|
|||||
|
ELECTIONS LOCALES A TRAVERS LES WILAYAS Régression du MSP et dEnnahda Globalement, les partis de la mouvance islamiste, et daprès une première lecture des résultats officiels des élections locales du 10 octobre, sont en nette régression. Ennahda de Lahbib Adami disparaît pratiquement de la scène politique. Né pour rivaliser avec le mouvement de Mahfoud Nahnah, MSP, après lofficialisation du multipartisme dans le pays en 1989, Ennahda na pas pu se relever depuis le départ de Abdellah Djaballah. Ennahda, dans leuphorie qui a précédé lélection de Abdelaziz Bouteflika en 1999, a été amené, presque de force, à soutenir «le candidat du consensus» pour la présidentielle. Lahbib Adami, longtemps à lombre du chef, sest imposé comme nouveau leader de ce parti. Il na pas réussi à remonter la pente. Le parti a connu une saignée depuis quil a décidé de rallier le gouvernement. Après les législatives du 30 mai 2002, il a perdu presque tous les sièges à lAPN. Sur la trentaine quil avait, il nen garde quun seul. Cette débâcle sest confirmée à la faveur des élections locales : Ennahda na gagné que 50 sièges sur les 13 329 à pourvoir aux APC. Et il nest majoritaire que dans une seule commune sur les 1541 que compte le pays. Cest presque la fin pour un parti qui, pendant des années, avait fait montre de grandes ambitions. La dégringolade se poursuit également pour le MSP. Après le revers des législatives au profit dEl Islah de Abdellah Djaballah, le parti de Mahfoud Nahnah a, comparativement aux locales de 1997, perdu plus de 300 000 voix. Le MSP, pour rappel, a perdu presque la moitié des sièges quil avait à lAPN, ne gardant que 38. Et pour les locales, il gérera moins de communes puisquil nest majoritaire que dans 19 APC. Il est fait nouveau derrière le Front national algérien (FNA) qui est, comparé au MSP, un parti nouveau sur la scène politique. Le FNA de Moussa Touati est majoritaire dans 26 APC et est arrivé à arracher 8 sièges parlementaires. Lors de la campagne électorale, Mahfoud Nahnah, officiellement malade, a disparu de la circulation laissant ses adjoints, Ahmed Dane et Bouguerra Soltani, prendre le relais. Nahnah sattendait-il à un autre échec ? Le parti a, à la veille des élections, développé un discours sur «la fraude anticipée». Cest devenu presque mécanique chez le MSP de dénoncer la fraude sans faire suivre ses accusations de contestations réelles. Pour rappel, en octobre 1997, et en signe de protestation contre la fraude massive au profit du RND, le parti de Nahnah avait appelé ses élus à se retirer de la gestion des APC et des APW. Une décision qui na duré quun temps. Puisque les élus du MSP ont rejoint leurs postes. Sans regarder en arrière. Le net recul du MSP et dEnnahda semble être lié à leur logique participationniste : être au gouvernement et faire lopposition. Chose à laquelle sest rendu compte Abdellah Djaballah dEl Islah qui, après les législatives, a refusé de faire partie du gouvernement Benflis. El Islah évolue à contresens du MSP et dEnnahda. Il a, entre les législatives et les locales, gagné plus de 200 000 voix. Avec 43 sièges à lAPN et 39 communes à gérer, El Islah simpose comme principale force islamiste dopposition. Son ascension, qui relativise quelque peu la régression générale de la mouvance islamiste, paraît naître dun discours radical vis-à-vis du pouvoir. Limplication de ce parti dans la gestion locale va, peut-être, changer cette donnée. El Islah sera confronté directement aux problèmes quotidiens des citoyens et à la gestion difficile de communes sans ressources (cest le cas pour les autres partis). Devant cette situation, El Islah aura moins daise dans le discours dopposition. Ce nest pas par hasard si le Parti des travailleurs (PT) a soigneusement évité de présenter des candidats pour les municipales. Le PT a présenté des listes uniquement pour les APW. Par Fayçal
Métaoui |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||