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Des partis en apesanteur Par Abdou B., Le Quotidien d'Oran, 26 septembre 2002
Suis-moi: tu me serviras.
Si tu ne me déplais pas davantage après dîner, je
ne te renverrai pas de sitôt... Le dîner ! Holà ! Le
dîner ! Où est mon drôle ! Mon fou ? Quon aille
chercher mon fou ! Il faut se lavouer, la campagne électorale, qui se déroule dans une réelle cacophonie, témoigne néanmoins de la pertinence et des préoccupations de chaque formation politique. Ou des dérives anti-démocratiques pour lesquelles la haute et la basse Kabylie savèrent être des laboratoires pour toutes les officines et les courants politiques en mal de repères nationaux. Plus le 10 octobre approche et plus de gros nuages se profitent au-dessus de la Kabylie. A part quelques tracts envoyés aux journaux, laphasie des «démocrates» est sidérante. Occupés à comptabiliser les «pertes» enregistrées, selon des journaux, par le FFS, ils ont totalement perdu de vue que la presse, ici et ailleurs, ne dit pas toujours la vérité. Les partis qui partent aux élections nont dyeux que pour les régions où ils semblent bénéficier dalliances tribales, familiales ou administratives. La Kabylie, semblent-ils dire, est une affaire kabyle qui ne les concernerait pas, du moins tant que la violence règne. De leur côté, le FFS et le RCD savent que leur terroir leur est vital, même et surtout parce quils sont dinégale force et que lun et lautre, en dehors de la presse, nont pas les mêmes ouvertures sur le pays et la société. Lun et lautre nont pas non plus le même rayonnement international. Ni la même capacité de négociation. Le RCD colle aujourdhui à une nébuleuse archaïque, aux mille qualificatifs pompeux, mais il est incapable de dénoncer fermement les incendiaires de nuit comme le faisaient les S.S., ni de laisser les citoyens aller voter librement ou boycotter en connaissance de cause. De son côté, poursuivant un long travail pédagogique, le FFS dénonce lempêchement fait aux défenseurs du boycott de sexprimer partout et librement. La démocratie lui en sera reconnaissante. Les comparses de Torquemada bénéficient, jusquà nouvel ordre, du silence complice de plusieurs partis. Des locaux du FFS sont incendiés, et avant quune enquête sérieuse (bien hypothétique) ne fasse la lumière sur ces actes criminels, bien malin qui pourra saventurer et désigner des coupables. Mais il est clair que si les uns et les autres clament leur innocence, peu nombreux sont ceux, dans les champs politique, culturel et médiatique, qui dénoncent avec fermeté des pratiques dignes des S.S. de sinistre mémoire. Lessentiel serait pour les «démocrates» que le FFS y laisse des plumes et que la Kabylie ne vote pas. Par tous les moyens, fussent-ils violents et antidémocratiques. Et à écouter des voix «objectives», il ne reste plus au FFS quune centaine de militants-électeurs totalement envoûtés pour croire encore quils peuvent tranquillement aller aux urnes en Kabylie. On verra bien après les élections. Mais il y a toujours en politique un avant, et un après. Avant, des courants politiques sétaient rapprochés de M. Bouteflika, pour contourner leur faible ancrage populaire à léchelle du pays, leur jeunesse dans la pratique politique et leur inexpérience à léchelle planétaire. Une myriade de formations croyaient que leur jour de gloire était arrivé. Mais M. Bouteflika, qui nest pas dupe, sait quen politique, il ny a pas damis, mais seulement des alliances et des arrangements plus ou moins durables. Le Président de la République, comme nimporte quel homme politique, sait quil lui faut fédérer large, y compris avec des personnalités en marge de leur parti. Cest ce quil fait avec des variantes. Le RCD a bien gouverné avec le MSP et le FLN si décriés tous les deux. Le travail de M. Bouteflika a consisté aussi à une recomposition, si souhaitée par le haut par de nombreux acteurs. Mais voilà, cest que le «haut» a dautres options plus larges que le spectre trop exigu de certains clubs ! Et au coeur de lédifice, pour mille et une raisons, il y a le FLN et non le RCD. Ce qui peut expliciter un certain désappointement ou un dépit certain. La campagne qui se
déroule témoigne donc de la captation que se font les partis
des besoins, des exigences et des attachements des Algériens aux
plans interne et externe. La communauté religieuse et linguistique,
plus vaste et plus profonde que lAlgérie, à laquelle
se rattachent, nolens, volens, des millions dAlgériens, est
un argument électoral. Ceux qui loublient ou loccultent
volontairement se trompent assurément de pays, de peuple et dhistoire.
La Palestine est au coeur des Algériens parce que la cause est
juste et parce quelle est dune manière ou dune
autre dans la mémoire collective. La menace terrifiante qui va
se matérialiser sur lIrak est aussi un argument électoral.
Et avoir fait un chemin avec des sectes menées outre-mer par BHL,
Schemla Elizabeth et autres intégristes laisse forcément
des traces. Les partis extravertis qui poussent à voter ou à
boycotter qui font limpasse sur de graves problèmes de notre
temps prennent forcément les électeurs pour des moutons.
Ces partis continueront à payer le prix de leur apesanteur. |
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www.algeria-watch.org
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