Conclave interwilayas des ârchs

Des actions pour barrer la route aux élus

Le Quotidien d'Oran, 20 octobre 2002

Les délégations de cinq wilayas ont assisté au conclave des ârchs, qui s’est déroulé dans la localité de Tifra et dont les travaux ont pris fin, tard dans la soirée de vendredi. Ce premier conclave inter wilaya, après les élections du 10 octobre, revêt un cachet particulier, car il intervient après les arrestations opérées au sein des délégués du mouvement citoyen mais, surtout, après des élections où, malgré la vague de violence ayant secoué la Kabylie la veille et le jour du scrutin, plusieurs localités ont pu quand même élire leurs représentants aux différentes assemblées.

Le dilemme réside justement là, car les ârchs qui avaient voulu rééditer un «30 mai bis», sont actuellement confrontés à une situation pour le moins embarrassante vis-à-vis des élus «sortis» des urnes et qui ont bravé l’interdiction des partisans du boycott.

Ainsi, le conclave a tourné essentiellement autour de cette question des élus, accusés de tous les maux par les délégués de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdès et Alger. De ce fait, les représentants des ârchs, qui ne semblent pas vouloir abandonner la partie, ont décidé d’organiser des rassemblements devant les APC de la wilaya de Béjaïa, demain, pour perturber l’installation de ces nouveaux élus. La même opération sera menée par les ârchs, les 23 et 24 octobre, à Tizi Ouzou et Bouira. Par ailleurs, au sujet des détenus, les délégations qui ont pris part au dernier conclave, ont décidé d’observer des sit-in périodiques devant les tribunaux, afin d’exiger la libération des personnes incarcérées. La délégation de Tizi Ouzou a, quant à elle, opté pour un ultimatum lancé aux autorités pour libérer les détenus, avant de procéder, dans le cas contraire, à l’expulsion des chefs de daïra.

A noter que, en guise de commémoration du 1er Novembre 54, les ârchs ont décidé, à l’unanimité, d’organiser un rassemblement à Ighil Imula, dans le cadre de ce qu’ils ont appelé «la réappropriation des dates historiques par le citoyen».

Enfin, signalons que le principe d’une marche nationale a été adopté, afin d’exiger «la satisfaction de la plate-forme d’El-Kseur scellée et non négociable». La date et le lieu de la manifestation seront fixés, lors du prochain conclave, avons-nous appris.

Z. Mehdaoui

   
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