auquel prendraient part toutes les forces politiques du pays qui rejettent la violence, avec la participation de l'ex-FIS et le pouvoir. Certaines autres formations, dont le FFS, ont même proposé l'idée d'ériger un gouvernement d'union nationale pour gérer la période de transition politique qui aurait été définie lors des discussions. Des revendications dont plusieurs termes sont restés insatisfaits si ce n'est peut-être la reconnaissance officielle du caractère éminemment politique de la crise algérienne. Le président Bouteflika qui, grâce au fait d'avoir admis que «l'arrêt du processus électoral en janvier 1992 était une forme de violence», a autorisé assurément une forme de décantation politico-sécuritaire que les partis du groupe de Rome jugent bien en deçà des efforts qui doivent être réellement accomplis pour obtenir l'arrêt de la violence et surtout la totale ouverture du champ politique. Mais au-delà des attentes du groupe qui vient de se renforcer avec la création par Ahmed Taleb Ibrahimi du parti Wafa, il est à se demander si l'offre faite par la présidence de la République au PT n'est pas assimilable simplement à une tentative de «débauchage». Une manouvre qui viserait à faire voler en éclats le groupe de St Egidio. Mais la «récupération» aussi d'un ou de plusieurs membres du groupe de Rome permettrait effectivement à Abdelaziz Bouteflika de monter son gouvernement d'union nationale. Sans avoir eu à discuter. Une prouesse en effet qui aurait été bien plus méritoire si chaque parti avait rejoint la table de son propre gré. Enfin, on aura su tout de même que le président de la République ne fait pas de la coalition gouvernementale une fin en soi.
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