Communiqué

Genève, le 25 juin 2000

C'est avec un grand plaisir que nous avons accueilli les nombreuses
personnalités, de divers horizons, qui nous ont honoré de leur
présence lors du colloque «Dimensions réelles de la crise algérienne»
les 21-22 juin 2000 à Genève.

Le colloque s'est tenu dans d'excellentes conditions et a permis aux
participants de dialoguer dans la sérénité et de réfléchir ensemble sur
les problèmes de leur pays et des voies pour les résoudre.

De par la qualité des interventions, des riches débats et contacts
divers, cette rencontre restera un jalon dans l'entreprise de relance
d'une concertation réelle entre intellectuels, militants des droits de
l'homme et politiciens algériens.

Cette rencontre fructueuse s'est conclue par l'adoption d'une
déclaration commune, dès maintenant connue sous la Déclaration de
Genève.

Nous tenons ici à remercier celles et ceux qui ont permis le succès de
cette rencontre. Les Editions Hoggar publieront bientôt les actes du
colloque ainsi qu'un film vidéo relatant ses moments forts.

Quelques jours avant la tenue du colloque, plusieurs journaux
algériens ont mené une campagne aussi hystérique qu'insidieuse en
vue de faire échouer ce colloque en intimidant les participants et les
invités.

Les Editions Hoggar ont préparé le 20 juin 2000 un droit de réponse
(voir texte annexé) mais n'ont pas jugé utile de le rendre publique,
avant le colloque, pour laisser le soin à ceux qui, parmi ses invités,
ont eu le courage d'ignorer l'hystérie d'une certaine presse et pu
constater par eux-mêmes le côté absurde de cette campagne.

La réussite du colloque et la déclaration commune constituent, à nos
yeux, un cinglant démenti à la campagne diffamatoire et un désaveu
total d'une certaine presse caporalisée au service de la haine, de la
division et de l'exclusion.

-Hoggar-


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COMMUNIQUE

C'est avec attention et indignation que la maison d'édition Hoggar suit la
campagne diffamatoire menée à son encontre par les quotidiens algériens Le
Soir, Liberté, Le Quotidien d'Oran, Al-Khabar et Le Matin.

Dans son numéro du 15 juin 2000, le quotidien Le Soir, par la plume
dudit Azzedine Bensouiah, a affirmé de façon diffamatoire que :
- Hoggar serait liée à l'association Hijra International pour la défense des
réfugiés ;
- Le directeur de Hoggar, Dr Abbas Aroua, serait 'un membre fondateur de
l'ex-FIS' ;
- Hoggar organiserait le 'colloque scientifique' comme 'couvert' pour 'tenter
[de faire] rebondir' les 'réseaux de soutien du GIA.'

Cette campagne insidieuse de calomnies a été déclenchée en fait le 17 avril
2000 par Le Quotidien d'Oran, par la plume dudit Mounir B., qui avait affirmé
de façon diffamatoire que Hoggar serait associée au FIS par l'intermédiaire
de son directeur, qui serait 'ancien membre du Madjless Echourra de l'ex-
FIS' et de Mourad Dhina, porte-parole du Conseil de coordination du FIS.
Ce même journaliste impute faussement la rédaction de notre récente
publication, An Inquiry into the Algerian Massacres, entre autres à Dhina et,
comble de la divagation, il a proféré le mensonge que le professeur Noam
Chomsky, professeur au Massachusetts Institute of Technology qui a préfacé cet
ouvrage, aurait été 'compromis par Anouar Haddam', suggérant par là un lien
entre Chomsky, le FIS et Hoggar. Ledit A. Faycal du journal Al-Khabar a lui
aussi repris une bonne partie de ces contrevérités dans le numéro du 14 juin
2000. Cette campagne diffamatoire a atteint son apogée de frénésie avec
l'élucubration dudit Nacer Belhadoudja qui, dans l'édition du 19 juin 2000 du
quotidien Liberté, reprend certaines falsifications de ses confrères et délire, en
plus, que Dhina aurait 'participé à la réalisation du livre blanc comme
traducteur et correcteur.' Au moment ou nous rédigeons ce communiqué,
cette campagne se continue par le quotidien Le Matin du 20 juin 2000 qui
reprend, par la plume dudit M. Issami, ce même magma d'affabulations.

