Nouvel échiquier politique

Des mouvances favorables à la réconciliation nationale

Par Aït-Chaâlal Mouloud, Jeune Indépendant, 14 octobre 2002

Les élections locales, qui ont vu le FLN sortir largement victorieux, ont confirmé l’émergence de nouvelles forces qui constitueront désormais le nouvel échiquier politique. Tout comme lors des législatives, les tendances lourdes qui incarnent le paysage politique se recrutent dans les mouvances ayant, depuis 1997, imprimé, d’une manière ou d’une autre, leur rythme aux destinées des Algériens.

Il s’agit d’un remake donnant lieu à une prédominance d’un partis cette fois-ci, le FLN, sur les autres avec un changement d’acteurs, mais avec le même décor, marqué par une persistance de la violence terroriste et l’éclatement d’une révolte en Kabylie qui donne, depuis avril 2001, le tournis à la présidence. Le FLN s’est substitué au RND. El-Islah a évincé Ennahda, alors que le Parti des travailleurs, profitant des dérobades du RCD, a repris du poil de la bête. Le FNA de Moussa Touati enregistre une nouvelle percée, le MSP se maintient et le FFS est de retour. Toutefois, les tendances qui composent la carte politique sont quasiment identiques avec quelques nuances. Le parti d’Ali Benflis qui tente de véhiculer l’image d’un parti rassembleur, ne se reconnaît pas dans la démarche extrême du RND, un parti hostile aux islamistes et qui prône l’éradication des groupes terroristes comme panacée au règlement de la crise multiforme vécue par le pays depuis 1992.

Le FLN, connu pour être plutôt proche de la mouvance conservatrice, ne cache pas son assentiment pour un règlement pacifique de la crise. Une option souhaitée par le FNA qui incarne, désormais, dans le nouveau paysage politique, la tendance virulente de la famille révolutionnaire, celle qui semble échapper au canevas officiel.

El-Islah et le MSP seront les portes-voix du courant islamiste, mais celui dans lequel ne s’identifie pas la mouvance de l’ex-FIS, refoulée dans le ghetto de ce qui a été qualifié «d’intégrisme».

Le FFS d’Aït-Ahmed, considéré comme un acteur importante dans la scène politique, reprendra le rôle qui est sien et que le pouvoir déteste, mais tolère pour faire bonne figure aux yeux de la communauté internationale. Face à une opposition anémique et un net recul du multipartisme, la présence du FFS dans le nouvel échiquier politique serait aux yeux du pouvoir «un mal nécessaire», mais vraisemblablement un alibi entre les mains de président Bouteflika pour faire aboutir sa démarche de paix civile. La paix civile est la seule revendication qui rapproche Bouteflika du FFS.

Lors de sa visite à Tiaret, Bouteflika avait réaffirmé son attachement à la réconciliation nationale qu’il a théorisée comme une réponse aux malheurs qui frappent les Algériens. A l’évidence, la prochaine étape de Bouteflika, suite à la mise en place des nouvelles institutions, est d’engager, avec force, l’idée de la réconciliation nationale. Il n’est pas exclu que Bouteflika enclenchera cette étape avec des partis qui échapperaient aux interférences de ses adversaires et qui risquent de susciter la polémique pour ranger derrière eux les mécontents de tous bords. Mais, Bouteflika prépare déjà sa parade en imposant une nouvelle loi qui exclurait de la scène les partis sans réelle envergure mais qui peuvent s’avérer nuisibles. A.-C. M.


   
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