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Plus que trois jours pour la campagne électorale Du charme au jet de pierres Le Quotidien d'Oran, 5 octobre 2002 Retour, à moins dune semaine des élections locales du 10 octobre, sur une campagne électorale qui sera close 48 heures avant le début du scrutin, soit lundi à minuit. Depuis le 19 septembre, les candidats se sont attelés à aller à la rencontre des électeurs qui auront révélé une indifférence totale au discours électoral. Le discrédit qui frappe la campagne est accentué par les petits partis sans envergure dont les leaders, toujours les mêmes, en dépit des échecs essuyés à chaque consultation, reviennent à la charge pour ressasser les mêmes discours que personne nécoute. Daucuns sinterrogent sur ce qui les fait courir. Les formations créditées de représentativité, sentant la désaffection du public, se sont éloignées des discours lénifiants de promesses pour sappesantir sur la moralité des candidats et la transparence de la gestion. Cest que le quinquennat qui sachève a révélé une importante proportion de maires véreux et corrompus au point de sexposer aux poursuites judiciaires. Plus de 300 dentre eux ont été en effet traduits devant les tribunaux, dont 123 ont fait lobjet de condamnation. Cet aspect des choses a sérieusement entamé limage du maire, doù le décrochage de la population. Le décor de salles pleines reflété à la télévision ne correspond pas toujours à la réalité du terrain. Finalement, la campagne aura valu par lévolution de la crise en Kabylie, qui a pris une tournure singulière depuis que le FFS a décidé de prendre part aux élections. Le clivage est allé crescendo entre ce parti et le mouvement des ârchs, uni avec le RCD dans le rejet du scrutin. La divergence a consacré une confrontation horizontale entre partisans et adversaires des élections. Des pratiques pour le moins condamnables, intimidations, menaces physiques et agressions ont vu le jour. Des expéditions punitives ont ciblé les candidats et les militants du FFS, «coupables davoir brisé la solidarité en Kabylie». 14 de ses sièges ont été saccagés. Jeudi, à Tizi Ouzou, des jeunes, la plupart connus pour être militants dun parti rival, ont tenté de perturber le meeting de Ahmed Djeddaï, en menaçant devant lentrée principale du stade Oukil Ramdane, lieu du rassemblement, les citoyens qui voulaient y entrer. Jets de pierres, obscénités et insultes ont contraint un moment les militants du FFS à user des mêmes arguments, car le rassemblement devait impérativement avoir lieu. Les pierres ont fait des blessés légers. La police est intervenue en dispersant à coups de bombes lacrymogènes les grappes de jeunes qui scandaient à tue-tête «Ulac el vote». Cet après-midi-là, Tizi Ouzou est symptomatique de la tension qui sest emparé de la région. Lhostilité cultivée à légard du FFS par les ârouch et le RCD est visible aussi sur les murs de la ville. Aux affiches lacérées, s ajoutent les graffitis qui traitent de tous les noms doiseaux le parti de Aït Ahmed et encensent les ârchs. Le climat électrique ainsi entretenu fait craindre des dérapages le jour J. Dès aujourdhui, il sera possible de jauger linfluence des ârchs sur la population à travers lappel à une grève générale lancé par eux à loccasion de lanniversaire du 5 Octobre. La fédération FFS de Tizi Ouzou a appelé les commerçants à ne pas suivre ce mot dordre et à ne pas céder à la pression. Djeddaï les a assurés jeudi, à partir de la tribune du stade, du soutien de son parti. «Nos militants vous protégeront», leur a-t-il dit, en dénonçant le racket systématique dont ils sont victimes. Il est pour le moins hasardeux démettre un pronostic sur ce qui se passera le 10 octobre. Les renforts de police dépêchés dans la région, destinées à protéger les électeurs, se heurteront à la détermination des jeunes désoeuvrés qui se reconnaissent dans les mots dordre des partisans du rejet des élections, lequel prend la signification dune rébellion contre lordre établi. On retiendra, par ailleurs, de cette campagne que la revendication relative à lélargissement des attributions des APC, autrefois propres aux partis d opposition, est partagée par lessentiel des acteurs politiques. Moins attendus sur ce terrain, FLN et RND ont été prolixes sur ce thème. Ouyahia et Benflis lont assez répété dans leurs meetings pour que la chose prête à coquetterie. Lélargissement des pouvoirs des mairies, outre quil donne plus de crédibilité aux élus, sinscrit en droite ligne du principe de décentralisation galvaudé ces derniers temps. Pourtant, la mouture du projet de révision des code communal et de wilaya en circulation ne porterait pas d indices de ce type dévolution, si lon en croit certains partis politiques. Omar S. |
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