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FFS Lart de la manuvre L'Actualité, 12 août 2002 Pour nombre dobservateurs, la participation au scrutin du 10 octobre du parti dAït Ahmed, en plus dêtre une surprise, constitue lune des énigmes de lactualité politique nationale. Nest-ce pas paradoxal de voir un parti politique bien implanté dans une région, en loccurrence la Kabylie, rentrer en confrontation avec sa population. En effet, le FFS veut ramener la Kabylie à aller voter, alors que celle-ci, dans sa majorité, rejette les futures échéances dans le fond et dans la forme. En affrontant les Aârchs, le FFS est en réalité parti en guerre contre ses militants, qui ont investi le mouvement citoyen. Lon sait que le FFS a été de tout temps hostile au régime en place. Ainsi donc, lon se pose des questions sur les garanties quaurait reçues le FFS, sachant que celui-ci en participant aux élections risque de ce fait de rompre avec le mouvement citoyen quil a accompagné dans son combat. En tout état de cause, si ce changement dattitude est venu suite à la libération des détenus du Printemps noir que dautres partis aussi ont revendiqué, les Aârchs lui ont signifié quils doivent leur liberté à la population de Kabylie. Une victoire qui est le fruit de la mobilisation des citoyens de la région et de leurs avocats. Au-delà de la satisfaction de la libération des détenus du mouvement citoyenne , quelle est cette concession qu ont fait les autorités pour que le FFS change de stratégie politique ? Sagit-il pour ce parti dune nouvelle stratégie afin de reconquérir la région où les APC et APW étaient sous son contrôle ? A-t-il reçu des garanties pour que la région néchappe pas à ses commandes. En tout cas, une chose est certaine, la participation du FFS aux prochaines communales et wilayales sinscrit, déjà, dans la logique de la recomposition de léchiquier politique national. Sur le plan politique donc, le FFS semble décidé à se réapproprier son champ daction et ses missions de structure politique. Cest probable dans la mesure quen Kabylie, un autre paysage politique est en train de se préciser. Une tendance des Aârchs est, en fait, très favorable pour une verticalité du mouvement citoyen après que ce dernier ait buté sur des obstacles quant à la poursuite du combat du mouvement citoyen. Sur un autre front, il est à se demander si la participation du FFS au jeu politique du Pouvoir ne sinscrit pas dans la logique du contrat de SantEgidio, puisquil en est lun des signataires avec le FIS et le FLN. Ne sagit-il pas dun nouveau front qui se constitue en attendant la réhabilitation de lex- FIS? Rabah B. ----------------
RCD Condamné à lextrême Le parti du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) aurait opté pour le boycott des prochaines joutes électorales. La réunion extraordinaire de son Conseil national, prévue dans quatre jours, sera loccasion pour le leader du parti, Saïd Sadi en loccurrence, dannoncer cette décision politique. Ce rendez-vous permettra également aux responsables du RCD de faire le point sur la situation politique générale du pays et la situation socio-économique. Il est prévu aussi, la matinée, louverture des travaux à la société civile et des syndicats autonomes qui seront conviés à loccasion. Le suspens sur la participation ou non du RCD prendra fin, en effet, jeudi prochain. Cela dit, la position du leader du parti vis-à-vis de ces élections nest pas une nouveauté. Il a eu loccasion dexprimer sa pensée lors de la clôture de luniversité dété, initiée par le MCB. "Nous ne pouvons pas participer aux élections tant que les choses restent inchangées", a-t-il dit. Une raison parmi tant dautres. Selon des sources proches du parti, Sadi avancerait dautres raisons, à savoir la loi électorale qui na pas été amendée et reste de ce fait, "une loi de fraude", la loi communale et wilayale qui restreint les prérogatives des assemblées élues, la situation économique et sociale du pays, la démultiplication des émeutes en Kabylie, et ceci depuis 16 mois, le non jugement des assassins, le refus de répondre aux revendications citoyennes Un ensemble de problèmes qui attisent la crise et la rendent encore plus complexe, selon le RCD. Daucuns disent que, arrivé au bout du chemin, le RCD a choisi de maintenir la tension en Kabylie aux côtés du MCB, afin de faire barrage au FFS qui apparaît, en ce moment, comme une force étant donné quil a réussi à libérer les détenus. Dans lobligation de quitter la coalition gouvernementale en mai de lannée dernière, pour rejoindre les rangs des Aârchs, le RCD, en optant pour le boycott, serait donc absent pendant cinq ans à toutes les assemblées élues. Les responsables du parti réfléchissent dores et déjà à laprès-10 octobre. A titre dexemple, le RCD ne serait que satisfait au cas où il y aurait un fort taux dabstention. Devant un tel scénario, il en sortirait que plus "crédible" face à un FFS qui, de ce fait, aura du mal à se repositionner dans la région. Mais si les Aârchs venaient à changer de cap et à rentrer dans les rangs, en mettant fin à lère des émeutes et de la résistance, que deviendra à ce moment-là le RCD ? Une chose est certaine, le parti naura plus rien à gagner en refusant de participer aux élections locales. Toutefois, en décidant dy participer, il perd le bénéfice de lannonce, car celle-ci sera trop tardive par rapport au FFS qui a su faire lévénement. Le Pouvoir et le FFS se sont donc mutuellement rendu service sur le dos du RCD qui est devenu la cible commune, à la fois pour avoir quitté lexécutif et avoir joué la carte de la Kabylie de façon à créer un obstacle entre le FFS et son électorat. Malika Harrar |
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