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Algérie : le général Nezzar, parrain de la " sale guerre ", à Paris
À l'occasion de la venue à Paris, le 25 avril 2001, du général-major (en retraite) Khaled Nezzar, qui présentera son livre Algérie : échec à une régression programmée lors d'une conférence au Centre culturel algérien, le Collectif des familles de disparus en Algérie ap-pelle à une manifestation pour que la vérité soit faite sur le sort des leurs. L'Association Vérité et Justice en Algérie tient à soutenir cette initiative, car cette confé-rence est une véritable provocation. Qui est en effet M. Khaled Nezzar ? Tout simplement l'un des principaux responsables de la " sale guerre " qui ensanglante l'Algérie depuis 1992. Nommé général en 1984, puis commandant des forces terrestres en 1986, il a dirigé l'effroyable répression des émeutes d'octobre 1988 : sous sa direction, des unités des forces spéciales de l'armée ont tiré sur les jeunes manifestants, faisant plus de 500 morts ; des mil-liers de personnes ont été arrêtées et torturées. En novembre 1988, il est nommé chef d'état-major de l'armée. Promu au grade de géné-ral-major le 5 juillet 1990, il devient ministre de la Défense le 27 juillet 1990. En jan-vier 1992, il est le principal organisateur du coup d'État de l'armée qui renverse le président Chadli Bendjedid et annule les élections législatives gagnées par le Front islamique du salut. Il devient alors membre du Haut comité d'État, présidence collégiale dirigée par Mohamed Boudiaf. Après l'instauration de l'état d'urgence (toujours en vigueur à ce jour), le 9 février 1992, Khaled Nezzar et ses pairs (au premier rang desquels le général Larbi Belkheir, alors minis-tre de l'Intérieur, qui deviendra en septembre 2000 le conseiller-contrôleur du président Bouteflika) engagent la guerre à grande échelle contre les militants du FIS et tous ceux qui sont soupçonnés de les soutenir : des milliers de personnes sont déportées dans les camps de concentration du Sud, les ratissages meurtriers se multiplient dans les grandes villes, la tor-ture est généralisée. Les premières " disparitions " de personnes enlevées illégalement par les forces de sécurité sont enregistrées. Cette pratique se généralisera à partir de la création, fin 1992, du Centre de commandement de la lutte antisubversive (CCLAS) réunissant les forces spéciales, dont Khaled Nezzar confie la direction au général Mohamed Lamari. Neuf ans après le début de la guerre, menée par ces troupes en violation constante des conven-tions internationales sur le respect des droits de l'homme ratifiées par l'État algérien, on estime à plus de 7 000 le nombre de disparus et à plus de 150 000 le nombre de morts, tués par les forces de sécurité et les groupes armés islamistes. Le général Nezzar a quitté son poste de ministre de la Défense le 10 juillet 1993, et il est depuis officiellement en retraite. Mais son pouvoir reste considérable : c'est lui qui a nom-mé aux postes clés les généraux qui mènent la sale guerre depuis 1992 (notamment les gé-néraux Mohamed Médiène, Mohamed Lamari et Smaïn Lamari), et il a joué un rôle essen-tiel dans les élections truquées des présidents de la République Liamine Zéroual (en novem-bre 1995) et Abdelaziz Bouteflika (en avril 1999). M. Nezzar a donc une lourde responsabilité dans les crimes contre l'humanité commis par les forces de sécurité algériennes sous couvert de lutte contre le terrorisme et il devra être jugé pour cela, comme MM. Pinochet ou Milosevic.
L'Association Vérité et Justice pour l'Algérie appelle à participer à la manifestation organisée par le Collectif des familles de disparus Le mercredi 25 avril à 18 heures devant
le Centre culturel algérien
Association
Vérité et Justice pour l'Algérie, 21 ter, rue Voltaire,
75011 Paris
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www.algeria-watch.org
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