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Partis A la veille des élections Entre opportunisme et anti-autoritarisme Ghany Aichoune, L'Actualité, 4 septembre 2002 Les élections du 10 octobre prochain seraient, selon toute vraisemblance, similaires aux législatives du 30 mai dernier. Déjà, des remous sont enregistrés au sein de certaines formations politiques. Apparemment, les temps ont changé. La quiétude, qui régnait au sein des états-majors des partis, il y a quelque temps, nest plus de mise. Aujourdhui, elle a cédé la place aux missives dénonciatrices, démissions et autre contestation. Depuis le 30 mai, et même bien avant cette date, les responsables politiques semblent beaucoup plus pris à gérer des crises internes que tout autre échéance électorale. Dans le cas où cette situation persisterait, certains partis pourraient connaître une implosion. Que se passe-t-il ? En dehors de lopportunisme de certains et des coups bas visant la déstabilisation des partis politiques, il y a des problèmes dordre fonctionnel. Et toute échéance électorale participe à la démonstration du degré de démocratisation de ces partis. Toute voix qui sélève nest pas forcément malsaine. Labsence de débat au sein de certaines formations politiques mène souvent à ce genre de crise. Lautoritarisme des directions ne fait que créer de la suspicion et même engendrer des luttes intestines Un parti, fort de son expérience comme le Front des forces socialistes (FFS), qui a eu déjà à vivre quelques crises quil a su surmonter, fait face, en décidant de prendre part aux locales du 10 octobre, à de plus ou moins fortes pressions de la part dune partie de ses militants de Kabylie. Région où il est le mieux implanté. Auparavant, il a été annoncé que la fédération de Tizi Ouzou aurait été dissoute. Information vite démentie par la direction. Ce parti a montré plus dune fois sa capacité à gérer les crises qui surgissent en son sein. A maintes reprises, les dissidents du FFS ont critiqué le mode de fonctionnement qui prévaut au sein de leur formation. Cette fois-ci, le problème est autre. Les militants du FFS qui activent dans le mouvement citoyen semblent perdus devant cet "imbroglio". Ceux dentre eux ayant opté pour le rejet des élections disent que la direction ne les a pas consultés. Il faut attendre les résultats des élections du 10 pour avoir une idée sur lévolution que connaîtra le parti de Aït Ahmed. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Saïd Sadi, même sil a décidé de boycotter ce rendez-vous, connaît, lui aussi, dassez sérieux remous. Certains de leurs élus nont pas admis le fait que leur parti ne participe pas aux prochaines élections. Donc, une partie dentre eux a décidé de prendre part aux locales, soit sous les couleurs dun autre parti, ou bien en confectionnant des listes indépendantes. Son retrait du gouvernement, le 1er mai 2000, avec le déclenchement des événements de Kabylie la mis dans une situation délicate. Des cadres du parti ont même avoué que leur vision ne va pas au-delà du 10 octobre. Le RCD attend pour voir. Celui qui a connu une crise assez sérieuse est certainement le Rassemblement national démocratique (RND) que dirige Ahmed Ouyahia. Les résultats quil a obtenus aux dernières législatives ont presque précipité sa "disparition". Une procédure de destitution du responsable du parti a été même enclenchée. Ouyahia a sauvé la face in extremis. Pour les locales qui interviendront dans un peu plus dun mois, lancien Chef du gouvernement a laissé ses détracteurs se charger de leur préparation. Cette fois-ci, là où il y a eu contestation des listes, ce sont les commissions communales et wilayales qui ont été montrées du doigt. Les contestataires disent que des candidats ont été "parachutés". Toutefois, pour plusieurs observateurs, le RND a fait son temps. Lautre parti dit du Pouvoir, le Front de libération national (FLN) vit, paradoxalement, quelques problèmes, même sils ne sont pas de la même nature. Comme cela sest produit dans le passé, des "militants" se sont rués sur le parti fort du moment. Une situation que le RND a vécue en 1997. Aujourdhui cest au tour du FLN qui enregistre un flux de demandes dadhésion jamais égalé. Et cette déferlante a fait que des luttes ont vu le jour dans plusieurs localités en ce qui concerne lélaboration des listes. Quelques-uns nayant pas eu la chance dy figurer ont choisi de se diriger ailleurs. Bien sûr, il y a les partis islamistes qui sont, eux aussi, sujets à des contestations internes. Le plus touché est Nahda de Lahbib Adami. Pour rappel, celui-ci na eu quun siège à lAPN. Un résultat qui avait poussé Adami à la démission. Aujourdhui, le parti est, selon certains, au bord dune "disparition". Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) de Mahfoudh Nahnah a essuyé un échec similaire. Sauf que celui-ci réussit à dissimuler ses problèmes. Récemment, un député qui avait démissionné du parti a fait des déclarations assez critiques envers le parti. Il a estimé que le MSP sest vu "gonfler" ses résultats aux élections du 30 mai. Des militants au sein du Mouvement pour la refonte nationale (MRN) ont contesté, dernièrement, certaines listes de candidature, et ce, malgré les bons résultats quil a obtenus aux législatives.
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