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Terrorisme et arrêt du processus électoral La parole aux généraux
L'Actualité, 29 octobre 2002 Alors quon sattendait à un échec, vu le nombre dinvités qui se sont rétractés, le Colloque international sur le terrorisme a été, finalement, loccasion pour les généraux et autres officiers des services de sécurité de parler. Ils ont, pour une fois, été bavards, et surtout, ils ont défini plus clairement la gestion de l'Armée de la lutte antiterroriste et sa position sur larrêt du processus électoral. Il est clair, aujourdhui, que lArmée assume publiquement ce que le président de la République a appelé la "première violence". Avec force détails, les plus hauts officiers de lANP ont essayé de décortiquer politiquement et militairement le mouvement intégriste et de se lancer des satisfecit quant à la victoire sur les groupes armés. Le général Touati a sur un ton nuancé insinué que la page du FIS et des GIA est désormais tournée. Un propos qui suggère implicitement le retour à la vie politique. LArmée a, semble-t-il dit, assumé son rôle dans la "préservation de lEtat de leffondrement", cest aux politiques aujourdhui de relever le défi dinstaurer un véritable Etat démocratique. Ce qui en dit long sur les projets de linstitution qui a sauvegardé le pays, dans un contexte marqué par des tensions entre une grande partie de la classe politique et des acteurs sociaux et la Présidence de la République. Volontaire ou accidentelle, la déclaration du général Touati prend place dans ce débat politique où saffrontent deux thèses, celle du président, dont la concorde nationale constitue le socle, et celle de lensemble de la classe politique. LANP ne peut pas, dans ce cas, ne pas se positionner sur léchiquier. D. Ben -------------------
Concorde civile ou nationale Glissement sémantique ou amalgame ? "La politique de la concorde civile ambitionne de briser le cycle de la terreur. Elle doit permettre le retour à la paix". Cest ainsi qua défini le président Bouteflika sa démarche de rétablissement de la paix dans son allocution douverture du Colloque international sur le terrorisme. Et dexpliquer ensuite les contours de sa démarche devant, logiquement, aller au-delà de larrêt de "la terreur" incluant dautres mesures. Autrement dit, sa volonté daller plus loin sinscrit dans une politique globale. Cest ce qui explique, sans doute, sa récurrente référence au référendum sur la concorde civile. Cependant, dans le texte transmis à la presse et diffusé par lAPS, il na pas été question, dans le discours du Président, de concorde civile, mais de concorde nationale. Cest là, incontestablement, un amalgame dont on ne connaît pas les visées. Agence officielle, lAPS ne pourrait en aucun cas retransmettre lintégralité du discours présidentiel en y apportant des retouches. Par ailleurs, la loi relative à la concorde civile a expiré le 13 janvier 2000 avec son prolongement par la grâce amnistiante prononcée par le Président en faveur des repentis de lAIS. Juridiquement, cette loi na plus cours une fois le délai du 13 janvier expiré. Or jusquà présent, aucune décision nest prise par le Président pour lui donner un effet supplémentaire. Certes, Bouteflika a insinué une telle perspective en lançant son appel au GSPC de Hassan Hattab pour bénéficier de cette loi, mais il nen demeure pas moins quil ait lancé quelques semaines plus tard, à partir de Batna, lidée de la concorde nationale. Daucuns ont interprété lidée du Président comme une passerelle pour réhabiliter le parti dissous, dont des membres le pressaient dannoncer dautres mesures. Depuis, il navait renoncé à ce nouveau projet dont aucun parti, aucun observateur, navait saisi les contours ou le contenu. Mais linsistance du Président à ce propos renseigne sur sa volonté de convaincre ses adversaires et ses interlocuteurs de la nécessité dadopter sa démarche. Une démarche contestée dans le principe par la classe politique qui remet, a posteriori, en cause même son soutien à la concorde civile, surtout dans son aspect gestion. Cet amalgame serait donc volontaire ? Probablement. Il serait en tout cas une parade pour jouer sur deux tableaux. Dune part, ne pas gêner lauditoire dont les positions majoritaires ont été exprimées par les militaires. De lautre, faire admettre le glissement sémantique avancer lidée de la concorde nationale à travers le canal de lAPS. D. Ben -------------------
