Aarchs Des délégués sur les listes du FFS

Y a-t-il eu des garanties ?

L'Actualité, 21 août 2001

Selon un responsable du Front des forces socialistes (FFS), des délégués des Aârchs, anciens détenus, auraient donné leur accord pour figurer sur les listes du parti en Kabylie, en prévision des élections locales qui auront lieu le 10 octobre prochain. S’agit-il d’une tentative de déstabilisation du mouvement citoyen sachant que les hostilités entre les deux parties sont déclarées ? Si cette information se confirme, cela veut dire que le parti de Aït Ahmed a eu des garanties quant la satisfaction de la plate-forme d’El Kseur. Sinon, comment le FFS a pu convaincre ces délégués si ce n’est en leur donnant des assurances quant aux bonnes intentions des autorités à clore ce dossier définitivement, quelque part, dans le sens souhaité par les Aârchs.

Déjà, il y a l’épisode du délégué de Tigzirt, Zeroual, qui en décidant de mener une action aux portes de la Présidence a été reçu - du moins deux de ces compagnons - dimanche dernier, par le chef de cabinet du Président, Larbi Belkheir. En rentrant chez eux, l’un d’eux, en l’occurrence le Dr Benkhamou, avait indiqué que cette rencontre était "constructive et fructueuse".

Le FFS, rappelons-le, avait conditionné sa participation, dans un premier temps, par la prise de quelques mesures d’apaisement, telles que la libération des détenus. En effet, quelque temps après, le chef de l’Etat a décidé de libérer toutes les personnes arrêtées lors de manifestations. Là déjà, des délégués ont été accusés par leurs pairs d’avoir mené, en prison, des négociations avec les autorités. Le FFS a-t-il recu d’autres "promesses" en acceptant de participer aux élections ? Puisque, et ce n’est un secret pour personne, l’aventure est périlleuse.

Que deviendrait ce parti si rien n’est fait pour désamorcer la crise, surtout que, la Kabylie est le principal réservoir à voix du FFS. Tout comme, d’ailleurs, le RCD qui a décidé de boycotter ces élections. Donc, la décision prise par le parti de Aït Ahmed de participer aux prochaines élections locales dans un contexte aussi difficile pourrait s’expliquer par le fait qu’il a reçu des garanties, en haut lieu, quant au règlement de la crise dans les jours à venir. Des garanties qu’il aurait retransmises à ces délégués.

D’un autre côté, et dans le même ordre d’idées, il n’y a pas meilleurs candidats, en Kabylie, pour le FFS que les délégués des Aârchs, et ce, sachant la popularité dont jouissent certains d’entre eux auprès des citoyens qu’ils représentent. Ce qui explique le fait que le FFS les aurait convoités.

Du côté du Aârchs, on estime que ces condidats sont des militants du FFS, et que la Coordination interwilayas va statuer sur leurs cas. Va-t-on vers la réedition de ce qui s’est passé au MCB où il y a eu deux tendences, l’une proche du RCD et l’autre FFS ? En tout état de cause, si le statu quo persiste, la Kabylie va vivre, immanquablement, des moments aussi pénibles que ceux vécus lors des législatives du 30 mai. D’ici là…

Ghany Aïchoune

   
www.algeria-watch.org