Elections

La contestation gagne tous les partis

Qu’est-ce qui fait courir les candidats ?

L'Actualité, 29 août 2002

La campagne électorale va s'engager dans un climat vicié. Ce n'est plus la hantise de l'abstention qui pèse sur les partis mais plutôt la grogne interne qui n'a épargné aucune formation politique.

Des informations persistantes venant des localités même les plus reculées du pays font état de démission, de dénonciation, de refus des listes élaborées, dit-on, sur décision de la centrale au niveau des direction des partis.

Un indescriptible désordre règne depuis quelques semaines au niveau des bases qui s'élèvent de manière "coordonnée" contre ces coups de force où leur avis, argue-t-on, n'est pas pris en compte quand bien même "la consultation de la base" a été au centre de tous les discours.

L'euphorie du FLN, vainqueur des législatives, a été paradoxalement de courte durée. Et pour cause, l'empressement de Ali Benflis d’aller, dans les plus brefs délais , vers les élections locales n'a duré que le temps que se rende compte sa base de la faiblesse de ses positions devant l'appareil. Premières réactions : le bureau de Benflis ne désemplit pas de missives de dénonciation envoyées par une base qui ne comprend pas le comment du maintien de certaines candidatures "douteuses". Des "kasma" sont prises d’assaut, certaines fermées, sans que réagisse la direction du parti. La même atmosphère est de mise au sein du RND qui continue sa dégringolade sous le vent de grogne qui a commencé à souffler depuis la préparation des législatives. Des démissions sont rapportées quotidiennement par les correspondants de presse. Chez les islamistes, la secousse est discrète avec en filigrane une guerre larvée entre les partis légaux de cette mouvance autour d’un électorat indécis et non convaincu.

Même le FFS n’est pas épargné par le séisme. Déjà contesté dans sa décision de participer aux locales, en Kabylie par la base, si ce n’est la discipline partisane.

Le fait étrange est la bataille de position entre les candidats d’une même liste. Pourtant, bien des raisons peuvent dissuader les postulants à la candidature. Mandat sans réel enjeu politique, l’on ne comprend pas la motivation des candidats et leur bousculade sur les listes. L’absence de l’enjeu devrait logiquement inciter à la réticence alors que, dans le cas présent, l’attitude des partis en course est pour le moins inédite et incompréhensible.

Et des candidats, surtout, dont une partie est constituée de transfuges et de dissidents. A cette somme d’interrogations qui ne trouvent aucune explication pour le moment, et vu la fièvre qui s’est emparée des candidats et la vague de contestation qu’elle a suscitée, il y a de quoi se demander si le siège d’élu dans une commune n’offre pas une position confortable.

En effet, jamais le FLN n’a enregistré autant de nouveaux militants et de prétendants. Tout comme la tension n’a jamais été aussi exacerbée au RND pour les municipales. Un état de fait qui renseigne tout au moins sur les ambitions des uns et des autres dans un climat politique largement déserté, discrédité et où la classe politique est laminée. Il ne pourrait rester dès lors que les dividendes pour attirer ceux qui seront portés à la tête "de la gestion des affaires locales" et partant pour en tirer le maximum, peut-on, à bien des égards, supposer.

D. Ben

   
www.algeria-watch.org