Dispositif sécuritaire renforcé

L'Actualité, 5 octobre 2002

Comme à l’approche de chaque échéance électorale, les autorités procèdent au renforcement du dispositif sécuritaire afin d’assurer la sécurité des citoyens et, surtout, de parer à toute recrudescence d’actes terroristes. Cette fois, le défi des autorités est sur un double front puisqu’il s’ agirait, en plus d’asseoir un climat de sérénité à l’échelle nationale, de réussir une élection dans une région, la Kabylie, livrée depuis une année et demi à une violence inouïe.

Afin de réussir ce double pari, les autorités ont récemment procédé au renforcement des dispositifs sécuritaires à travers plusieurs wilayas du pays, notamment celles de Kabylie. En témoigne le périple d’Ali Tounsi, patron de la DGSN, qui a inauguré plusieurs Unités républicaines de sécurité (URS), notamment dans la région de Kabylie, où il a ouvert des structures sécuritaires dans les quartiers de la Haute-ville et de la Nouvelle-ville du chef-lieu de la wilaya.

Parallèlement, des troupes de CNS se sont dirigées ce week-end vers cette région pour renforcer les unités qui ont remplacé les brigades de gendarmerie. Le même renforcement est perceptible dans les localités connues comme étant des zones de repli d’éléments des groupes armés, proches des maquis des GIA et du GSPC, où la sécurité est renforcée par la mise en place de barrages.

Dans les grandes agglomérations, l’on constate depuis quelques jours un mouvement inhabituel d’éléments des services de sécurité. Un contrôle rigoureux est aussi assuré aux gares routières et sur les marchés.

Il est vrai que c’est d’un tel contexte que les groupes armés qui infestent encore certains maquis profitent pour se redéployer et semer la terreur. Rappelons les tentatives d’attentat à la bombe perpétrées par certains terroristes qui avaient pu passer à travers les mailles du filet sécuritaire avant les dernières législatives ainsi que les massacres qui avaient eu lieu au lendemain des élections législatives de 1997.

La leçon, cette fois, semble être connue des pouvoirs publics.

Rabah B.

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Des renforts avant le scrutin

La Kabylie sous haute protection

Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a mis en œuvre les mesures de sécurité annoncées la semaine dernière. Des informations parvenues des wilayas de Béjaïa et Tizi Ouzou font état d’un redéploiement du dispositif sécuritaire. Quelque 300 CNS ont été dépêchés à Azazga, jeudi dernier, alors que près de 200 arrivaient le même jour dans la daïra de Seddouk (wilaya de Béjaïa).

A Seddouk, ces renforts ont été accueillis par des échauffourées. Les jeunes, qui parlaient de "provocation", s’en sont pris ensuite au siège du FFS, qui a été saccagé à la fin du meeting animé par les délégués de cette localité.

La Kabylie, depuis le début de la campagne électorale, vit au rythme de deux campagnes antagonistes menées par les partisans du boycott (les Aârouch et le RCD) et les partis politiques appelant au vote, dont le chef de file est le FFS. Dans un appel, son premier secrétaire Ahmed Djeddaï a mis l’accent sur la sécurité des biens et des citoyens et n’a pas caché ses appréhensions quant à la tension qui persiste et les pressions que subissent ses candidats. Il a exhorté l’Etat à assumer ses responsabilités en assurant la sécurité des électeurs. Djeddaï explique cet appel pressant de son parti par le fait que certains cercles veulent anéantir le FFS, mais demande à ne pas faire l’amalgame entre la sécurité et la répression.

C’est dire que le renforcement de la sécurité, perceptible à l’approche de chaque échéance électorale dans toutes les régions du pays, est en passe d’ être rejeté par les citoyens de la Kabylie. Cependant, d’aucuns se demandent si de telles mesures arriveront à apaiser la situation. Une chose est néanmoins sûre : les élections de jeudi prochain se dérouleront dans un climat très tendu en Kabylie.

Quant au FFS, il estime avoir réussi à "briser le mur de la peur et de l’ omerta" en organisant des meetings dans cette région. Les jeux ne sont certes pas encore faits, mais le parti d’Aït Ahmed aura fort à batailler le jour du scrutin. Un scrutin qu’il entend réussir, en dépit de toutes les difficultés mais aussi des incertitudes.

Brahim Mazouz

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www.algeria-watch.org