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Un général parle au nom de larmée Chadli et Zeroual sont partis librement Par Hassan Moali , Liberté, 29.10.02 Pour une première, cen était véritablement une ! Mohamed Touati, général-major et néanmoins conseiller du Président, chargé des questions de défense, a levé, hier, le voile sur des événements controversés, voire objets dune grosse polémique, ces dix dernières années. Départ de
lex-président Chadli Bendjedid, interruption du processus
électoral, démission de Liamine Zeroual et limplication
forcée de larmée dans les affaires politiques, ce
sont autant de thèmes que le général a développés,
du haut de la tribune du Palais des nations. Son intervention au colloque
international sur le terrorisme a largement dépassé son
cadre, pour prendre lallure dune sérieuse mise au point.
Mohamed Touati donne demblée le ton, en affirmant que larrêt
du processus électoral a privé lintégrisme
islamiste de lopportunité de démanteler lÉtat
national et lui substituer lÉtat théocratique.
Il reconnaît que cette initiative constitue le dernier de
ces épisodes lourds de conséquences pour le pays et la société
algérienne tout entière. Larmée a-t-elle
agi seule face à la montée du FIS ? Le général
major précise : Si elle (larmée, ndlr) a souscrit
clairement pour larrêt du processus électoral, elle
la fait de concert avec le gouvernement, ainsi quavec dautres
forces politiques et sociales, non pas par aventurisme putschiste mais,
bien au contraire, par fidélité à lesprit démocratique
consacré par la Constitution toute nouvelle. Lofficier
supérieur de larmée néprouve visiblement
aucun regret par rapport à cette période sombre de la crise
nationale. Bien quil laisse le soin aux historiens de juger, il
affirme néanmoins : Du point de vue de lautorité
militaire, ces prises de positions étaient conformes à lidéal
de progrès auquel aspire le peuple algérien. Ceci
pour linterruption des élections. Concernant le départ
de Chadli, le général Touati a martelé que celui-ci
est parti librement, sous aucune pression. Il balaie dun
revers de la main la thèse en vogue du coup dÉtat,
défendue par le FIS et certains milieux politiques. Il a
démissionné comme le ferait un autre chef dÉtat
en pareilles circonstances, assène, péremptoire, le
général qui rappelle, au besoin, la confession de Chadli,
il y a une année, dans les colonnes de notre confrère Le
Matin. Y a-t-il eu des pressions sur le Président ?,
sest interrogé Touati, avant de préciser que cela
confirme la déclaration du ministre de la Défense dalors
Khaled Nezzar selon laquelle Chadli avait démissionné
en toute liberté de conscience. Lorateur note,
cependant, un tantinet énigmatique, que le départ de lex-Président
devait servir à linterruption du processus électoral.
Il est certain quelle (la démission, ndlr) est intervenue
pour permettre la suspension du deuxième tour du scrutin et donc
lannulation des résultats du premier tour, affirme,
en effet, le général major qui impute implicitement la montée
en puissance du FIS à lintransigeance de Chadli à
organiser les législatives. Les autorités persistèrent
à faire tenir, sous pression du FIS, des élections anticipées
pour la fin de lannée dans une ambiance délétère,
propice à toutes les dérives. Il est donc évident
quun doigt accusateur est pointé vers Chadli Bendjedid qui
sest accroché à ses élections, malgré
la menace du FIS. Était-ce donc cette goutte qui a fait déborder
le vase pour chasser dautorité Chadli de la présidence
? Touati sen défend, puisquil affirme que Chadli avait
démissionné de son propre chef. Le général
révèle que les nombreuses réactions de la société
civile poussèrent le gouvernement et les autorités à
rechercher une issue salutaire : et pour les institutions de lÉtat
et pour la préservation de la vie démocratique. Pour
le départ de Liamine Zeroual, le général Touati précise
bien quil sest fait par démission, juste
après la promulgation de la nouvelle Constitution et lélection
des Assemblées parlementaires, sans autres éclairages. Par
ailleurs, le conseiller à la défense à la présidence
souligne que lAlgérie a échappé à
un état dexception et à une suspension de la Constitution,
suite à lassassinat de Mohamed Boudiaf, sur rapport de lautorité
militaire. Assassinat que le général Mohamed Touati qualifiera
de grand choc psychologique. |
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www.algeria-watch.org
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