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Le FLN, chronique d’un retour annoncé

Par Amar Rafa, La Tribune, Samedi 12 octobre 2002

La suprématie du FLN sur le plan local est en réalité la confirmation du retour du FLN sur le devant de la scène politique nationale. C’est là, aussi, une confirmation de sa prestation aux élections législatives. Selon des résultats rendus publics au lendemain des élections pour le renouvellement des membres des Assemblées populaires de commune et de wilaya, le parti de Benflis est sorti vainqueur dans 668 communes des 1 541 du pays. Il a remporté 4 878 sièges, sur un total de 13 981, aux Assemblées populaires communales. De plus, le FLN est en tête de 43 wilayas, et en ballottage dans 323 communes et 2 wilayas. Au-delà des résultats, le retour sur le devant de la scène sur le plan local du parti de Benflis était très attendu par les observateurs au fait des moindres balbutiements de la scène politique nationale. Par ce retour, le FLN vient ainsi de récolter les fruits d’un travail de longue haleine, de «rénovation» du parti, de rajeunissement de ses cadres et de son ouverture sur la mondialisation. Une politique de rénovation s’est également accompagnée d’une restructuration sur le plan organique, visant à débarrasser le parti de la vieille garde au profit d’une plus grande ouverture en direction des jeunes et des femmes. Le même esprit de rénovation qui a été porté à bout de bras par Ali Benflis lors des meetings qui l’ont vu sillonner le pays, lors des élections législatives et ensuite des municipales. Ses incessantes pérégrinations qui l’ont vu se déplacer, à l’occasion des élections écoulées, ont grandement servi la cause du néo-FLN et propager ses idées d’ouverture. Le parti de Benflis bénéficie en fait d’une certaine longueur d’avance sur ses concurrents par le fait qu’il ne s’est pas mêlé de la gestion des communes, contrairement au RND par exemple. A contrario, son passage à la tête des assemblées locales durant les dernières décennies fastueuses du socialisme fera de sorte qu’il bénéficie d’une aura de largesses matérielles accordées aux populations les plus défavorisées. A vrai dire, le recentrage opéré vis-à-vis des questions du terrorisme, par exemple, et du soutien aux islamistes du parti dissous prônée par Mehri, a eu un plus grand impact sur l’aura du parti. En moins d’une année, Ali Benflis a réussi à redorer le blason du FLN et à effacer d’un seul trait son passé terni de ce genre de compromissions et sa responsabilité dans la gestion catastrophique du pays d’avant les émeutes du 5 octobre 1988. Par ailleurs, c’est aussi l’une des conséquences du retour aux commandes du pays de ce parti dont est issu le président de la République et qui détient aussi la majorité des instances exécutives et législatives du pays. Au vu de cela, le FLN est désormais perçu comme la réincarnation de l’Etat et du pouvoir, comme à l’ère du monolithisme, la notion de parti se confondait aisément avec l’Etat. Le néo-FLN est-il une copie de l’ancien FLN ? Réussira-t-il à redonner la stabilité aux institutions du pays ?

A. R.

   
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