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Annoncé jeudi dernier Bouteflika interdira les partis non représentatifs Par Salah Slimani, La Tribune, Samedi 12 octobre 2002 Dans une déclaration plus surprenante quinattendue, le président de la République Abdelaziz Bouteflika, en visite jeudi dernier au siège de la Commission politique nationale de surveillance des élections locales (CPNSEL), a annoncé quil sera procédé à lélaboration dune loi «en vertu de laquelle aucune formation politique ne pourra être maintenue sur la scène si elle obtient moins de 5% des suffrages exprimés». Certaines formations politiques, daprès le Président, nexistent que grâce aux subventions de lEtat. Cest dire quau cas où cette loi venait à être adoptée, le paysage politique national se résumerait uniquement à quelques formations denvergure nationale. Réagissant aux propos du chef de lEtat, certains représentants des partis politiques invités dune émission de la chaîne III sur les élections locales étaient partagés entre ceux qui étaient pour et ceux qui estimaient que cette loi allait plutôt rétrécir le champ de lexpression politique en Algérie. Dautres ont proposé quau lieu de lélaboration dune loi, il serait préférable de procéder seulement à la suppression pure et simple des subventions annuelles dont bénéficie toute formation politique en cas dobtention de son agrément. Des subventions qui, pour certains partis, représentent la raison même de leur existence.Dautres messages dordre économique ont été lancés par le chef de lEtat, relatifs notamment à la cession des entreprises publiques au profit de certains opérateurs économiques privés désirant se porter acquéreurs. Pour cela, il dira que les «entreprises publiques ne sont pas à brader et, à lextrême, autant les céder aux salariés à la seule condition de les rentabiliser». Sagissant de la libéralisation de léconomie nationale, le Président affirme quil sagit d«un choix irréversible». Evoquant linstruction présidentielle relative aux élections, le président de la République a précisé que «jamais une instruction na été aussi détaillée que celle-ci» depuis lindépendance, affirmant quil a assumé ses responsabilités quant à sa promulgation «en dépit de ce qui a été dit à ce sujet, à savoir quelle comportait des détails qui ne relèvent pas des prérogatives du Président». S. S. --------------- Une nouvelle loi électorale excluant les partis ayant obtenu moins de 5% aux élections Recul sur les libertés dorganisation
Par Faouzia Ababsa, La tribune, Dimanche 13 octobre 2002 En faisant une «descente» dans le centre des opérations de vote et au siège de la Commission nationale politique de surveillance des élections, le président de la République a annoncé la prochaine révision de la loi électorale. Une révision en vertu de laquelle, a encore affirmé Bouteflika, le parti politique qui aura obtenu moins de 5% des suffrages exprimés aux élections sera définitivement rayé de la scène politique. La déclaration du premier magistrat du pays nest pas fortuite et na pas été faite de manière hasardeuse. Il est vrai que beaucoup de partis agréés apparaissent uniquement quand il sagit délections, alors quen temps normal, ils sont inexistants sur la scène politique et, de surcroît, nont aucune assise sociale. Leur participation aux différents scrutins ne se justifie finalement que par largent quils encaissent dès quils font part de leur candidature et quils présentent des listes de candidats souvent puisés ailleurs. Les gains sont importants pour les cinq ans que dure le mandat. Toutefois, il est clair que si cette loi venait à être présentée à lAssemblée et adoptée, elle consacrerait la pratique antidémocratique. Tant il est vrai que lexclusion et/ou la dissolution dun parti ne se décide pas de manière administrative. Tout comme personne ne peut décider que tel ou tel parti na pas dassise. La démocratie que tout le monde prétend défendre voudrait dabord que la liberté dorganisation et de constitution dassociation et de partis politiques soit consacrée de manière claire. Quant à la représentativité ou pas, cest à la population den décider. Dès lors, le parti en question se dissoudrait de lui-même. Quant au financement des formations politiques ou encore des campagnes électorales, il revient à lEtat, et à lui seul, dassurer le contrôle de largent et de sassurer de sa véritable destination. Mais il se trouve malheureusement que cest lEtat qui encourage la course au gain facile. En effet, avec la création des commissions de contrôle aussi bien nationales, locales que de wilaya, il est évident que ce sont des sommes mirobolantes qui sont dépensées. Dabord pour rémunérer les représentants des partis dans ce genre de cadre ainsi que les observateurs. Or, il semble évident que la présence de ces représentants relève du bénévolat mais surtout dun acte militant. Et un militant cest dabord une conviction politique. Défendre son parti au sein dune institution ou dun cadre de contrôle, quel quil soit, nappelle aucune rémunération. Parce que cest comme cela que les appétits souvrent et que des organisations politiques accourent vers le profit. Et les bénéfices sont intéressants. Ils frisent les 2 milliards de centimes pour chaque formation. Or, cet argent appartient aux contribuables qui, eux, nont pas à financer les activités de tel ou tel parti si ce nest par conviction ou par sympathie pour son programme.Aussi, au lieu de décider dinterdire administrativement des formations politiques, il serait plus judicieux de laisser la population en décider mais également de faire en sorte que les mécanismes de contrôle des finances se mettent en branle régulièrement et de manière rigoureuse. Surtout que personne, en tout cas pas le simple citoyen, ne sait doù est puisé cet argent. Comme il faut que la loi sapplique de manière uniforme sur lensemble des acteurs politiques. Surtout quen la matière, notre législation est extrêmement riche sur ces questions. F. A. |
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