Aarchs

Rejet des élections

Arguments des Aârchs

L'actualité, 20 août 2002

La délégation, mandatée par le mouvement des Aârchs afin de se concerter avec quelques partis politiques sur une "dynamique commune pour le rejet des élections", a remis aux cinq formations choisies un document, élaboré par la Coordination interwilayas lors de sa réunion, tenue le week-end dernier.

Dans ce texte, il est fait référence de la décision prise par les Aârchs concernant leur non-participation aux locales. Après avoir rappelé "la grande réussite" du rejet des législatives du 30 mai, les Aârchs ont estimé que "devant l’entêtement du Pouvoir dictatorial, négateur des droits de l’Homme universellement reconnus, la population se doit de consentir un sacrifice de plus en mettant en échec la machine électoraliste du Pouvoir afin de parvenir à la mise en place d’un Etat démocratique". Face à cette option, le mouvement citoyen de Kabylie a évoqué, dans ledit document, les "raisons du rejet des élections" qui s’articulent autour de deux volets, à savoir le politico-administratif et le socio-économique.

Pour ce qui est du premier volet, les Aârchs ont surtout insisté sur l’absence de prérogatives concernant les élus locaux, déclarant que "les textes régissant les collectivités locales ne peuvent permettre une décentralisation des pouvoirs décisionnels au niveau politique dans les espaces des collectivités locales". "Les aspirations citoyennes liées à l’exercice de la démocratie à la base ne peuvent trouver leur consécration à travers les dispositions des textes en question qui ne sont que des répliques décentralisées de tous les textes de l’Etat algérien qui consacrent un autoritarisme négateur de toutes les libertés".

Dans le document, il est fait référence aux "textes (Constitution, Code communal, Code de wilaya) qui n’octroient aux représentants du peuple que des prérogatives insignifiantes les confinant dans le rôle de faire-valoir et servant ainsi d’alibi démocratique". Dans le volet socio-économique et culturel, les Aârchs évoquent l’impossibilité de création de richesse par les collectivités locales. Ils estiment que "la quasi inexistence des infrastructures de base (…) conjugué aux blocages de l’administration mettent les instances élues et les élus locaux dans l’impossibilité de concevoir et de mener une politique d’investissement et de développement local les réduisant ainsi au rôle, peu glorieux, de simples exécutants et de gestionnaires de la misère".

Côté culturel, ce mouvement estime que "l’unicité de la pensée du Pouvoir à travers son idéologie dominatrice et obscurantiste annihile toute expression culturelle plurielle induisant ainsi la folklorisation de notre culture, plusieurs fois millénaire, engendrant ainsi la marginalisation de notre identité, de notre langue et de notre civilisation".

Pour les objectifs, les Aârchs déclarent que "le rejet de toute échéance électorale, option stratégique du mouvement citoyen, s’inscrit dans une logique de pression permanente sur le Pouvoir afin d’imposer la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d’El Kseur explicitée à Larbaâ Nath Irathen".

La Coordination interwilayas a énuméré, également, les incidences qui découleront suite à ce rejet. Elle a, en outre, évoqué "le risque de dilapidation du foncier à l’instar de ce qui s’est passé durant l’épisode des DEC/DEW, le vide institutionnel accentuant la situation de non-Etat, vécue depuis avril 2001 et le risque de perturbation dans le fonctionnement de certains services de la commune".

Ghany A.

   
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