Rédha Malek au sujet des origines du terrorisme "Lex-FIS et le laxisme des autorités en sont responsables" "Le terrorisme intégriste puise ses sources dans la guerre dAfghanistan, s'est propagé avec l'aide des pétromonarchies du Golfe et de la CIA, a été mis en uvre par l'ex-FIS et encouragé par le laxisme des autorités de lépoque", a déclaré, en substance, hier, lancien chef de gouvernement et membre du HCE, Rédha Malek Dans son intervention au terme de la dernière journée du Colloque international sur le terrorisme, Rédha Malek a articulé sa réflexion autour de trois axes : les origines du terrorisme intégriste en Algérie, son envergure et sa virulence "toute particulière" et sa dimension internationale "minimisée, sinon tout à fait occultée". Rédha Malek situe ainsi l'origine de la montée de l'islamisme en Algérie au début des années 60, lorsque les forces conservatrices et islamistes se sont dressées contre les mesures socialisantes de l'époque ; une contestation, précise-t-il, qui est soutenue par les "wahabistes et les frères musulmans égyptiens". Ainsi, selon lui, 1979 sera lannée clé où l'islamisme politique fera une "irruption spectaculaire" en raison du triomphe de la révolution islamique en Iran. Cependant, lévénement le plus significatif, pour Rédha Malek, sera l'invasion de lAfghanistan par l'Armée rouge et la "grave" décision des Etats-Unis de combattre cette occupation par "islamistes interposés", constituant un "djihad multinational". Pour le conférencier, les islamistes ont trouvé là une opportunité de s'illustrer dans un conflit "aux enjeux planétaires". Le cas algérien illustre parfaitement cette démarche, selon l'ex-membre du HCE. La "montée du FIS dans les années 91 et 92 a coïncidé, relève lancien chef du gouvernement, avec le retour des Algériens afghans (2 à 3000 personnes) qui ont constitué le fer de lance de la violence terroriste". Outre ce lien avec le djihad en Afghanistan, "il faut être frappé de cécité", pour Rédha Malek, pour ne pas réaliser que le djihad a été soutenu par les pétrodollars de lArabie saoudite et les pays du Golf. De même que, dira-t-il, le "zèle des services secrets pakistanais et le soutien technique de la CIA" ont contribué à ce djihad. En Algérie, "ni le FIS ni les organisations terroristes qui ont essaimé par la suite, ne disposaient d'une stratégie claire, et ce déficit ne pouvait être compensé que par l'exercice systématique de la terreur", analyse M. Malek. Abordant le chapitre des tentatives de dialogue avec les dirigeants du FIS, Rédha Malek a rappelé la visite à la prison de Blida de Zeroual, alors ministre de la Défense, en 1994, et une "autre tentative de dialogue secrète" rendue publique en 1995. A cette occasion, a-t-il indiqué, les dirigeants du FIS-dissous ont "refusé de condamner publiquement" le terrorisme et de "lancer un appel à ceux qui le pratiquent". Pour eux, "il s'agit du djihad et non de terrorisme, et le djihad ne s'arrête pas", précise-t-il. Au plan international, pour Rédha Malek, la tragédie algérienne n'a pas manqué de "réjouir certains milieux nostalgiques" de l'Algérie française, et d'autres milieux y voyaient un conflit d'ordre interne. Cependant, il relève que la "réal politik" n'était pas absente, les dirigeants occidentaux, particulièrement en France, "ménageaient l'avenir", anticipant lavènement des islamistes au pouvoir. Enfin, lors de son intervention, M. Rédha Malek a appelé à une "réforme intellectuelle et morale interpellant les intellectuels, les érudits musulmans et les Etats". Synthèse Rabah B. ----------------------------------
