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LES PARTIS ENTRE SURPRISE ET APPRÉHENSIONS / Le jour le plus long au FFS El Watan, 12 octobre 2002 Une tension à nulle autre pareille aura habité toute la journée de jeudi le siège national du FFS à Alger. Les quelques membres de la direction du parti qui ont été mobilisés pour suivre le déroulement des élections dans les différentes localités du pays nont eu de cesse de parcourir de haut en bas et de long en large les deux étages de la villa. Les nouvelles qui parvenaient, notamment de Kabylie, nétaient pas pour remonter le moral. «Il y a des petits problèmes, ça démarre mal», constatait, à 10 h, M. Karim Takbou, secrétaire national chargé du développement du parti. Les urnes nont pas encore été acheminées vers les communes de Tizi Rached, Ouaguenoun, Azazga, Tifra, Chellata, Addekar, Ifennayen, At Rezzi... «Le dispositif électoral est totalement absent dans ces régions», constate-t-il. Taqerbwuzt, Tazmalt et Akbou restent sans nouvelles. A Aït Mansour, dans la wilaya de Bouira, la journée a commencé par des émeutes. A Aït Ouadhou, le chef de daïra refuse toujours dacheminer les urnes vers les centres et bureaux de vote. A Aïn El Hammam, la population propose daller chercher elle-même les urnes. Ahmed Djeddaï menace de saisir la Présidence. Il montre une série de P.-V. vierges. «Ce sont des P.-V. des communes dAlger-Centre, de Husseïn Dey, de Bir Mourad Raïs, de Kouba et de Aïn Benian. Vous avez à présent une idée de ce qui va se produire aujourdhui», dit-il. A 11 h, M. Bouiche Ikhlef, secrétaire national à la communication, constate, lui aussi, que «ladministration a tout bloqué». «Les chefs de daïra refusent dacheminer les urnes vers les bureaux de vote», dit-il. «On peut être appelé à prendre des décisions graves», prévient-il. Léventualité dun retrait de dernière minute nest pas exclue. «A présent le risque daffrontement ne concerne plus ceux qui veulent voter et ceux qui veulent les en empêcher, mais ceux qui veulent voter et les CNS. Le téléphone ne cesse de sonner, on appelle de partout. A 12 h, les hommes de Djeddaï entrent en conclave, et cest le silence radio. A 13 h, lENTV fait le point de la situation dans les bureaux de vote. M. Benada, chargé de lévaluation auprès de Djeddaï, demande aux journalistes de quitter la pièce où était entreposé le téléviseur. M. Bouiche annonce la fermeture officielle par les chefs de daïra des bureaux de vote des Ouadhias et dAbi Yousef. Latmosphère gagne en tension. Djeddaï disparaît. A 14 h 25, le candidat tête de liste à Gué de Constantine apprend au téléphone que le chef de cabinet du wali ne veut pas réagir aux faits qui lui ont été signalés. «Le centre de Boulouh doit être fermé, il y a des bagarres», sécrie-t-il. On pense à saisir la CPNSEL. «En Kabylie, tout se passe comme si lempêchement du scrutin était maintenant pris en charge par l'administration», lit-on en guise de prologue. Mise en place tardive ou absence totale du dispositif logistique en certains endroits ; des bureaux sont fermés ou pas du tout ouverts dans certaines localités ; des émeutes ont éclaté à Sidi Aïch, à El Kseur ; des agressions ont visé des électeurs à Azazga, Béjaïa, Akbou. Ailleurs, on signale lintrusion de forces de sécurité et dhommes armés dans les bureaux de vote (Khenchela, Oum El Bouaghi et Batna). A Hydra, ce sont des procès-verbaux vierges qui sont saisis. A 14 h 35, M. Benada invite la presse à partir. «Le prochain point de presse aura lieu vers 18 h, on ne prendra pas de votre temps, vous nen prendrez pas du nôtre». A 19 h 30, M. Bouiche refuse de se prononcer. «Je ne peux faire aucune estimation de la situation, dit-il. Je nai pas toutes les données en main.» Par Djamel Amrouche |
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