Le vote n’a pas eu lieu dans vingt et une communes

Choix entre des élections partielles et l'installation de DEC

Par Moussa Ouyougoute, La Tribune, Samedi 12 octobre 2002

Avec un taux de participation approximatif de 10%, les structures des arouch ont presque réussi à rééditer «l’exploit» du 30 mai dernier. Le vote n’a pas eu lieu dans vingt communes de la vallée de la Soummam alors que dans certaines, le taux est quasiment insignifiant, zéro et quelques poussières. C’est le cas à Chemini avec 0,03% et à Toudja, beaucoup plus à l’ouest, avec 0,08%.Cependant, «la commune rebelle» est bien évidemment celle de Tizi N’Berber. Surplombant les localités du Sahel où a été enregistré le taux le plus élevé de participation à ces élections, la moyenne étant de 35%, Tizi N’Berber a répondu massivement au mot d’ordre des arouch : rejet des élections, en clair «empêcher pacifiquement» le déroulement de l’opération de vote.

A signaler que ces élections se sont déroulées dans un climat de tension qui a fait craindre le pire. Dans certaines localités, les populations n’ont eu aucun choix.Les bureaux de vote ont été assiégés et saccagés parfois avant le début de l’opération de vote. Les urnes, une quarantaine, ont été incendiées. Plus grave encore, les agents chargés de la surveillance des élections ont été brutalisés. Après avoir planté un tel décor, les populations de Kabylie, déjà fortement excédées par la cacophonie qui règne depuis plusieurs mois, ont préféré rester tranquilles chez elles. L’occasion pour de jeunes, voire des chérubins, émeutiers de prendre possession des villes et villages. Alors qu’un groupe s’affaire à fermer le bureau de vote, les autres attaquent les brigades anti-émeute, lesquelles ripostent par des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Bilan : des dizaines de blessés entre manifestants et policiers.Devant ce cas de figure, d’aucuns estiment que le département de Zerhouni a le choix entre l’organisation d’élections partielles dans les semaines ou mois à venir ou le recours, de nouveau, à des Délégations exécutives communales (DEC) «de triste mémoire». Les structures des arouch, mais également les partisans de l’autonomie de la Kabylie, à leur tête Ferhat Mehenni, ont des solutions de rechange. «Au lendemain de cette date, nous invitons chaque village et chaque quartier de chaque commune à designer leur délégué pour gérer dans la collégialité leur municipalité», a déclaré Mehenni à notre confrère la Dépêche de Kabylie. Cette proposition est reprise par un délégué des arouch, invité jeudi sur les ondes de BRTV.

L’intervenant est allé plus loin dans sa logique. Les mêmes délégués désigneront leurs représentants dans chaque wilaya. Et les 48 délégués pourront ensuite, en leur âme et conscience, voter à la place des 30 millions d’Algériens pour leur futur président. On ne sait pas si cette présidentielle a lieu en 2004, selon le calendrier ou l’on aura droit à une présidentielle anticipée.

M. O.

   
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