Rencontre FFS CADC (Tizi Ouzou)

Les débats se sont déroulés dans un climat de sérénité

De notre bureau, Malik Adel, Jeune Indépendant, 13 août 2002

La délégation de la coordination des aârchs, daïras et communes (CADC) a été accueillie par les secrétaires fédéraux du Front des forces socialistes (FFS) au siège de ce parti pour débattre la question de la participation ou pas de cette formation politique aux futures élections locales.

Après avoir observé une minute de silence à la mémoire des martyrs du FFS et du mouvement citoyen, M. Moussa Diaf, premier secrétaire fédéral, a fait part de la demande exprimée avant-hier par quatre personnes pour rencontrer des cadres locaux de son parti.

Le FFS a montré sa disponibilité au dialogue. La rencontre, prévue pour hier et qui a eu lieu à partir de 14h30, s’est poursuivie jusqu’à 17h30. Le premier intervenant a présenté les membres de la délégation de la CADC et a passé la parole successivement aux délégués qui ont fait, de rôle à tour, l’historique du mouvement, la concordance entre les deux structures et le pourquoi du rejet de ces élections locales qui s’inscrivent en droite ligne du prolongement des élections législatives. Un délégué déclarera que «nous devons priver le pouvoir de tout oxygène pour l’amener à la reddition». Un autre dira qu’«il ne doit pas y avoir de friction, entre nous, car le pouvoir en sera seul bénéficiaire».

Au bout de deux heures, et après que les délégués de la CADC eurent exposé les arguments du rejet, le premier secrétaire fédéral du FFS devait déclarer que «la Kabylie a toujours été le théâtre des affrontements entre les clans du pouvoir» et de poursuivre : «Nous avons pris la décision de participer pour ne pas livrer nos collectivités sur un plateau d’argent au pouvoir et rééditer les expériences de 62/67 par les délégations spéciales, 89 avec les CCP et 92/97 avec les DEC, jusqu’à la mort de Matoub Lounès dont le FFS a été le seul parti à avoir revendiqué la vérité sur son assassinat.» Après avoir étalé les arguments de part et d’autres, les deux délégations se sont quittées dans un climat de convivialité en promettant de rapporter la teneur des discussions à leurs tutelles respectives, à savoir la direction politique pour le FFS et la réunion (cadre de concertation) pour la CADC. Durant cette entrevue, tous les membres présents ont fait appel à la revalorisation de la pratique politique pour les uns et à acculer le pouvoir pour les autres, sans se départir de la sérénité et surtout en appelant à une action pacifique. M. A.

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Conférence de presse du FFS, hier, à Tizi Ouzou

«Nous n’avons pas le droit d’abandonner la population entre les mains d’aventuriers»

De notre bureau A. Djamila

A l’issue de la rencontre d’hier entre les délégués du mouvement citoyen et le FFS, ce dernier a animé une conférence de presse au siège de sa fédération à Tizi Ouzou, lors de laquelle il a réitéré sa décision de participation aux prochaines élections locales. «Notre décision est souveraine, elle a été prise lors de notre conseil national», n’ont cessé de répéter les deux secrétaires fédéraux du parti de Hocine Aït Ahmed, qui ont déclaré que leur «prise de contact» avec les aârchs s’est déroulée dans la totale sérénité, pour ainsi qualifier cette rencontre de positive. «Nous avons expliqué aux délégués de la CADC que notre décision de participer aux prochaines échéances électorales est conditionnée par la satisfaction de nos revendications dont la principale, à savoir la libération de tous les détenus du mouvement citoyen est déjà acquise», dira M. Diaf, premier secrétaire fédéral du FFS. Une libération perçue comme une victoire par M. Rahem, un autre secrétaire fédéral qui, tout en dénonçant «les tentatives de minimiser le rôle joué par le FFS dans la libération des détenus», a déclaré que la pression exercée par son parti est pour beaucoup dans la grâce présidentielle qui a permis à ces détenus de rejoindre leur famille.

Concernant l’objectif de leur rencontre, hier, avec les délégués du mouvement citoyen, M. Diaf dira qu’aucun élément convaincant concernant le rejet des élections n’a été fourni par leurs hôtes (aârchs, NDLR), et que l’après-10 octobre reste confus pour le premier secrétaire fédéral qui a expliqué que la position du parti vis-à-vis desdites élections a été prise par souci de protéger la population.

«Nous n’avons pas le droit d’abandonner la population entre les mains d’aventuriers qui ne font que reproduire les desseins du pouvoir.

Et M. Diaf d’ajouter : «Notre participation est une manière de déghettoïser le mouvement citoyen… et d’aller vers une dissidence citoyenne au niveau national, seule à même de faire tomber le système».

Quant à un éventuel affrontement entre ceux qui veulent aller aux urnes et ceux qui ont décidé de les bouder, M. Diaf a dit «Le FFS met tout un chacun devant ses responsabilités.» A. D.

   
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