|
|||||
|
Béjaïa Les turbulences de la CICB L'Actualité, 13 août 2002 Personne naurait pensé que les animateurs de la Coordination intercommunale de Béjaïa (CICB) seraient aussi ébranlés par la secousse interne qui règne en son sein. Certes, ce sont-là les moments les plus difficiles de la CICB depuis sa naissance. Ce mouvement citoyen a réussi en quelques mois à mobiliser la grande masse populaire qui déferlait dans les rues de la Kabylie. Celle-ci mobilisée comme un seul homme a fait face au Pouvoir, allant jusquà sacrifier 117 personnes et faisant des centaines de blessés. Le mouvement citoyen est actuellement secoué par des dissidences suite aux récentes déclarations formulées par certains délégués libérés. Ces derniers ont confirmé avoir eu des contacts avec des représentants du Pouvoir à lintérieur de la prison dEl Khemis. Parmi eux, Ali Gherbi qui na pas cessé de dire : "Des contacts ont eu lieu. C'est une chose quon ne peut pas cacher". En jetant un pavé dans la mare, Ali Gherbi sait de quoi il parle. Au même moment, ses camarades de la même cellule nient avoir eu des contacts. Ainsi Gherbi, qui a participé à toutes les actions du mouvement citoyen, veut que les choses se clarifient et tente déviter à tout prix lessoufflement du mouvement. Mais là où le bât blesse, cest lorsque le délégué utilise la première personne du pluriel (nous) pour affirmer ces dires et non la première personne du singulier (je). Selon lorateur, il nest pas le seul à avoir été contacté. Cependant, les affirmations des autres délégués sopposent aux déclarations de leur camarade de cellule. Lors des deux conclaves organisés à Mcisna et Akbou, le délégué Gherbi est resté vague dans ses déclarations laissant lénigme se dessiner et la suspicion sinstaller. Maintenant que les animateurs envisagent de poursuivre leur combat jusquà la confirmation de la satisfaction de la plate-forme dEl Kseur, ils se sont heurtés à un mur de silence avec une seule question : "Qui aurait négocié au nom du mouvement ?" Le "nous" de Gherbi constitue une véritable bombe à retardement. Certains participants au dernier conclave sont allés jusquà demander que soient sanctionnés ceux nayant pas respecté la ligne de conduite du mouvement. Pour lheure, seuls Gherbi et Oudjedi sont, aux yeux des autres délégués, les principaux concernés par ces mesures. Dailleurs, même les concernés ne veulent plus entrer dans les détails. Mais si des mesures sont prises, elles risquent débranler la confiance qui régnait autrefois au sein du mouvement. La population, elle aussi, a pris du recul face aux actions des animateurs. Les Assemblées élues qui avaient marché dans des flux des actions enregistrent ces derniers temps un désengagement vis-à-vis des Aârchs. Quant au FFS, en décidant de participer aux prochaines échéances électorales, il a pris de court le mouvement citoyen. Ainsi, en plus de trois choix incontournables, à savoir remettre de lordre dans les rangs du mouvement, dissuader le FFS de prendre part aux élections dont lengagement est irréversible et examiner les modalités à mettre en uvre pour aboutir au parachèvement et à la satisfaction de la plate-forme dEl Kseur, la CICB aura beaucoup de peine à rétablir une véritable confiance au sein des animateurs. Mustapha L. |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||