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Elections locales Changement dattitudes ? Par Mohamed Zaâf; Le jeune Indépendant, 24 août 2002 Lopération de dépôt des candidatures aux élections locales a pris fin mardi dernier avec un changement notable dans lattitude officielle comparativement aux dernières législatives lorsquà lunisson, ministres et chefs de partis liés au pouvoir manifestaient une volonté stridente de «barrer la route» aux islamistes dobédience FIS. Des règlements conjoncturels sans consistance légale ont vu le jour et le terrain fut balisé de façon à leur rendre hermétique laccès au Parlement, bien que la loi leur reconnaisse un plein droit à léligibilité. 27 listes avaient été rejetées pour le seul parti dAdami que le dépit a poussé à démissionner de son parti Ennahda. A travers ladministration, le pouvoir pratiquait alors une sorte dapartheid qui ne disait pas son nom. Même le FFS de Hocine Aït Ahmed, le parti dopposition le plus ancien, en mesure dapporter la contradiction dans les débats parlementaires, sest retrouvé comme par hasard sur la touche. Cadeau du ciel, cadeau des aârchs ou manuvre machiavélique, le résultat issu de lattitude du FFS ne pouvait quarranger un pouvoir qui, probablement, nen demandait pas tant. Savamment préparé, le dosage parlementaire ninquiétera pas outre mesure la projection des textes comme réellement voulue durant lactuel mandat. Pour les locales, cest bien sûr une autre paire de manches. Il nest pas question de voter les lois mais plutôt de faire face à la pression citoyenne et de répondre aux immenses besoins des populations dans les communes. La mission des élus locaux cest daller au charbon et de prendre en charge les situations inextricables dans lesquelles ont été plongées les communes, en raison notamment de la conduite douteuse danciens «élus» dont plusieurs centaines sont aujourdhui placés en examen. Depuis le début de lopération de dépôt jusquà aujourdhui, aucune voix ni officielle ni officieuse nest venue appeler, cette fois, à «barrer la route» aux islamistes, et la présence du FFS est plutôt souhaitée, constate-t-on. Ni Yazid Zerhouni, le ministre de lIntérieur, ni Ahmed Ouyahia, le ministre de Bouteflika, et encore moins le chef du gouvernement Ali Benflis nont émis la moindre allusion sur une quelconque participation de la catégorie des islamistes refoulés aux législatives. Non seulement les autorités gardent à ce propos le silence et «qui ne dit mot consent» mais personne du camp officiel na non plus crié au scandale après linformation sur le récent Congrès du FIS tenu, dit-on, en Belgique. Contrairement à certains cas dans le passé, aucun officiel na dénoncé lévénement, comme aucune voix ne sest élevée pour protester auprès du pays daccueil ou laccuser dêtre une base arrière terroriste. Boukhamkham, lun des dirigeants du FIS de lintérieur a, de son côté, appelé son parti à prendre exemple sur le FFS pour tirer profit de ses éventuelles participations aux scrutins. Le changement observé aussi bien du côté du pouvoir que du côté des islamistes ou du FFS ne serait-il quun simple changement de ton obéissant à la conjoncture, ou augure-t-il dune étape qui déblayera un peu plus le chemin à la concorde nationale sans laquelle il ne saurait y avoir de vraie relance ? M. Z. |
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