Louiza Hanoune rejette les résultats

El Watan, 12 octobre 2002

Lors d’une conférence de presse animée hier au Centre d’information et de presse (CIP), Mme Louiza Hanoune, porte-parole du Parti des travailleurs (PT), a rejeté en bloc les résultats du scrutin qui, selon elle, s’est déroulé dans des conditions déplorables. Elle a surtout contesté les résultats du vote concernant les régions de Tizi Ouzou et Béjaïa.

Mme Hanoune trouve inadmissible que dans ces deux villes le FLN puisse remporter des voix et par là même se classer en deuxième position. «Après le dépouillement, nous étions classés, d’après le sondage de nos militants, en troisième position, mais hier nous étions étonnés d’apprendre, par le biais du ministre de l’Intérieur, que le FLN était en deuxième position après le FFS. Ces résultats ne sont pas fiables et ils reflètent une décision politique. L’administration a joué un rôle très dangereux», dira-t-elle. La porte-parole du PT estime que la politique des quotas a prévalu ces dernières années, mais aller jusqu’à l’appliquer dans ces régions (Tizi-Ouzou et Béjaïa), c’est trop flagrant. «Par ce comportement, le pouvoir veut l’exclusion de certains partis de ces régions. D’ailleurs, nous dénonçons les propos tenus par le président de la République relatifs à la non-subvention des partis politiques qui obtiendront un résultat inférieur à 5 %.» «Certes, nous allons établir des rapports et déposer des recours pour expliquer ce qui s’est produit dans les différentes régions du pays et pour les deux régions où nous avons été trop lésés. Nous allons frapper fort, car nous n’avons pas l’intention de décevoir les électeurs qui nous ont fait confiance et donné leurs voix», confie-t-elle. Louiza Hanoune s’est interrogée sur le fait que dans certaines localités de Tizi Ouzou et Béjaïa où le calme a régné les urnes n’étaient disponibles dans les bureaux de vote que dans l’après-midi. Dans d’autres communes, selon elle, les services de sécurité ont pris les urnes pour soi-disant les protéger des émeutiers. «Cette procédure est illégale d’autant que nous ignorons ce qu’elles sont devenues par la suite», affirme-t-elle. En outre, ce que Louiza Hanoune déplore le plus c’est l’utilisation des armes à feu par des candidats. «A Alger, Aïn Defla, Aïn M’lila..,. nos militants ont été agressés et éjectés de force des bureaux de vote. A Chlef, des patriotes ont envahi les centres de vote et menacé nos militants avec des armes à feu. Si nous nous attendions à ce genre de pratiques, nous n’aurions jamais pris part au scrutin», dira-t-elle. Louiza Hanoune est satisfaite d’une seule chose : le fait que son parti a gagné un peu plus d’électeurs (568 611 voix). Un gain de 120 voix par rapport aux dernières législatives.

Par Nabila Amir

   
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