Dernier jour du colloque international "Le danger de talibanisation de lAlgérie est éloigné" Lors de ce dernier jour du Colloque international sur le terrorisme appellé "Le précédent algérien", les interventions ont essentiellement porté sur le cas algérien. Cest la première fois quun officier supérieur de lANP intervient en traitant du thème "LANP face au danger deffondrement de lEtat national". Il a commencé en faisant un rappel historique sur les concepts "terrorisme" et "islamiste". Le général-major rappellera le travail de la commission chargée de préparer la Conférence de lentente nationale, dont il faisait partie, en 1995. Il parlera, notamment, dun épisode qui a eu lieu lors dune réunion, lorsquune personnalité politique "avisée" a suggéré que "les antagonismes politiques pouvaient être assainis si on sinspirait du modèle argentin". A cela, le général-major lui a parlé de "sa méconnaissance de ce qui pouvait animer un officier de lArmée". Sagissant de larrêt du processus électoral, deux interprétations ont été faites. Il y a, dune part, ceux qui lont qualifié de "sursaut" pour "la sauvegarde du processus démocratique", et dautre part, ceux qui lont considéré comme "le coup dEtat dune junte sanguinaire afin de préserver le pouvoir". Ceci étant, "le terrorisme en Algérie est totalement insurrectionnel". Il dira que sa communication est "un témoignage lié à une vision globale plutôt quune communication à caractère académique". "Lultime rupture" Il a souligné, en outre, que "lultime rupture" dune succession de ruptures depuis lépoque coloniale, qui sest opérée en 1989, au lendemain des événements du 5 octobre 88, a été déclenchée par le "retrait" de larmée des affaires politiques. Cette "rupture" sera marquée par une période "infernale". Le Pouvoir algérien a été mis devant le fait accompli, suite à la "double" vacance de lAPN et de la présidence de la République, avec la démission de Chadli Benjedid et la création du HCE. "Le souci cardinal de cette instance (des sept membres du Conseil constitutionnel) était le bon fonctionnement de lEtat et la préservation de lordre constitutionnel", a déclaré le général-major. Lautre choc, dira-t-il, a été lassassinat de Mohamed Boudiaf, alors président du HCE, alors que des élections étaient prévues avant la fin du mandat du HCE. Pour lex-FIS et ses alliés, "il sagissait dun coup dEtat, dune junte, dune dictature, etc.", a-t-il signalé. A ce propos, il sappuiera sur le livre de lambassadeur du Japon, le défunt Shin Watanabe, qui a écrit : "Dans le cas de lAlgérie, je peux dire que lintervention de lArmée nest pas un coup dEtat dans le sens traditionnel", justifiant ainsi larrêt du processus électoral. En tout état de cause, "on peut soutenir que le danger de talibanisation de lAlgérie est sérieusement éloigné bien que des handicaps sérieux subsistent", a confié le général-major Touati. Concluant ses propos, le général-major Mohamed Touati a souligné que "lArmée demeure une institution disciplinée au service de lEtat et de la nation, à la disposition des autorités politiques légitimes pour laccomplissement de ses missions légales dans le cadre de la Constitution républicaine du pays". Le colonel Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), a, pour sa part, rappelé le lourd tribut qua payé son institution et son engagement dans la lutte antiterroriste. Il na pas manqué de mettre laccent sur les acquis et les efforts consentis par la police algérienne. Il a relevé que la DGSN, depuis ces dernières années, compte un personnel qualifié, des universitaires qui font sa fierté. Ali Tounsi est revenu sur "lintégrisme islamiste" lorsque celui-ci a choisi lAlgérie comme pays "pilote", en référence à "une étude qui faisait de notre pays un modèle de système politique, économique et social au bord de la déliquescence". Doù les "stratégies de la violence terroriste mondiale" qui "ont accéléré le déclenchement des opérations militaires avant même que le prétexte légal de démocratie bafoué ne leur soit donné". La théologie du crime Dans la matinée, lancien Premier ministre Rédha Malek, a axé sa communication sur la responsabilité de la France dans le drame algérien au point quun amiral français, fonctionnaire au ministère de la Défense français, excédé par ses propos était sur le point de quitter lauditorium. Son allocution était intitulée "Le terrorisme islamiste en Algérie : une expérience cruciale à méditer". Sa réflexion a porté sur "pourquoi le terrorisme en Algérie ? Pourquoi a-t-il pris une envergure et une virulence particulières ? et enfin pourquoi a-t-il souvent été internationalement minimisé, sinon tout à fait occulté ?" Lui succédant, Souhaïb Bencheikh, muffti de la mosquée de Marseille, a rappelé "comment les islamistes utilisent la théologie pour justifier leurs crimes". Toutefois, celui-ci réfute lidée d"islamistes modérés" car "lislamisme verse automatiquement dans lusage de la violence, il y va de sa pérennité". "Où est passé "Djameïyet el oulama", et le Haut-Conseil islamique, quand ces massacres se produisaient, lorsquon faisait usage de la théologie à tord et à travers ?", sest-il demandé. Pour sa part, M. Aïssa, directeur au ministère des Affaires religieuses, a fait un exposé portant sur le "caractère licite du djihad en islam", en appuyant ses propos par des versets coraniques. Il a relevé le caractère "illicite" du djihad mené contre les civils et lEtat algériens. ` Par ailleurs, le Pr Echeverria a abordé "lexpérience espagnole dans la lutte contre le terrorisme mondial". Cette expérience est précédée dune expérience interne à ce pays face au mouvement basque, et la lutte contre les bases-arrière des groupes islamistes algériens ou dAl Qaïda. Ce colloque a pris fin suite à la lecture succincte des rapports des travaux des ateliers, et le Chef du gouvernement a procédé à sa clôture. Fella Midjek -------------------
Arrêt du processus électoral Le général Touati répond à Bouteflika Un général de lANP, de surcroît conseiller du Président aux affaires de sécurité, parle de la lutte antiterroriste et des conditions sociopolitiques qui ont prévalu au plus fort moment de la guerre menée au terrorisme. Le même général répond du même coup au président de la République lorsquil a présenté larrêt du processus électoral comme raison principale de la violence. Le dernier jour du colloque international sur le terrorisme a été marqué par lintervention du général-major Mohamed Touati. Pour le conseiller à la défense du président de la République, larrêt du processus électoral auquel larmée a "souscrit" na visé que "la sauvegarde de lEtat national face à la menace de linstauration dun Etat théocratique". Réponse cinglante aux propos du président Bouteflika lorsquil avance que linterruption des élections de 91 a ouvert la voix à la violence sous toutes ses formes. LArmée, qui depuis quelque temps est sortie de son mutisme, na pas raté cette occasion pour éclaircir sa position et surtout expliquer les raisons qui ont motivé sa décision. Pour le général Touati, lArmée de par son action a également visé "la préservation du maximum de prérogatives de souveraineté, la défense de la voie démocratique et le maintien du fonctionnement des services publics". Lintervention de lANP, a estimé Touati, a permis à lAlgérie de se mettre à labri du "danger de talibanisation" et écarter "le chaos" qui la menaçait. Ce constat fait dire à Touati que les objectifs que sest assignés lArmée "ont été atteints avec des succès variables", en dépit de la persistance "de handicaps sérieux". Le pays, a-t-il ajouté, est aujourd'hui dans une situation et une posture qui "peuvent réellement lui permettre de connaître un essor politique, économique et social ". Quant à la lutte antiterroriste menée par lANP, le général Touati a reconnu que les services de sécurité ont été au début pris de court par les actions terroristes. Des actions quil a cernées ensuite sous la définition : "Une guerre de type nouveau, totale, systématique, paroxysmique". Le général Touati est revenu aussi sur le contexte durant lequel le terrorisme a sévi, à commencer par "une vie politique timorée, une situation économique et sociale délabrée" pour arriver enfin à "une défiance" dans les relations diplomatiques. Le conseiller du Président a étalé aussi les entraves dordre technique dans la lutte antiterroriste. "LANP constituée à 80% de conscrits, positionnés en majorité aux confins fronatliers, nétait pas organisée pour effectuer des opérations de police". Et dajouter : "Les effectifs de police et de gendarmerie étaient largement insuffisants, et de veritables ceintures "sub-urbaines" entourant les grandes villes se révéleront de véritables "maquis urbains" menaçant d'asphyxie la vie courante des villes". En outre "l'ambiance de fin de règne", combinée à la "virulence et aux intimidations de l'extrémisme islamiste", a provoqué un "relâchement et un laxisme très préjudiciables au sein des corps d'Etat, des services et entreprises publiques", poursuit Touati. La genèse de lextrémisme en Algérie remonte, selon le général Touati, aux années 80 où, dit-il, "le FIS et ses factions extrémistes avaient entrepris avec succès