Cette campagne diffamatoire contre Hoggar est orchestrée avec une
intention délibérée :
- de nuire à sa personne morale en l'associant au GIA ;
- de porter atteinte à sa considération en lui imputant une relation
partisane avec le FIS ;
- d'exposer le colloque que Hoggar organise, conjointement avec le Centre
of Maghreb Studies, au mépris public par association avec le GIA et, par
cette imputation démonisatrice, intimider les invités et les participants au
colloque.

Hoggar considère que les quotidiens Le Soir, Liberté, Le Quotidien d'Oran,
Al-Khabar et Le Matin se sont rendus coupables d'actes de diffamation
délibérés punissables par l'article 296 (section 5, chapitre I, titre II) du Code
pénal algérien. Les imputations qu'ils ont proférées à
l'encontre de Hoggar relèvent du mensonge et de la falsification. La maison
Hoggar étant



facilement joignable par téléphone et par fax, son site internet étant aisément
accessible, il est difficile d'interpréter le fait que lesdits Azzedine Bensouiah,
A. Faycal, Nacer Belhadoudja et Mounir B. et M. Issami aient omis de
s'enquérir auprès d'elle, pour examiner la véracité de leurs informations,
autrement que par la mauvaise foi. Il est tout aussi difficile d'imaginer que ce
manque de prudence, ces tissus de mensonges et d'erreurs grossières puissent
avoir un quelconque but légitime, l'intention qui s'impose de prime abord
étant l'animus injuriandi.

Hoggar observe que cette campagne diffamatoire concorde avec la
stratégie propagandiste de certains secteurs connus de la presse algérienne qui
consiste à criminaliser, et en conséquence étouffer, la critique politique et
intellectuelle efficaces en les associant au GIA. Elle se recoupe aussi avec le
discours de l'ad hominem que certains diplomates algériens ont tenu envers les
ONG internationales des droits de l'homme durant les campagnes de
massacres des dernières années, en leur imputant des sympathies politiques
envers les groupes armés et le FIS.

Le directeur de Hoggar dément catégoriquement qu'il ait été membre du
FIS, et encore moins 'membre du Madjless Echourra' ou 'membre fondateur'
de ce parti.

Hoggar dément catégoriquement l'existence de tout lien organique avec
quelque ONG ou formation politique que ce soit, et réaffirme qu'elle est
engagée à publier et à distribuer des oeuvres qui contribuent à approfondir la
compréhension des problèmes multidimensionnels de l'Algérie (et du
Maghreb) ainsi qu'à faire entendre les luttes de leurs peuples et leurs idées
novatrices pour améliorer leur condition, et ceci de façon non partisane.
Hoggar entretient pour ce faire des contacts avec des universitaires et des
politiques représentant tous les courants traversant la société algérienne et
entend les maintenir et les enrichir en vue de leur donner tous voix ainsi que
de leur offrir un espace de réflexion et un forum de dialogue. Hoggar tient à
cette vision culturelle, intellectuelle et politique plurielle de l'Algérie, et ne se
laissera pas intimider par les extrémistes, de quelque bord qu'ils soient, et par
les partisans de l'exclusion.

Hoggar, qui assume toutes ses publications reconnues
internationalement comme des ouvrages de référence sur la tragédie
algérienne, continuera de publier tout travail de qualité pour documenter les
violations des droits de l'homme en Algérie.

Hoggar demande à ce que les journaux Le Soir, Liberté, Le Quotidien
d'Oran et Al-Khabar et Le Matin :
- publient le présent droit de réponse ;
- rétractent leurs écrits diffamatoires tout en expliquant l'identité de leurs
sources d'information suspectes ;
et ce dans un délai de 20 jours à compter de la date d'émission du présent
droit de réponse.

Hoggar tient les journalistes et les directeurs des journaux susnommés
pour responsables des préjudices moraux causés. Faute de rétraction de leurs
propos diffamatoires, Hoggar, qui est en consultation avec plusieurs avocats
algériens et suisses, se réserve le droit d'entamer des poursuites judiciaires en
Algérie et en Suisse.

Genève, le 20 juin 2000

Hoggar, Le Directeur
Dr Abbas Aroua

 

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