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Kabylie Elections du 10 octobre 2002 Les mécanismes du rejet des Aârchs L'Actualité, 26 septembre 2002 La Coordination interwilayas des aârchs multiple, ces derniers jours, les actions, à travers toute la Kabylie, pour empêcher le déroulement du scrutin du 10 octobre prochain. Cette stratégie, déjà adoptée durant les dernières législatives, a été reconduite par les animateurs du mouvement citoyen pour barrer la route aux élections locales. La Coordination interwilayas des aârchs a élaboré, dernièrement, un document se rapportant sur les mécanismes de ce rejet. Dans ce document de quatre pages dont nous détenons une copie, il est souligné dans son préambule qu"en faisant fi de limpasse politique et socio-économique dans laquelle il a poussé le pays, le Pouvoir mafieux et assassin a organisé des élections alibi pour se targuer dune légitimité au nouveau national et international voulant ainsi se donner limage dun régime démocratique et républicain. Laction du rejet du scrutin de la honte du 30 mai a permis lémergence dune véritable conscience citoyenne qui a conduit à une mobilisation historique, malgré une répression tous azimuts". Analysant les résultats des légilatives, le document poursuit : " En réalisant un rejet total des élections en Kabylie et un taux dabstention jamais égalé depuis lIndépendance dans les autres régions du pays, le peuple algérien a consommé définitivement son divorce davec le système corrompu et corrupteur. Rien ne pouvait mieux démonter lillégitimité du Pouvoir algérien que laction inédite du 30 mai, désormais inscrite dans les annales de lhistoire". Et dajouter : "Cest pour cela que léchéance électorale du 10 octobre doit aussi être rejetée et les conséquences sur le plan socio-économique ne doivent pas faire oublier lessentiel : le changement passe par des sacrifices que les citoyens doivent préalablement consentir avec lucidité pour ne pas tomber dans les travers dintérêts immédiats au détriment de la quête dune véritable démocratie". Selon le mouvement des Aârchs, les raisons et les objectifs de ce rejet de ces élections locales sont multiples. Ils se résument dans deux volets distincts, le volet politico-administratif et le volet socio-économique et culturel. Concernant le volet politico-administratif, ledit document relate que "le système politique algérien est basé sur létouffement de la volonté populaire puisque les instances élues sont mises sous éteignoir et ne servent quà cautionner un régime qui na de démocratie que la façade Labsence de démocratie induit une élection de pure forme quelle soit nationale ou locale dans la mesure où les instances élues sont autant de maillons permettant au système politique dictatorial de perdurer tout en entretenant une illusion démocratique. Conséquemment à cela, les textes régissant les collectivités locales ne peuvent permettre une décentralisation des pouvoirs décisionnels au niveau politique dans les espaces des collectivités locales". Faisant référence au point 11 de la plate-forme dEl Kseur qui met laccent sur la primauté des instances démocratiquement élues sur les fonctions exécutives de lEtat ainsi que les corps de sécurité, et citant à titre dexemple les codes communal et de wilaya, la Coordination des aârchs souligne encore qu"une lecture même sommaire des codes communal et de wilaya indique que la philosophie qui a inspiré leur rédacteur est antinomique avec celle qui a conduit à la rédaction de la plate-forme dEl Kseur, et notamment son point 11. Autant lapplication de ce dernier libérera lélu de toute contrainte et de toute tutelle étouffante pour jouer librement son rôle de représentant de la population qui aura toute latitude de le juger au terme de son mandant quil aura à exercer sous le contrôle du pouvoir judiciaire véritablement indépendant du pouvoir exécutif, autant le maintien de ces deux codes mettra lélu sous la coupe de lExécutif qui, finalement, exercera sur lui un contrôle oppressant en lui laissant seulement le choix de slalomer entre les textes pour gagner quelques espaces de liberté de manuvre ou de se résigner à nêtre quune illusion de plus de la démocratie de façade". Quant aux prérogatives des élus, la Coordination des aârchs est revenue sur les derniers remous quont connus les APW de Béjaïa et de Tizi Ouzou concernant loctroi dune aide par lAssemblée aux parents des victimes du Printemps noir en déclarant : "Dans ce sens, une lecture plus attentionnée des deux codes en question nous renseigne sur la limite des prérogatives des instances élues au niveau communal et wilayal. En effet, soit au plan politique ou sécuritaire et même aux plans administratif et économique, la prééminence revient au wali par rapport à lAPW ou lAPC. Il ny a quà se pencher sur les poursuites judiciaires à lencontre des P/APC pour avoir voulu sauvegarder leur rôle délu et lopposition ferme réservée par les walis et le ministre de lIntérieur aux délibérations des APW relatives aux indemnités en faveur des martyrs et des blessés du Printemps noir". Concernant le volet socio-économique et culturel, le document cite "la quasi-inexistence dinfrastructures de base, fer de lance de tout investissement économique créateur de richesses et de résorption de chômage à même de permettre un équilibre social conjugué aux blocages de ladministration mettant les instances élues et les élus locaux dans limpossibilité de concevoir et de mener une politique dinvestissement et de développement local". Et dajouter : "Lunicité de pensée du Pouvoir à travers son idéologie dominante et obscurantiste annihile toute expression culturelle plurielle, induisant ainsi la folklorisation de notre culture plusieurs fois millénaire, engendrant la marginalisation de notre identité, de notre langue et de notre civilisation". A travers cette analyse, lobjectif principal du mouvement citoyen concernant le rejet des prochhaines élections se résume dailleurs, selon la Coordination interwilayas, "comme une option stratégique du mouvement citoyen qui sinscrit dans une logique de pression permanente sur le Pouvoir afin dimposer la satisfaction pleine et entière de la plate-forme dEl Kseur explicitée à Larbaâ Nath Irathen. La nécessité dune organisation politico-juridique et administrative adaptée aux nouvelles normes induites par la mondialisation pour permettre une réelle prise en charge par les élus des spécificités locales dans tous les domaines de la vie publique (politique, économique, social et culturel) est une exigence de lheure". Présentant des conséquences des résultats de ces élections locales, le mouvement des Aârchs affirme que "les incidences de la crise institutionnelle quinduira ce rejet devront requérir un sens élevé de civisme conjugué à une vigilance accrue pour déjouer tous les complots quaura à concocter le Pouvoir machiavélique pour déstabilisent la société et exacerber tous les facteurs de la division et de la démobilisation. Pour parer à tout éventualité, aucune forme de substitution aux instances élues ne peut être acceptée". Par ailleurs, et dans ce même ordre didées, le mouvement citoyen se déclare "au service de la population pour laider à surmonter cette épreuve que veut lui imposer un Pouvoir perfide qui excelle dans lart demprunter des voies qui ne mènent quà limpasse et au chaos". Quant aux perspectives du mouvement après léchéance du 10 octobre, il est question dune "structuration plus approfondie de la société qui concernera les villages, les quartiers et les corporations, une concertation accrue avec la société pour faire aboutir les revendications contenues dans la plate-forme dEl Kseur ainsi que la nécessité de sauvegarder lacquis fondamental du mouvement citoyen quest lunité des rangs pour continuer le combat dans un cadre unitaire et rassembleur pour laboutissement des revendications". Enfin, dans sa nouvelle stratégie, le mouvement citoyen se veut pacifique en rejetant toute forme de violence et de dérapage qui essouffleront davantage ses actions sur le terrain. Mustapha L. |
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www.algeria-watch.org
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