une opération daccaparement des mosquées et des salles de prière pour en faire des bases logistiques". Une étape qui se révélera préparatoire aux premiers actes terroristes que le général souligne avoir été commis "avant larrêt du processus électoral", dont le topo général du pays avait beaucoup aidé. Il sagit comme la fait remarquer Touati de "la précarité du Pouvoir, de la faiblesse des forces de sécurité en effectifs et en préparation et une vulnérabilité très prononcée des infrastructures civiles". Ne pouvant pas faire limpasse sur lannée 1992 et lassassinat du président Boudiaf, le général Touati a qualifié cet acte de "véritable cataclysme politique et psychologique". LEtat algérien, dit-il, "était en mauvaise posture". La preuve ? Touati a évoqué lattitude des chancelleries étrangères. Pour décrire leur scepticisme quant à la pérennité de lEtat algérien, il avance que "presque toutes les chancelleries avaient opté pour la formule PPH (ne passera pas l'hiver), ce à quoi L'ANP a répliqué par l'option des PPP (passera plusieurs printemps)". Touati a enfin ouvert une parenthèse sur les critiques dont a fait lobjet linstitution militaire. Des critiques qui, dailleurs, ne manquent pas où certains ont carrément remis en cause le rôle de lANP. "L'armée algérienne, des circonstances à la hauteur de l'histoire ont confronté sa hiérarchie à des décisions d'une extrême importance ayant donné lieu à des appréciations très controversées" a-t-il conclu. Simple constat ou analyse technique, il reste que lArmée continue à défendre au-delà de ses missions constitutionnelles, son image trop ternie par les critiques et les accusations qui fusent de tous bords. Brahim Mazouz -----------------
Miloud Brahimi à propos du traitement de linformation sécuritaire "Linternationale islamiste sait communiquer" Le traitement de linformation sécuritaire a fait lobjet dune conférence animée, au deuxième jour du Colloque international sur le terrorisme, par lavocat Miloud Brahimi. Un thème qui a suscité de nombreuses interrogations depuis que lhydre terroriste a commencé à sévir en Algérie. Me Brahimi a surtout focalisé son intervention sur les méthodes de communication de lInternationale islamiste et du Pouvoir algérien. Une sorte de parallèle quil a essayé délucider. Dans son intervention, Me Brahimi a déclaré que "lInternationale islamiste sait communiquer". Pourquoi ? Le conférencier a trouvé ces preuves dans certaines coupures de journaux et autres commentaires de radios quil na pas omis de citer. Il a déclaré sans ambages que lInternationale islamiste a trouvé des "relais objectifs" pour diffuser ses communiqués. Il cite la radio franco-marocaine Médi 1 et le journal Le Monde. Ce journal, dit-il, a adopté une attitude négative vis-à-vis des massacres en Algérie durant la décennie noire. "Les crimes islamistes sont passés de lexcuse à la légitimité", a-t-il fait remarquer, et dappuyer ses dires par un article publié par ce journal. Les extraits cités ont trait à la position des intellectuels algériens sur les assassinats commis par les groupes terroristes. "Le Monde avait un parti pris caractérisé car, poursuit-il, il a osé écrire que les intellectuels algériens ne doivent pas condamner les actes terroristes". Médi 1 a eu la même attitude, a-t-il fait remarquer Brahimi. Pour preuve, "cette radio a repris à plusieurs reprises les communiqués du GIA". Mais paradoxalement, "les pouvoirs publics ont failli dans le domaine de la communication", a noté M. Brahimi, qui revient aux évènements du 11 septembre 2001 en affirmant qu"ils ont leur part de responsabilité". Des évènements qui auraient pu être bénéfiques pour notre pays, sauf que, estime lavocat, "nous avons raté loccasion de remonter la pente". Le plus grave pour lui est le fait dentretenir lamalgame sur lappellation des groupes terroristes. Un amalgame nourri, a rappelé Brahimi, "par certaines organisations non gouvernementales qui ont amplement aidé à la manifestation des islamistes". Le conférencier fait ressortir dans son intervention le rôle négatif de ces ONG qui appellent toujours "les groupes terroristes des "groupes armés dopposition"". Brahim Mazouz |
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www.algeria-watch.org
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