ELECTIONS, AGRESSION, INCENDIES ET CONTESTATIONS

Khenchela sous haute tension

El Watan, 12 octobre 2002

L’affluence à ces élections n’a pas été au rendez-vous à Khenchela puisque 44,36 % seulement des 17000 électeurs se sont exprimés. Les centres réservés a aux femmes n’ont pas dépassé 30 % d’électrices, les jeunes désavouent, c’est en somme la résultante d’une profonde fracture entre élus et électeurs due aux pratiques passées.

Durant la journée, c’est une pluie fine qui tombe, vers 19 h les premières informations de contestation arrivent. Un renfort du groupement d’intervention rapide de la gendarmerie se dirige vers le sud, précisément vers la daïra de Babar assiégée par une foule en colère, les émeutiers veulent l’incendier et tiennent en otages ceux qui étaient dedans. Les urnes de trois centres ont été incendiées. Les émeutiers lancent des projectiles sur les gendarmes qui ont dû recourir aux grenades lacrymogènes ; le calme n’est revenu qu’après minuit. Un calme précaire. Le vote devra se refaire après 45 jours, nous affirme-t-on dans cette localité où 12 120 inscrits auront à choisir entre le FLN, le RND et le PRA. A l’est du chef-lieu de wilaya à Aïn Touila, juste après le dépouillement, c’est la violence entre partisans. Des blessées sont enregistrés entre les candidats du RND, du FLN et d’AHD 54. La tension s’exacerbe puis c’est le siège de l’APC, enjeu des élections qui est incendié par des groupes ; le parc communal aussi ou plusieurs véhicules dont celui de Sonelgaz sont incendiés des blessées sont évacués vers les hôpitaux de Khenchela et de Aïn Beïda. Là aussi la contestation et l’émeute s’installent et peuvent reprendre à tout moment. Les différents groupes se préparent à la reprise des affrontements. A Baghaï, le fief de la Kahina, les procès-verbaux au niveau de trois bureaux du centre Archouche Tahar sont déchirés, le mobilier est saccagé. Le FFS prenait de l’avance, nous dit-on. Himeur Djamel, tête de liste de ce parti, affirme avoir fui pour avoir la vie sauve tandis que le 5e sur la liste Sekkour est carrément agressé par des membres de sa propre famille, mais d’une autre formation politique, selon nos informations. Le 1er secrétaire du FFS à Khenchela a improvisé un point de presse juste avant de voir le wali et affirmé que c’est une mascarade électorale. L’administration annulera les résultats des bureaux en question. Les résultats des élections de la commune de Tamza n’ont pas encore été communiqués. Durant la journée du 11 octobre, la tension est signalée. Sans tenir compte des communes de Babar et de Aïn Touila où les urnes ont été brûlées ainsi que Tamza faute de résultats. Sur les autres communes, soit 18 pour l’APW, le FLN décroche 20 sièges sur 39, les 19 autres sont pour le RND, El Islah et le MSP. Le nombre de sièges est provisoire, il peut augmenter ou chuter pour les quatre formations, c’est selon les autres résultats, nous affirme-t-on. Pour les assemblées communales, c’est un changement de main. Le RND passe le relais au FLN, à l’image de la commune du chef-lieu où le FLN décroche 7 sièges sur 15 n’obtenant pas la majorité absolue, suivi d’El Islah avec 3 sièges, du MEN et du RND avec deux sièges chacun puis du MSP avec un siège. Dans la localité de Kheirane à l’extrême sud, les eaux en furie de Oued El Arab ainsi que les déversements des eaux du barrage de Babar d’une contenance de 40 millions de mètres cubes n’ont eu aucune incidence sur le vote où on craignait le pire, mais les urnes sont acheminées d’autant plus que dans la commune limitrophe de Zeribet El Oued (Biskra) en raison des mauvaises conditions climatiques, il est fait état de 7 morts d’une même famille à la suite de l’effondrement de la maison ainsi qu’un autre décès et un brûlé grave par la foudre.

Par A. Maâchi

   
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