AARCHS

Conclave de Beni-Zmenzer

L’Interwilayas confirme le rejet des élections

L'Actualité, 17 août 2002

Très attendu, le conclave de l’Interwilayas organisé durant le week-end n’a finalement rien apporté de nouveau. Cette réunion, présentée comme étant l’occasion de clarifier et de dissiper les mésententes et autres conflits qui secouent le mouvement, s’est avérée être une simple reconduction des recommandations du conclave de Bouhinoun.

La seule nouveauté, sommes-nous tentés de dire, est sans doute la large participation des délégations venues de Batna, Bordj Bou Arréridj, Boumerdès et Alger, en plus de celles de Tizi Ouzou, Béjaïa et Bouira. Les délégués de Bouira n’ont pas pris part aux travaux de la plénière. En effet, ils se sont réunis en aparté pour "en découdre définitivement", nous-a-t-on dit, avec le problème des trois délégués exclus de leur instance locale.

C’était donc un Bouhinoun bis où les participants ont débattu, durant toute la nuit, de la mise au point des modalités techniques et pratiques visant à concrétiser les actions arrêtées durant le conclave dernier.

Le premier point soumis à la plénière se résume au rejet des élections du 10 octobre prochain. A la différence des autres conclaves, les avis pour l’adoption de ce document ont été contradictoires et non consensuels. Ce qui a engendré des épisodes répétés de pause et de concertation entre délégués dans les coulisses.

La délégation d’Alger a d’emblée émis des réserves en s’opposant à la forme du document tout en approuvant son contenu.

Ce n’est qu’après moult concertations qu’elle s’est ravisée. Ce qui a permis à la plénière d’adopter à l’unanimité le document sur le rejet des élections.

A ce titre, une commission interwilayas, composée de délégués et des parents des victimes, sera chargée de prendre attache avec les différents partenaires sociaux et politiques pour des concertations sur "la nécessité" du boycott de la prochaine échéance électorale. Il est, ainsi, prévu des entrevues avec, entre autres, les responsables locaux et nationaux du FFS et de RCD.

D’autres actions ont été finalisées. Le programme débutera le 19 août avec une veillée à Ifri, suivie le lendemain d’un recueillement sur les tombes des martyrs de la Révolution et ceux du Printemps noir. Un rassemblement est aussi programmé pour la journée du 20 août. Il aura lieu au stade communal d’Ouzellaguen. Le programme d’actions populaires sera couronné d’une déclaration finale marquant la jonction entre la plate-forme d’El-Isser et celle de la Soummam. Certains points, étroitement liés aux dysfonctionnements qui secouent, depuis quelque temps, le mouvement, ont été éludés. Les auteurs des remous et des agitations, survenus surtout après la libération des détenus, ont fait l’objet de rappels à l’ordre. Toutefois pas de sanctions ou de mise en quarantaine n’ont été appliquées sur les mis en cause, contrairement à Mehdi Yefsah. "Ces interpellations doivent être exécutées et assurées par chaque wilaya", nous a confié un délégué de Aït Djennad. "Il n’est pas interdit de s’exprimer, a-t-il ajouté, mais que cela se passe dans un cadre bien défini". "Il faut mettre fin à ce phénomène de leadership et de délégués mythiques", conclut-il.

Rachid M.

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