CC-FIS communique 13 a propos du referendum du16.09.99

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Front Islamique du Salut Conseil de Coordination
Le 4 Joumada-II 1420h Correspondant au 13.09.1999

Le pouvoir algérien et ses satellites anciens et nouveaux convertis sont entièrement mobilisés autour de la question du référendum du 16 septembre 1999, la présentant comme la voie de sortie d'une crise et d'une guerre qui durent depuis 8 années.

Les origines de cette guerre sont soigneusement escamotées, ainsi que les parties responsables de la guerre au peuple, de leur manquement à la parole faite à ce même peuple pour le respect de ses choix. De même sont omises, et plutôt admises et cautionnées, les très graves atteintes aux droits de l'homme et leurs auteurs qui avaient repris contre les Algériens les vieilles et détestables méthodes coloniales françaises de torture abjecte, de disparitions, de massacres de populations civiles et d'exécutions extrajudiciaires.

Les corrupteurs corrompus et ultra-connus, chef des réseaux de la corruption sont épargnés alors que tombent quelques têtes, du menu fretin. La question primordiale des libertés est détournée.

L'Algérie attend autre chose que les discours populistes et les fausses solutions pour retrouver la paix et la sérénité. Elle attend une solution globale à la crise politique qui la secoue durement depuis 8 années, mais qui couvait depuis l'indépendance, depuis qu'avait été nié au peuple algérien son droit à choisir librement ses dirigeants. Elle attend une solution économique globale qui libère les énergies et éloigne les prédateurs. Elle attend une solution sociale qui passe par une véritable prise en charge des démunis, une équitable répartition des richesses et par l'assèchement des réseaux de corruption et la mise à l'écart de leurs chefs et clients

Face à cela, nous assistons à un recyclage du personnel politique des 30 années (1960 à 1988) du parti unique et du monopole outrancier. Nous entendons de manière officieuse la remise en question du multipartisme, qui est accusé de tous les maux de l'Algérie; et une nostalgie du parti unique pointe dans les discours. La lutte contre la corruption est prise comme vecteur de discours, les décisions prises en ce sens n'ayant aucune envergure face à celle de la corruption. Nous assistons aussi à une tentative de recouvrir légalement et politiquement toutes les pratiques de tortures, d'arrestations arbitraires, de disparitions, d'exécutions extrajudiciaires et des massacres, par la mise sous protection de l'État de leurs auteurs et commanditaires.

Le CCFIS met au défi le pouvoir actuel, qui dit combattre la corruption, de s'attaquer à ces "quinze" généraux qui détiennent la haute main sur les réseaux maffieux et sans lesquels rien ne se fait, et dont les rênes de l'économie noire est entre leurs mains. Le peuple algérien les connaît, le pouvoir aussi. Que le pouvoir actuel, pour montrer sa sincérité, les arrête et les juge publiquement. Car l'on a toujours assisté, aux fins de règlement de compte, à la mise à mort des petits et des anciens "collègues" exclus des conclaves ou dont la déchéance militaire et/ou politique avait sonnée.

Au lieu de tout cela, la seule solution préconisée par le pouvoir passe par le référendum. Le référendum est présenté comme la panacée à la guerre algérienne, et à son développement économique arrêté.

Il se trouve que cette solution du référendum est biaisée par plusieurs aspects.

D'abord par la nature de la question posée: la paix ou la guerre. Mais quel être humain normalement constitué préférerait-il la guerre à la paix?

Biaisée ensuite par la voie préconisée comme sortie de la guerre: une reddition sans condition des individus et des organisations, l'interdiction de tout parti porteur d'un projet sociétal islamique de voir le jour, l'interdiction aux chefs du FIS et ses cadres de toute activité politique, la désignation du Front Islamique du Salut comme responsable de la crise algérienne. C'est la fameuse "paix des braves" proposée naguère par un certain De Gaule et rejetée par le FLN. C'est l'officialisation des thèses éradicatrices et de ses projets sous le couvert des slogans de réconciliation et de concorde.

Solution biaisée ensuite par la monopolisation à outrance des moyens lourds de communication de la part du régime rappelant en cela la période d'avant 1988, la mise au silence de toute voix de l'opposition.

Biaisée enfin par la bonne vieille méthode qui consiste à entretenir l'amalgame entre le pays et ses dirigeants. En effet, la thèse des dictateurs algériens depuis 1962 repose sur le mensonge que celui qui s'attaque à eux s'attaque à l'Algérie. Et que celui qu'ils rejettent doit être rejeté de l'Algérie.

Enfin pourquoi un référendum alors que la loi est déjà mise en application, et qu'elle est déjà approuvée et mise en application par les fameuses "institutions" du régime (parlements, tribunaux) ?

Le CCFIS, tout en soulignant que la paix est un dessein et un objectif sur lequel il ne pourrait y avoir ni marchandage ni doute et pour lequel le FIS a toujours ¦uvré, réitère les conditions d'une solution globale à la crise multiforme que vit notre pays, et sans lesquelles, toute l'agitation du pouvoir ne serait que replâtrage de solutions ayant montré leurs échecs répétés.

Personne ne peut ravir au peuple algérien son droit à la revendication et l'établissement d'un projet sociétal islamique, à ses libres choix de ses dirigeants.

Il faut libérer sans conditions les Cheikhs Abassi Madani et Ali Benhadj ainsi que tous les cadres du FIS emprisonnés, tous les prisonniers politiques. Il faut réhabiliter le parti du Front Islamique du Salut dans le champ politique algérien.

Il faut décréter l'arrêt des atteintes aux droits humains, et ceci en permettant aux diverses ligues des droits de l'homme d'enquêter dans tous les lieux où se perpètrent ces ignominies et barbaries, fermer ces centres et traduire leurs responsables devant la justice.

Il faut rendre les disparus à leurs familles et faire cesser ces pratiques si bien rodées dans les services de sécurité algériens. Que ces services soient redevables devant des civils et rétablir ainsi la subordination du militaire au civil, à l'inverse de ce que vit l'Algérie depuis 1962.

Il faut initier des enquêtes crédibles par le biais de commissions indépendantes du pouvoir militaire sur les massacres commis à l'encontre des populations civiles.

Sans une solution politique d'envergure, sans l'abandon de la politique de mise sous tutelle de tout un peuple, sans la renonciation à toute volonté d'éradiquer l'autre qui est différent, sans la subordination du militaire au politique, aucun homme, aucune équipe, aucune armée ne pourront enrayer la crise dramatique que vit l'Algérie.

Pour Le CC-FIS / Le Bureau

 

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