Y a-t-il une opposition en Algérie?

Ribat, 28 août 2002

Y a-t-il encore une opposition en Algérie? Après que le FIS eut été marginalisé, le jeu politique s'est considérablement réduit. Aucun parti n'a été en mesure de prendre la place du Front islamique et de combler le vide. Ni le MSP de Nahnah qui connaît un reflux ni Nahda de Adami qui disparaît de la scène ni le MNR de Djaballah qui piétine n'ont pu profiter des circonstances. Les dernières élections législatives ont démontré que le pouvoir continue de tout contrôler et d'attribuer selon son bon vouloir des sièges aux uns et aux autres. Aucun parti ne représente réellement les voix que les chiffres officiels lui attribuent. Cela est valable aussi bien pour le FLN de Benflis que le RND de Ouyahia ou le RCD de Sadi qui, malgré la dope que lui procurent les archs, est en train d'agoniser. Il faut dire que ce dernier parti utilisé jusqu'à épuisement par les services de sécurité et le pouvoir, n'a jamais fait parti de l'opposition. Le cas le plus symptomatique est indéniablement celui du FFS qui change de stratégie comme d'autres changent de chemises.

Décidément, les décisions qu'il prend ne sont compréhensibles que de lui. Elles restent obscures pour les électeurs algériens qui ne saisissent pas ce oui et non électoral d'une année à une autre voire d'un mois à un autre. Qu'est-ce qui a motivé le boycott des dernières élections législatives par le FFS qui s'apprête à participer aux élections locales? Honnêtement, les arguments que les responsables du parti, Aît Ahmed en tête, ont avancés ne sont point convaincants. Ne pas laisser les communes au pouvoir nous paraît relever du gag. Il n'est pas sérieux également de dire que la gestion des communes kabyles par le FFS ne peut être que profitable aux citoyens, sachant pertinemment que les autorités municipales ne disposent d'aucune prérogative qui lui permet de résoudre les problèmes quotidiens rencontrés par la population.

Le vrai pouvoir local est entre les mains du wali ou du chef de Daïra, certainement pas entre celles du président de l'Assemblée populaire communale qui n'a aucune autorité dans sa propre commune. Le FFS surprend par sa politique en dents de scie et ses écarts plus ou moins grands. Il fustige le pouvoir, radicalise ses positions, jette la pierre à tous ceux qui dialoguent, puis il renverse du tout au tout le jeu, change à 180%. C'est ce qui se produit en ce moment. Alors que le parti de Aït Ahmed avait durci ses positions à l'égard du pouvoir, le voilà aujourd'hui allié de celui-ci, lui sauve même la mise concernant les prochaines élections en Kabylie qui semble s'engager vers la voie de l'abstention. Qu'est-ce que le pouvoir a promis au FFS ? Sinon, pourquoi Aït Ahmed qui a toujours fait croire que sa sécurité ne pouvait être assurée en Algérie a déjà annoncé son retour au pays dans les prochains jours ?

   
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